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Stress hydrique et cryptoblabes inquiètent le vignoble corse
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Viticulture insulaire
Stress hydrique et cryptoblabes inquiètent le vignoble corse

Le manque d'eau de l'année peut être préjudiciabvle pour la maturation des baies et provoque une diminution de la taille des baies de vermentino. Cryptoblabes est très présent et pourrait compliquer le travail à l'approche des vendanges
Par Olivier Bazalge Le 15 juillet 2022
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Stress hydrique et cryptoblabes inquiètent le vignoble corse
Cryptoblabes inquiète les conseillers viticoles chargés du suivi du vignoble corse - crédit photo : Vins de Corse
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l n’y a pas eu de gel sur le vignoble corse en 2022 mais, alors que le débourrement a été plutôt précoce, le froid prononcé de début de printemps a eu des conséquences sur la production d’inflorescences (phénomène de filage), « avec des deuxièmes grappes qui se sont transformées en vrille, réduisant légèrement le potentiel de récolte, car c’est un phénomène qui s’est manifesté de manière très hétérogène », explique Anne Gaëlle Dubreuil-Lachaud, conseillère viticulture à la Chambre d’Agriculture de Haute-Corse.

En conséquence, la technicienne signale des différences de charge, « observables même au sein d’une parcelle », ainsi que des disparités de ressource hydrique, qui peuvent faire craindre pour la bonne maturation des baies jusqu’aux vendanges. « De novembre à avril, nous n’avons enregistré que 80 à 100 mm de pluie, ce qui est très peu, puis il y a eu des pluies entre mi-avril et mi-mai qui ont permis de compenser les manques dans la plaine orientale et dans le sud, mais très insuffisante en Balagne, autour de Calvi. La vigne a plutôt bien tenu jusque-là mais le stress hydrique commence sérieusement à se faire sentir depuis début juillet en Balagne, et arrive dans la plaine orientale », analyse la conseillère viticole de haute-Corse. En Corse du sud, Pierre-Albert Spaccesi, conseiller de la Chambre d’Agriculture, juge également les réserves d’eau trop faibles par rapport aux besoins.

Véraison en cours

Les pluies de mai ont accentué la pression mildiou « mais la maladie a été bien maîtrisée dans le vignoble avec très peu de dégâts sur grappes », note Anne Gaëlle Dubreuil-Lachaud. Les choses ont été plus difficiles face à l’oïdium dans la plaine orientale, « avec un climat couvert et humide depuis mi-juin, qui a pu provoquer des contaminations sur grappes parfois sévères », abonde la technicienne. Le retour d’un temps dégagé a à présent éloigné ces inquiétudes liées à l’oïdium avec des vignerons qui ont pu contenir son développement.

Comme dans la plupart des vignobles, les fortes chaleurs qui ont suivi la floraison ont resserré les stades phénologiques de la vigne, et le manque de main d’œuvre disponible a perturbé l’avancement des travaux en vert. La véraison est à présent en cours dans le vignoble corse, et la technicienne viticole envisage une avance de 5 à 10 jours pour les vendanges à venir. « La tendance se situerait autour du 15 août s’il n’y a pas de blocage de maturité, ce qui correspondrait à une semaine d’avance », précise Pierre-Albert Spaccesi.

Pas de gel cette année, mais le vignoble a tout de même déploré un épisode de grêle très localisé à la pointe du Cap Corse, endommageant des baies « mais ne causant finalement que 15 % de perte de récolte dans le secteur », note Anne Gaëlle Dubreuil-Lachaud.

Cryptoblabes bien présent

Si le stress hydrique provoque des craintes de blocages de maturité, en particulier sur les rouges comme le niellucio, c’est un autre phénomène qui se fait remarquer sur l’île, pour le vermentino, cépage blanc majoritaire en Corse, mais aussi pour le sciaccarello noir. « Les grappes de vermentino sont non seulement moins grandes, mais les baies grossissent bien moins que d’habitude, sur cette variété caractérisée par des baies assez volumineuses », poursuit la conseillère de la chambre de haute-Corse.

Outre un développement plus marqué en fréquence de l’esca, un autre sujet préoccupe les techniciens qui suivent le vignoble de l’île : Cryptoblabes gnidiella. Anne Gaëlle Dubreuil-Lachaud y voit la conséquence d'un hiver sans températures trop basses. « Nous observions déjà des dégâts sur raisins verts et sommes inquiets avec des larves âgées visibles et de nombreuses chrysalides annonçant l’imminence d’une nouvelle génération, pouvant causer des dégâts sur vendanges. C’est très difficile pour les viticulteurs bio. Certains risquent de devoir vendanger plus tôt pour préserver les raisins », note Pierre-Albert Spaccesi.

 

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