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Réflexions naissantes sur une distillation de crise des vins du Languedoc
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Stocks pesants
Réflexions naissantes sur une distillation de crise des vins du Languedoc

Alors que les vendanges avancent dans le Sud, des stocks de vins pèsent sur le moral d’opérateurs, alimentant un possible besoin de réduction aidée des volumes en surstock cet hiver.
Par Alexandre Abellan Le 02 septembre 2022
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Réflexions naissantes sur une distillation de crise des vins du Languedoc
« Une partie du vignoble du Languedoc-Roussillon est en réflexion sur la réduction de ses volumes : pas plus, pas moins » résume Alexandre They. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
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n Languedoc, les raisins mûrissent et des craintes de surstocks grossissent. Alimentant les réflexions sur un possible besoin de distillation cet hiver, selon les volumes qui sont actuellement vendangés pointe Ludovic Roux, le président de section Occitanie des Vignerons Coopérateurs. Le viticulteur audois que si la récolte languedocienne est égale aux prévisions, il risque d’être nécessaire de prévoir un retrait de volumes. « Notamment sur des rosés, avec des stocks commençant à être âgés » après les décalages de mises/retiraisons dus aux pénuries de bouteilles en verre blanc esquisse Ludovic Roux. Ajoutant qu’un bilan sur les stocks sera conduit à l’issue des vendanges, car « globalement les stocks ne seraient pas énormes, mais les situations sont très hétérogènes entre entreprises : certaines n’ont pas de stocks (à la suite de petites récoltes), d’autres structures ont des dizaines de milliers d’hectolitres à reloger. »

« On commence à entendre des volontés de soustraction de volumes au marché. Mais pour l’instant, on en est aux réflexions » indique Alexandre They, le président des Vignerons Indépendants de l’Aude, soulignant que ces débuts de réflexion seront à affiner à l’issue des vendanges selon les rendements constatés (la sécheresse estivale réduisant les pronostics établis après les belles sorties de grappes). Au-delà du potentiel de production, la capacité de commercialisation pèse aussi. La conjoncture économique étant particulièrement pesante, « des problématiques différentes et s’accumulent depuis de nombreuses années (covid, aléas climatiques, inflation…) » rappelle Alexandre They.

Morosité commerciale

La pesanteur actuelle des marchés « est le véritable problème » pointe Gilles Gally, le président de l'Union des Entreprises Viticoles Méditerranéennes (UEVM). Rappelant les difficultés commerciales actuelles (morosité du marché français, chute de la demande en Chine…), le négociant précise n’avoir entendu aucune demande officielle de distillation émanant de la production, mais note que « certaines caves ont des stocks, de rosés et aussi de rouges. La question est de savoir comment les écouler. »

La situation est d’autant plus complexe que l’hétérogénéité des situations est forte entre les opérateurs languedociens (selon l’impact du gel 2021, selon les ventes 2022…). « Certaines caves ne sont pas en retard sur les enlèvements » analyse Louis Servat, le président du Syndicat Régional des Courtiers en Vins et Spiritueux du Languedoc-Roussillon, pour qui la récolte s’annonce moyenne (12 à 13 millions hl) avec un déficit en blanc qui s’annonce précoce, une situation restant jouable pour les rosés « porteurs en IGP (Pays d’Oc et Terres de Midi) avec un marché encore présent (même si plus, plus compliqué sur une nouvelle campagne avec des lots de millésime antérieur et des exigences croissantes) », mais une « grosse problématique sur les vins AOP, il n’y a pas de demande, surtout en rouge. Idem pour les vins bio, je ne vois pas trop de solutions… »

Problème plus conjoncturel que structurel

Devant être peaufiné, le diagnostic s’intégrera dans les demandes remontées au ministère de l’Agriculture par chaque bassin de production pour s’adapter aux déséquilibres entre offre et demande propres. « Alors que certains demandent des dérogations pour dépasser leurs rendements butoirs, une partie vignoble du Languedoc-Roussillon est en réflexion sur la réduction de ses volumes : pas plus, pas moins » indique Alexandre They, notant qu’« il n’y aura pas une solution miracle », mais un ensemble de leviers à actionner : étalement des encours bancaires, règlement des aides suite au gel 2021… Mais pas d’arrachage envisagé : « on considère pour l’instant que le problème est plus conjoncturel que structurel. Nous n’avons pas 1 million hl en trop comme à Bordeaux » indique Ludovic Roux, qui relève le besoin d’aider des vignerons en fin de carrière à sortir du métier alors qu’ils n’arrivent pas à vendre leurs domaines : « des gens sont à bout et ont besoin de trouver une porte de sortie. Il faut inventer une boîte à outil pas pour arracher leurs parcelles (en intégralité, pas en partie, avec une aide pour les frais plus qu’une prime), pour arrêter leur activité (étalement de la dette...). » Mais sans piocher dans les fonds européens (ceux de l’Organisation Commune du Marché), le Languedoc voulant conserver son potentiel d’investissement pour rebondir à l’avenir.

 

« La plupart des stocks qui traînent sont dus aux problèmes d’approvisionnement des matières sèches. Beaucoup de clients retardent leurs retiraisons avec le manque de bouteilles » estime Louis Servat

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Tous les commentaires (2)
J.Henry DAVENCE Le 08 septembre 2022 à 08:48:14
Pleurer l'irrigation tout l'été puis réfléchir à distiller... Si l'eau n'était pas si précieuse nous pourrions en pleurer de rire!!!!
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Max le caviste Le 02 septembre 2022 à 13:20:24
On ne manque pas de bouteilles c est les fonds de pensions américain qui spécule j ai des preuves?
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