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Le flou persiste sur le futur étiquetage des ingrédients du vin
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Le flou persiste sur le futur étiquetage des ingrédients du vin

L’obligation d’étiquetage de la valeur nutritionnelle et des ingrédients sur les bouteilles de vin à compter de novembre 2023 pose encore de nombreuses questions. Voici les principales.
Par Marion Bazireau Le 29 août 2022
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Le flou persiste sur le futur étiquetage des ingrédients du vin
Parmi les questions qui restent en suspens, la limite au dessus de laquelle les ingrédients devront figurer sur les étiquettes de vin. - crédit photo : Alexandre Abellan
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our Damien Kalanquin, œnologue-conseil pour les laboratoires Dubernet, à côté de la nouvelle réglementation bio et des nouvelles pratiques et traitements utilisables en œnologie, « la plus grande actualité réglementaire concerne l’obligation d’étiquetage de la valeur nutritionnelle et des ingrédients sur les bouteilles de vin à compter de novembre 2023 », a-t-il expliqué à l’occasion d’une réunion pré-vendanges organisée ce 23 août à Narbonne. 

L’œnologue a présenté à l’assemblée les difficultés à distinguer entre ingrédients, additifs technologiques, et auxiliaires. « Les tanins sont clairement des additifs et devront figurer dans la liste des ingrédients. Le cas du gaz carbonique est plus complexe. Il est produit par les levures lors de la fermentation, et donc naturellement présent. En revanche, il devient additif dans le cas d’une carbonication. Et c’est un auxiliaire quand on l’utilise pour inerter une cuve ».

Concernant les composés naturels du raisin, comme le sucre résiduel ou l’acide tartrique, on ne sait pas encore à partir de quel moment leur ajout devra figurer sur la liste des ingrédients. « On peut s’attendre à un certain flottement dans les premiers mois d’application de la réglementation ».

La valeur énergétique d’un vin est relativement simple à calculer. Seuls jouent l’alcool, le sucre, et le glycérol. Problème, la majorité des aliments affichent des informations sur les teneurs en graisses. « On sait qu’elles ne sont jamais présentes dans le vin. Devra-t-on les doser à chaque fois pour prouver leur absence ? » s’interroge Damien Kalanquin, qui espère faire que la filière et ses groupes d’experts seront faire valoir leur expérience et éviter les analyses inutiles.

Plaidoyer pour les minimis

L’œnologue se demande également à partir de quelle quantité les ingrédients devront être affichés. « La limite pour le SO2 est de 10 mg/L ou de 5 mg/L pour les composés potentiellement allergènes, mais qu’en sera-t-il pour les autres ? En chimie, le 0 n’existe pas, il y a toujours une limite de quantification. Est-ce cette limite qui sera retenue, sachant qu’elle varie d’un laboratoire à l’autre ? »

Les laboratoires Dubernet et leurs confrères ont constitué un groupe de travail pour que soit retenue la notion de minimis, une valeur en dessous de laquelle le résultat n’a plus aucune signification pour le produit dosé, comme pour les résidus de produits phytosanitaires.

Damien Kalanquin a terminé son intervention en rappelant à l’assemblée que cet étiquetage serait dématérialisé, des entreprises s’étant positionnées pour proposer ce service à des coûts relativement modestes, de l’ordre de 250€ pour une quinzaine d’étiquette. « Reste la question de savoir si d’autres informations sur les cuvées ou le domaine pourront figurer sur le site ».

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Tous les commentaires (1)
ADIRIGNY Le 30 août 2022 à 00:34:08
Les ingrédients sont principalement les raisins et les divers composants qui sont ajoutés pour faire le vin, notamment sucre ou moût concentré rectifié si on enrichit (ça devient rare !), et acide tartrique, qui est un additif, et ce indépendamment de la teneur en sucre résiduelle ou de l'acidité du vin. Leur addition au vin peut se déduire de contrôles en cave, notamment par l'examen des registres (obligatoires) d'enrichissement ou acidification -ou autres- . La difficulté pour le producteur ou le négociant (et le contrôleur) viendra des assemblages successifs, éventuellement dans des sites différents en cas de négoce, pour tracer la présence de tel ingrédient dans les cuvées. Rappelons que certains traitements (notamment enrichissement et acidification, pour reprendre cet exemple basique) doivent être indiqués sur les documents d'accompagnement pour les vins circulant en vrac. Bon courage à tous, ! La solution consistera bien évidemment à ajouter le moins d'ingrédients (sucre, MC/MCR et additifs) possible en privilégiant les traitements physiques, bref à faire des vins plus naturels. Neuf pratiques et traitements oenologiques autorisés en 1907, plus d'une cinquantaine aujourd'hui ....
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