Accueil / Commerce/Gestion / Comment les cognacs Hennessy veulent réduire de 50 % leurs d’émissions de CO₂ d’ici 2030
Comment les cognacs Hennessy veulent réduire de 50 % leurs d’émissions de CO₂ d’ici 2030
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin

Décarbonation
Comment les cognacs Hennessy veulent réduire de 50 % leurs d’émissions de CO₂ d’ici 2030

Le premier négociant charentais se fixe un objectif chiffré ambitieux pour décarboner ses activités allant de la production à la commercialisation.
Par Alexandre Abellan Le 25 novembre 2022
article payant Article réservé aux abonnés
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin
Comment les cognacs Hennessy veulent réduire de 50 % leurs d’émissions de CO₂ d’ici 2030
« Depuis son premier bilan carbone en 2002, Hennessy affine les actions à mettre en œuvre dans sa feuille de route de décarbonation » indique le négociant. - crédit photo : Hennessy
C

ausée à 34 % par l’activité viticole*, 25 % par les emballages, 21 % par le fret et 16 % par la distillation, le bilan carbone des cognacs Hennessy (groupe LVMH) s’élève à 319 745 tonnes d’équivalent CO2 émis en 2019 (pour 51,8 millions de bouteilles de 75 cL vendues dans le monde). Suivant depuis 2002 son empreinte carbone, la première maison d’eaux-de-vie charentaises annonce dans son second rapport de développement durable des baisses de 24 % de ses émissions de CO2 en 2021 par rapport à 2020 (sur le scope 1, ses émissions directes, et le scope 2, émissions indirectes et énergétiques) et une réduction de 11 % de la consommation d’énergie en 2021 par rapport à 2013 (en kWh/caisse normalisée). Souhaitant aller au-delà, le négociant annonce vouloir « réduire de moitié ses émissions carbone d’ici 2030 en valeur absolue ».

Comme le note Nathalie Meurer, la directrice du développement durable des cognacs Hennessy, « il s’agit d’un plan ambitieux où, à l’heure actuelle, nous ne disposons pas de toutes les solutions nous permettant d’atteindre nos objectifs et nous explorons toutes les pistes d’innovation ou de changement de pratiques pour y parvenir ». Pour diviser par deux son empreinte carbone, le négoce évoque « la réduction des consommations énergétiques et le déploiement des énergies renouvelables » dans le cadre d’un Système de Management de l’Énergie, ayant l’objectif d’aboutir à la Certification ISO 50001 en 2022. Concrètement, ces actions passent actuellement par un verdissement de son mix énergétique, avec 100 % des sites industriels et administratifs de utilisant du biométhane** (réduisant de 80 % les émissions de gaz à effet de serre indique le négociant) ou un projet de géothermie au site d’embouteillage de Pont Neuf (via « l’eau présente en profondeur »). En termes de réduction des consommations, les distilleries Hennessy ont adopté des bruleurs à air soufflé, et des expérimentations d’hybridation hydrogène sont également en cours à la distillerie du Peu.

Transports à l’export

Pour diminuer ses émissions, Hennessy indique également appliquer l’éco-conception des bâtiments (passage à des chaudières à condensation, éclairage par des LED…) et l’éco-conception des emballages (réduction du poids des bouteilles en verre, approvisionnement local…). Pour réduire l’empreinte carbone de ses exportations (99 % de ses ventes), le négoce annonce privilégier le bateau (90 % des expéditions actuelles) et le train (40 % des flux nationaux). Signé en 2020, le partenariat du négociant charentais avec la société Neoline doit concrètement aboutir en 2024 à l’expédition transatlantique de cognacs par cargo à voiles, reliant en 15 jours Montoir-de-Bretagne et Baltimore aux États-Unis avec 20 conteneurs Hennessy par voyage. « Cette ligne logistique transatlantique acheminera 4 millions de bouteilles Hennessy par an, soit 6 % de ses flux vers » sa première destination export identique Hennessy, précisant que la propulsion par vent « devrait permettre une réduction d’émissions carbone de 80 à 90 % par rapport au trajet d’un navire conventionnel ».

D’autres voies de décarbonation sont ouvertes, comme le recours à des biocarburants pour les transports logistiques de l’entreprise (« en particulier de seconde génération à base de résidus d’huiles ») et de nouvelles générations de camions électriques (la flotte des 108 véhicules routiers de Hennessy sont 74 % électriques).

 

* : Pour les 34 000 hectares de vignes l’approvisionnant, dans un bilan carbone de Scope 3 (toutes les émissions, internes et externes).

** : Produit à partir de matières agricoles à Niort, Deux-Sèvres.

 

 

Partage Twitter facebook linkedin
Tous les commentaires (0)

Pas encore de commentaire à cet article.
© Vitisphere 2022 - Tout droit réservé