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Les vins de Bourgogne décrochent sur certains marchés
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Commercialisations en repli
Les vins de Bourgogne décrochent sur certains marchés

Le niveau de stocks très bas et la baisse du pouvoir d’achat ont eu raison des chiffres de commercialisation exceptionnels des dernières années, a annoncé l’interprofession lors de sa conférence de rentrée, mercredi 21 septembre.
Par Clément L’Hôte Le 22 septembre 2022
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Les vins de Bourgogne décrochent sur certains marchés
Francois Labet et Laurent Delaunay, président et président délégué du BIVB, ce mercredi 22 septembre à l'Hostellerie Cèdre & Spa de Beaune. - crédit photo : Clément L'Hôte
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ien qu’attendus, ces chiffres sont un petit événement. Pour la première fois depuis plusieurs années, les vins de Bourgogne sont en retrait sur certains marchés. En grande distribution, « les ventes ont chuté de 25,2 % en volume et 16,7 % en chiffre d’affaires sur les huit premiers mois 2021/2022 », indique Laurent Delaunay, vice-président du Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVB) en conférence de presse ce 22 septembre. Un phénomène très remarqué dans un vignoble qui, jusqu’ici « faisait figure d’exception dans une tendance de déconsommation nationale. Nous étions à la fois la région qui vendait le plus, et le plus cher ». La tendance est similaire à l’export, avec un ralentissement « de 10,6 % en volume, mais une augmentation de 12,6 % en valeur », après « trois années absolument records ». Exception notable : la restauration, « qui se porte extrêmement bien pour nos vins ». Les chiffres du négoce annoncent «+53 % en volume sur les 8 premiers mois de 2022 » par rapport à moyenne des années précédentes.

Ce retournement de situation paraît logique pour plusieurs raisons. La plus importante : les volumes disponibles.  « Les stocks à la propriété sont au plus bas, à environ 14 mois de vente », s’inquiète le propriétaire de la maison Édouard Delaunay. Le petit millésime 2021 y est pour beaucoup, avec une production désormais estimée à 997 000 hectolitres, de 30 % inférieure à la moyenne des 5 dernières campagnes. Dans le même temps, la demande a explosé, et « les opérateurs ont déstocké au maximum de millésimes antérieurs à 2021 pour décevoir le moins possible les clients ». Concrètement, « les sorties bouteilles de 2021-2022 ont augmenté de 10 % par rapport à la moyenne quinquennale ».

Comportement d'achat

Le phénomène s’accompagne d’une « augmentation mécanique des prix », dans un contexte de crise économique. « Malgré les efforts des États pour soutenir le pouvoir d’achat, les consommateurs ont fait des choix. Cela se traduit dans leur comportement d’achat, notamment pour nos vins. »

Laurent Delaunay estime « qu’il nous faudra au moins deux années pour retrouver un équilibre et repartir en conquête des marchés. » À ce titre, « le millésime 2022, qui s’annonce plus généreux, arrive à point nommé pour redonner du souffle à la Bourgogne ».

 

 

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