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Carrefour maintient son ambition sur le développement des vins bio
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Malgré les nuages noirs
Carrefour maintient son ambition sur le développement des vins bio

Leader du bio en GD, le distributeur veut continuer à animer le développement de l’offre dans le linéaire des vins en s’appuyant sur des contrats d’approvisionnement pluriannuels lissant les à-coups. Exemple avec Tutiac à Bordeaux.
Par Alexandre Abellan Le 12 septembre 2022
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Carrefour maintient son ambition sur le développement des vins bio
Les équipes de Tutiac, Carrefour et Maison Johanès Boubée entourés de raisins désormais certifiés bio. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
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outes les attentes ne sont pas pressantes. Celles du consommateur pour le bio se sont refroidies dernièrement, avec des replis notables sur certains produits jugés accessoires comme le vin. Malgré tout, « je n’ai pas l’impression que l’on ait fait disparaître en 2022 les aspirations à mieux consommer pour la planète : les fondamentaux restent là » rassure Benoît Soury, le directeur du marché bio de Carrefour, en visite ce 8 septembre dans le vignoble bordelais pour la clôture du contrat d’aide à la conversion bio signé en 2019 avec l’union coopérative de Tutiac (520 adhérents pour 5 400 hectares de vignes).

Prenant en charge les surcoûts du passage en bio pendant les trois années de conversion, le partenariat avec Carrefour a fini de convaincre nos viticulteurs explique Stéphane Héraud, le président de Tutiac, qui souligne qu’avec cette incitation, les surfaces en bio vont atteindre 700 hectares certifiés en 2022 (avec l’arrivée de 550 ha). Et l’union coopérative compte certifier 20 % de son vignoble d’ici 2030 pour assoir la diversification de sa production (avec la moitié de sa production hors rouge AOP : blancs, rosés, IGP et VSIG...). Signe du virage de Tutiac en bio, le président et 4 vice-présidents de Tutiac sont actuellement engagés en bio (certification et conversion).

Plus-value

« J’espère que la production bio sera plus valorisée, la bio implique des investissements et plus de temps de travail sur le tracteur. J’espère que les acheteurs le prendront en compte » indique le vigneron Pascal Riveau, vice-président Tutiac dont les 20 hectares de vignobles en Blaye Côtes de Bordeaux achèvent leur conversion bio ce millésime 2022. « On ne peut pas vendre raisins bio au prix du conventionnel : j’aime bien travailler, mais pas pour la gloire » ajoute le viticulteur, accueillant dans ses vignes les équipes de Carrefour et Maison Johanès Boubée (filiale de Carrefour) et leur expliquant les enjeux du passage du conventionnel à la bio (gestion des traitements et de l’enherbement dans un climat humide).

« Vous êtes dans une région difficile pour le vin bio. C’est plus compliqué » reconnaît Benoît Soury, qui entend le message tout en le désamorçant par la déclaration qu’il a l’habitude d’avoir une pièce et un mouchoir en poche pour répondre aux plaintes de ses fournisseurs. Alors que la situation commerciale du bio reste complexe, le distributeur veut voir des signes d’espoir dans le tassement actuel des ventes, après un début d’année difficile. « On est tous prêts à rallumer la mèche » pointe-t-il, rappelant que la transition environnementale est inscrite dans les statuts du groupe Carrefour, n°1 de la bio sur le marché de la grande distribution française (avec 3 milliards € chiffre d’affaires). Un leadership qui impose d’animer la filière bio selon Benoît Soury, en voulant pour exemple le partenariat avec les vignerons de Tutiac.

Yoyo

Prenant désormais la forme d’un contrat triennal de 25 000 hl de vin bio par an (avec des variations selon les aléas climatiques ou les évolutions commerciales), ce partenariat doit permettre d’assurer à chaque partie les approvisionnements/commercialisations sans spéculation/dévaluation des vins. « Il faut éviter l’effet yoyo, qui n’est bon ni pour la production, ni pour le négoce avec de la spéculation quand on manque de volume et un prix proche du conventionnel quand il y en a trop » résume Jean-Philippe Limito, le directeur marchandise pour maison Johanès Boubée, qui défend une vision à moyen-terme, étant persuadé qu’« avoir un assortiment de vin bio permet d’amener aux vins des consommateurs plus jeunes ». Manque de chance, ces clients ont un pouvoir d’achat plus affecté que d’autres populations par l’inflation actuelle note Benoît Soury, qui croit dans le rebond du vin, ne voyant qu’un effet de cycle dans la croissance actuelle des ventes de bières.

 

 

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