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« Tout le monde doit s'emparer des minimis pour mettre fin aux débats sur les résidus phytos »

L'IFV et cinq laboratoires ont défini les minimis, les valeurs analytiques en dessous desquelles les substances actives sont considérées comme absentes d'un vin. Ils doivent désormais faire connaître leur outil.
Par Marion Bazireau Le 11 novembre 2020
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« Tout le monde doit s'emparer des minimis pour mettre fin aux débats sur les résidus phytos »
- crédit photo : Laboratoires Dubernet
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Sans consensus fort sur la notion de minimis dans les vins, l’analyse de résidus ne pourra pas être utilisée comme critère de performance environnementale. Ses résultats resteront sujets à débats et à controverses » prévient Matthieu Dubernet, président du laboratoire éponyme.

Avec cinq confrères*, les laboratoires Dubernet ont participé au groupe de travail piloté par l’Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV) et défini les valeurs analytiques en dessous desquelles 220 substances actives sont considérées comme absentes d’un vin. Pour y parvenir, ils ont épluché 10 000 analyses et étudiés 199 itinéraires viticoles et œnologiques, et préparent déjà une deuxième version de leur guide

OIV, répression des fraudes

Libre désormais aux laboratoires d’intégrer les minimis à leurs bulletins d’analyses. Les laboratoires Dubernet ont choisi de le faire. « Pour ne pas propager l’idée d’un zéro analytique, qui n’existe pas, nous avons rajouté une ligne en indiquant « non signifiant », explique Matthieu Dubernet. Quand les majorités des opérateurs connaîtront cette notion, nous pourrons écrire « valeur inférieure à minimis ».»

Le chemin sera long avant que les minimis soient connus (et reconnus) par toute la filière. L’IFV a organisé un webinaire ce 5 novembre pour faire connaître cet outil. « Et il y a deux semaines, nous avons présenté les minimis à l’Organisation Internationale de la Vigne et du Vin (OIV). Il va falloir que tout le monde s’habitue à ce nouveau concept avant que l’OIV ne le réglemente, témoigne Matthieu Dubernet. Nous en avons également parlé aux organismes de certification des vins bio. Avec les « ppb », ils utilisent déjà des minimis sans le savoir. L’outil pourrait également servir à labeliser les vins « sans résidus ».»

Mettre fin à l’hystérisation des débats

Dans quinze jours, les experts présenteront leur démarche à la répression des fraudes. Matthieu Dubernet espère que tous les acteurs de la filière feront bientôt la promotion des minimis. « Nous pourrons alors la faire valoir auprès des instances et mettre un terme à l’hystérisation des débats autour des résidus de produits phytosanitaires. »

En pleine campagne promotionnelle, le groupe de travail continue à plancher sur la méthodologie de définition des minimis. « Il faut qu’elle soit statistiquement incontestable pour faire l’unanimité » conclut Matthieu Dubernet.

 

*Les laboratoire GIRPA, Excell, Phytocontrol, Exact, et celui des Grands Chais de France

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Tous les commentaires (1)
Dominique Le 12 novembre 2020 à 14:54:00
Parallèlement à la procédure judiciaire pour baîllonner « Alerte aux Toxiques », il fallait bien trouver encore un nouveau moyen d’éteindre l’incendie autour du sujet des pesticides. Pour cela, on a donc convoqué des « experts » pour dégager une position « consensuelle » susceptible de mettre fin à « l’hystérisation » ( comprendre : trouver un argumentaire contre ceux qui veulent boire du vin et pas un nectar empoisonné ). Certains laboratoires d’analyses ont donc mis leurs données en commun. C’est très louable au titre de données brutes. Cela ne leur donne pas pour autant le droit d’aller au-delà de cette expertise précise. Ils n’ont aucune expertise en toxicologie, ce qui n’empêchait pas le laboratoire Dubernet de s’aventurer sur ce sujet, en commentant les analyses de Valérie Murat. Ces labos sont en plein conflit d’intérêts et devraient circonscrire strictement leurs interventions à leur domaine technique. Les grands absents de ce conclave d’experts, ce sont les victimes : agriculteurs, salariés agricoles et riverains. Parce que pour un microgramme trouvé dans un vin, ce sont des kilos qui sont envoyés dans l’air respiré. L’IFV a aussi mis son « expertise » au service de cette démarche. On se souvient que l’IFV avait conduit la conception et la mise en œuvre du plan Ecophyto. Vu le succès de cette opération d’enfumage, on se serait attendu à ce que l’IFV fasse profil bas et contrition. Pas du tout. Magali Grinbaum est intervenue, elle qui continuait il y a peu à raisonner la toxicité des produits avec des concepts poussiéreux du type DL50 ou DLA, « la dose fait le poison », etc. sans prendre en compte l’effet des perturbateurs endocriniens, l’effet cocktail des différentes molécules. On ne peut conclure à l’absence d’effets aux doses dites « minimis »pour une raison simple : c’est que le nombre de molécules de synthèse et le nombre de combinaisons possibles entre elles sont tels qu’il faudrait un nombre d’études et un temps incalculables , Tout cet attelage donc, pour arriver à définir des seuils qui vaudraient « absence réputée » de la substance. Il aurait mieux valu dire : « Notre environnement est totalement imbibé par des produits chimiques toxiques et rémanents. Essayons donc de chiffrer ce bruit de fond pathogène ». Cela eut été plus honnête que de laisser penser à une innocuité à faibles doses.
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