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"Doutes" de la FNSEA sur la réalité des indisponibilités en bouteilles de vin
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Demande d’enquête
"Doutes" de la FNSEA sur la réalité des indisponibilités en bouteilles de vin

Face à la flambée des prix et des délais de livraison, le premier syndicat agricole demande à la Répression des Fraudes d’enquêter sur les tensions frappant l'approvisionnement de bouteilles en verre de vin auprès des deux principaux faiseurs.
Par Alexandre Abellan Le 11 janvier 2023
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Faute de communication des - crédit photo : Alexandre Abellan (archives 2022)
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ransparentes, les bouteilles de vin sont bien opaques quand il est question d’avoir de la visibilité sur les équilibres entre offre et demande permettant de comprendre les tensions frappant leurs approvisionnements et leurs prix. « Nous demandons à l’État de se pencher auprès des deux fournisseurs principaux sur ce qu’il se passe en lien avec la DGCCRF (Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes). Parce que nous avons un certain nombre de doutes sur les sujets des disponibilités en bouteilles » pose Jérôme Despey, le secrétaire général de la Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles (FNSEA), mettant les pieds dans le plat à l’occasion des vœux à la presse du premier syndicat agricole (ce 11 janvier à Paris).

Le viticulteur à Saint-Geniès-des-Mourgues (Hérault) indique qu’une alerte a été faite, alors que « le secteur viticole subit énormément de hausses des charges avec des pénuries sur les bouteilles, les cartons, les capsules d’aluminium… » L’approvisionnement en verre étant dominé par une poignée de verriers (notamment Verallia et O-I), le sujet est sensible dans le vignoble, aucun opérateur ne souhaite se mettre à dos son fournisseur alors que les calendriers de mises en bouteille deviennent toujours plus incertain. Mais la grogne monte dans le vignoble alors que les premières hausses de tarification viennent d’être reçues pour 2023, et que le souvenir reste cuisant d’une année 2022 marquée par des pénuries (notamment sur les bouteilles transparentes pour les vins blancs et rosés, mais aussi sur d’autres références) et des hausses de prix successives à deux chiffres (en parallèle d’augmentation sur toutes les matières sèches).

Plafond de verre

À entendre les verriers acceptant de communiquer, les déséquilibres entre offre et demande de bouteilles remontent à la fin 2021 et concernent tous les clients d’emballages en verre. D’après leurs explications, la reprise post-covid a largement dépassé les attentes, alors que la production et les stocks ont été fortement réduits pendant la crise sanitaire, faute de visibilité sur l’avenir. Chez Verallia, on évoquait fin 2022 des « stocks historiquement bas ». Quant à l’augmentation des prix, il y aurait surtout un effet énergétique, avec la flambée du prix du gaz depuis l’invasion russe de l’Ukraine. Face à une demande internationale restant forte à court terme, les verriers affirment avoir des disponibilités réduites comme leurs productions sont déjà à bloc (les fours travaillant à feu continu, 24h/24 et 7j/7) et que le marché mondial est tendu (avec un effet domino, les demandes ibériques et italiennes en bouteilles réduisant les capacités d’export de ces pays producteurs de verre). Chez O-I, on rassurait fin 2022 les opérateurs champenois en mal de bouteilles en leur disant que les clients fidèles seraient traités en priorité. La question des prix à accepter restant en suspens... Tandis que la répercussion de l’ensemble ces hausses aux clients semble inenvisageable pour nombre d’opérateurs de la filière vin.

Les prix baissent, les charges augmentent

« Il faut que l’on trouve des solutions pour faire tenir le marché. Les prix baissent sur le secteur viticole alors que les charges augmentent » pointe Jérôme Despey, portant des demandes d’aides d’urgence conjoncturelles « comme pendant la crise covid » face « aux arbitrages de consommation alimentaire sur les boissons » dans le contexte actuel d’inflation (avec de la distillation de crise et du stockage privé) et structurelles avec « un travail de segmentation » pour remettre en adéquation « offre et demande » sur des vignobles en difficulté de prises de marché à l’export (notamment des appellations de Bordeaux, Côtes-du-Rhône et Languedoc). Des demandes qui seront portées au ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau, lors d’une rencontre avec la filière vin ce 26 janvier, peut-être dans une bouteille à l'amer.

Contacté, le groupe verrier Verallia indique ne pas avoir de porte-parole disponible pour commenter le sujet.


 

 

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Tous les commentaires (5)
Sébastien Le 12 janvier 2023 à 17:38:38
A mon avis ça va être une demande pour rien, en effet les besoins en verres ont explosés !!! certains produits agroalimentaires ne peuvent plus être conditionnées dans des matières tels que le plastiques, le fer, cartons et autres !!! Les verriers vont prouver qu'ils sont légitimes, mais il doivent quand même en profiter !!! Ils sont en positon de monopole. Et nous les vignerons ont ne représentent que 5% de leurs productions globales il me semble donc !!!!
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Renaud Le 12 janvier 2023 à 08:01:02
En fait je viens d?apprendre que Bordeaux a aussi agit dans ce sens depuis plusieurs mois au plus haut niveau de l?Etat. Une fois de plus le problème n?est donc pas de faire mais faire savoir. Différence culturelle d?une région à l?autre. Le Sud plus révolutionnaire que le Sud Ouest qui travaille en secret d?alcôve?.. réfléchissons à l?utilité de transfert de compétences.
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VignerondeRions Le 11 janvier 2023 à 20:36:02
J'ai été livré en retard de bouteilles en pénuries, sauf qu'il y a une traçabilité formidable sur les palettes de bouteilles et que ces dernières avaient été fabriquées 2 mois plus tôt... Étrange affaire. Ils attendaient sûrement qu'elles refroidissent. Il faut des sanctions dissuasives, mise sous tutelle de l'État pour les entreprises qui abusent d'ententes ou de monopoles. Une amende ils s'en foutent c'est le client qui la paie in finé en achetant les produits. C'était la même chose avec les forfaits de téléphone sur facturés. Les opérateurs ont eu une amende, nous avons tous un téléphone, donc nous avons payé le service téléphonique + l'amende, puisque les opérateurs n'ont pas fait faillite, et que leurs actionnaires ne se sont pas retrouvé sur la paille.
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CHO Le 11 janvier 2023 à 17:00:16
ENFIN !!!!!
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Renaud Le 11 janvier 2023 à 15:17:13
Non adhérent à la FNSEA. Je les félicite. Cela fait plus de 6 mois que je demande au CIVB de faire la même chose. En soulignant une réelle action de filière pour une fois à Bordeaux?. Mais toujours lettre morte à ce jour. Merci Monsieur Despey. Faut il que l?esprit de Marcelin Albert rode pour être vigilant ?
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