Accueil / Politique / Cognac défend la plantation de 3 474 hectares de vignes
Cognac défend la plantation de 3 474 hectares de vignes
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin

Ugni blanc-seing
Cognac défend la plantation de 3 474 hectares de vignes

Lancement de l’opération communication pour la filière charentais pour expliquer à l’administration et aux autres bassins viticoles la pertinence d’une nouvelle croissance de son contingent de nouvelles plantations.
Par Alexandre Abellan Le 21 novembre 2018
article payant Article réservé aux abonnés
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin
Cognac défend la plantation de 3 474 hectares de vignes
« Les investissements d’aujourd’hui font la production de demain » entend-on raisonner dans le vignoble charentais cet automne. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
T

ransformant sa journée annuelle de vendanges en matinée de distillation d’eaux-de-vie charentaises ce 16 novembre, le rendez-vous de la Confédération Nationale des producteurs de vins et eaux-de-vie AOC (CNAOC) avait des allures de comité délocalisé pour les spiritueux FranceAgriMer (FAM) et l’Institut National de l’Origine et de la Qualité (INAO). Accueillie par l'Union Générale des Viticulteurs pour l'AOC Cognac (UGVC), la quinzaine de représentants de l’administration a pu découvrir les subtilités de fonctionnement de l’alambic charentais. Ainsi que la force de la demande de contingent d’autorisations de nouvelle plantation pour 2019, qui représente une hausse de 5 % du potentiel de production.

« Notre demande d’un contingent de 3 474 hectares demandés a fait débat au conseil spécialisé vin de FAM ce 14 novembre » note Alexandre Imbert, le directeur de l’UGVC. Qui reconnaît que psychologiquement, « une hausse de 5 % fait peur à certaines régions. Il y a besoin d’explications, car ce sont des chiffres sûrs et vérifiés. »

Vision partagée

« Ces surfaces sont essentielles pour nous. Actuellement, la croissance du négoce est difficilement assurable sur les marchés. On est arrivé à la limite de nos moyens de production » coupe le négociant Patrick Raguenaud, le président du Bureau National Interprofessionnel du Cognac (BNIC). S’appuyant sur une « vision partagée entre la viticulture et le négoce » issu des calculs entre prévisions de commercialisation et potentiel de production, le négociant juge qu’en termes d’« ambitions, nous sommes tous raisonnables. Les chiffres ne sont pas irresponsables, ils sont réfléchis ».

Équation

Soit des éléments de langage aussi bien entendus lors d’une inauguration des cognacs Hennessy qu’en assemblée de l’UGVC, mais qui peinent, dans le reste du vignoble français à lever la crainte d’un possible revirement de marché, conduisant à une nouvelle crise dévastatrice (comme dans les années 1990) et d’une déstabilisation (notamment sur le secteur des vins blancs aromatiques). Tout en reconnaissant qu’il y aura forcément des à-coups commerciaux, Patrick Raguenaud se veut rassurant avec les perspectives de croissance des eaux-de-vie haut de gamme.

« On a beaucoup tiré de stocks pour répondre à la demande export. Il faut résoudre l’équation entre les marchés qui tirent beaucoup et la production qui pâtit des aléas climatiques : soit avec une hausse des surfaces, soit avec celle des rendements » note Alexandre Imbert. « Pour se mettre au diapason d’une viticulture responsable, il vaut mieux disposer de quelques hectares de vignes en plus que d’augmenter les rendements à plus de 14 hl AP/ha » note le bouilleur de cru Philippe Joly. Membre du conseil d’administration de la CNAOC, il accueille la journée de distillation au clos Joly : 70 hectares de vigne en Fins Bois et 5 ha en Grande Champagne, avec 12 ha en restructuration et… Des projets de plantation, pour achever de sensibiliser les fonctionnaires parisiens avec les enjeux économiques charentais.

Partage Twitter facebook linkedin
Tous les commentaires (0)

Pas encore de commentaire à cet article.
© Vitisphere 2022 - Tout droit réservé