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Le coup de chaud devient extrême, à 40°C les vignes vont suer 🔥🍇
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Canicule 2022
Le coup de chaud devient extrême, à 40°C les vignes vont suer 🔥🍇

La vague de chaleur ne passe pas, elle va même gagner en puissance ces prochains jours. Mettant à mal les vignes, avec de premières défoliations et coup de soleil sur les baies.
Par Alexandre Abellan Le 15 juillet 2022
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Le coup de chaud devient extrême, à 40°C les vignes vont suer 🔥🍇
« On s’oriente vers le mois de juillet le plus sec et le plus chaud depuis 1900 » prévient Emmanuel Buisson. - crédit photo : Anthony Bafoil (échaudage sur les vignes du Gard)
A

près une semaine aux fortes températures, le vignoble s’apprête à connaître des températures extrêmes ce lundi 18 juillet, notamment sur le Sud-Ouest et dans le Gard, mais aussi en Val de Loire, avant que la vague de chaleur ne touche d’autres zones viticoles. « Qu’il fasse chaud, c’est normal : c’est l’été » note Anthony Bafoil, le président territorial du département du Gard pour Coop de France, qui souligne l’impact du déficit d’eau enregistré depuis l’hiver dernier. « Ça va être tendu, les vendanges vont arriver de bonne heure et il n’y aura pas les rendements attendus » soupire-t-il, rapportant que des feuilles jaunissent et que certaines commencent à tomber. Chez des vignerons ayant écimé, de premiers coups de soleil sont visibles sur des baies.

À Bordeaux, il n’y pas d’échaudage de baies à date constate David Pernet, le directeur du service conseil du cabinet Sovivins, qui note qu’après les fortes températures de juin, la constitution des baies s’est adaptée aux fortes températures (« pellicules plus épaisses, plus de synthèse de composés secondaires, de polyphénols, et baies moins riches en eau avec un rapport matière solide/eau plus important »). Le consultant technique ajoute que les feuillages sont préservés à date, sauf pour de jeunes plants.

Arroser les jeunes plants

« Il faut apporter de l’eau aux plantations : l’eau c’est la vie ! Ne pas arroser une jeune plantation est une erreur. Il faut rafraîchir : jeunes plantations et complantations, même celles faites depuis quelques temps » conseille Delphine Bougès, la présidente du Syndicat des Pépiniéristes Viticulteurs de la Gironde et du Sud-Ouest, qui préconise une attention particulière aux sols asséchants (graves, sable, rochers...). Soulignant qu’il est plus sage de repousser les plantations encore prévues avec le coup de chaud actuel, la pépiniériste bordelaise note qu’il n’y a pas d’impact visible actuellement dans le vignoble bordelais. « Il faut arroser matin de bonne heure (avant 11 heures idéalement) ou le soir tard (si les températures sont retombées), ne pas éclabousser le feuillage pour éviter les brûlures et ne pas arroser l’après-midi (que ce soit pour éviter l'évaporation ou préserver les hommes) » poursuit Delphine Bougès, qui appelle à s’adapter en fonction de la météo.

Dans le Sud-Ouest, « pour le moment, les vignes ne souffrent pas de la canicule (à part les jeunes vignes qu’il faut arroser) » rapporte Vincent Piquemal, le président des vignerons indépendants d’Occitanie, glissant que « si vous rappelez dans 8 jours, peut-être que je ne dirai pas la même chose… » Car les chaudes températures de cette semaine ne vont pas cesser, au contraire elles vont s’intensifier. « Il semblerait, tous les modèles allant dans ce sens : le lundi 18 pourrait être une journée de températures historiques en France » indique Emmanuel Buisson, directeur de recherche et d’innovation Weather Measures (Weenat), qui fait état de chaleurs se maintenant cette fin de semaine sur les secteurs du Gard et du Sud-Ouest (Sud de la Garonne : Landes, Bordeaux, Pau, Toulouse…), alors que « le reste France va respirer un peu (30 à 35°C) ». Déjà forte, l'évapotranspiration des vignes s'annonce encore plus élevée dans les prochains jours : entre ralentissement et blocage du cycle phénologique.

Conditions extrêmes

Une nouvelle dynamique s’enclenchera dès le samedi soir, avec une montée de chaleur par la Vallée du Rhône sur l’arc méditerranéen, puis à partir de dimanche par une vague de chaleur remontant sur la côte ouest. Il y aura en début de semaine un « pic assez impressionnant sur la moitié Ouest (sur ligne Paris-Montpellier). C’est la première fois que je vois ça (40°C à Nantes, 38°C à Brest…). On va frôler les 40°C : je ne serai pas étonné que l’on flirte avec les 38 à 42°C sur toute la façade atlantique » avance Emmanuel Buisson, qui indique que cette masse d’air chaud va se décaler vers l’Est à partir du mardi 19 juillet, pour être évacuée mercredi 20 juillet. Si ces « conditions extrêmes » devraient s’apaiser, il n’y a pas de pluies prévues à court-terme et un retour de canicule n’est pas impossible par la suite prévient Emmanuel Buisson, expliquant ces phénomènes par un positionnement inhabituel de masses d’air atmosphérique (avec un renforcement conditions anticycloniques sur la zone méditerranéenne et une goutte froide à l’ouest des côtes du Portugal). Très chauds, les prochains jours sont incertains dans le vignoble.Seul point positif actuel, à Bordeaux « les nuits restent assez fraîches, ce qui est très important pour permettre la récupération des vignes » note David Pernet, qui ajoute que « chaque jour il y a un peu plus de contrainte hydrique. Avec 15 jours à venir sans eau, le stress thermique pourrait devenir hydrique. »

 

« Le réchauffement climatique, on le subit vraiment » pointe Anthony Bafoil, le viticulteur gardois notant que « l’eau nous manque : il va falloir une volonté politique pour pouvoir stocker l’eau quand elle tombe beaucoup pour pouvoir l’utiliser quand elle manque. » En parallèle de la question des retenues collinaires, se pose celle de l'assurance climatique. « La succession d’aléas climatiques est effroyable : on est mal assurés par le truchement de la moyenne olympique » pointe Vincent Piquemal, qui en sait quelque chose pour avoir subi gelées et grêle ces derniers millésimes. Ravagé par les grêlons en juin, son domaine de Danis (40 hectares en AOP Armagnac et IGP Côtes de Gascogne) n’aura pas récolte en 2022 : « c’est réglé chez moi… Ce qui pose souci, chaleurs bloquent la pousse après taille : comme pendant mois d’août, quand le chaud bloque » rapporte Vincent Piquemal, notant n'être qu'à la mi-juillet…

 

 

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Tous les commentaires (1)
Florent Le 15 juillet 2022 à 23:47:20
Bonsoir, je ne suis pas viticulteur, mais même avec la grêle qui était tombé. Seul mes deux pieds ont bien résisté, j'ai déjà de belles grappes prometteuses. Bon j'ai perdu un pommier,et les autres ont résisté s. Bref c'est encore mort pour cette année . Il y a deux ans j'avais deux sacs poubelles pleines de quetches Heureusement que je ne vis pas que de la terre. Je vous plains vraiment et bon courage à tous.
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