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Que valent les vins de Bordeaux de 2021 ?
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Lettre du millésime
Que valent les vins de Bordeaux de 2021 ?

L’Institut des Sciences de la Vigne et du Vin de Bordeaux juge les blancs secs et liquoreux exceptionnels. Les vins rouges n’ont pas le niveau d’intensité et de concentration des trois millésimes précédents mais de belles réussites existent sur les deux rives.
Par Marion Bazireau Le 19 avril 2022
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Que valent les vins de Bordeaux de 2021 ?
En réponse au gel, à la grêle et aux dégâts phytosanitaires, les rendements varient fortement d’un cru à l’autre, et même parfois au sein d’une propriété. - crédit photo : DR
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a décennie 2010 s’est achevée par une série 2018, 2019 et 2020, dont les vins possèdent des styles bien distincts mais se rejoignent par un très haut niveau. « Si l’on doit se réjouir de cette réussite qui fera date dans l’histoire des grands vins rouges de Bordeaux, il faut garder à l’esprit son caractère singulier et ne pas s’en servir comme étalon des millésimes qui succèderont, à commencer par 2021 » temporisent Laurence Gény et Axel Marchal, de l’Institut des Sciences de la Vigne et du Vin (ISVV), dans leur traditionnelle lettre du millésime.

Les œnologues dégustent des vins blancs secs « exceptionnels ». L’été frais a maintenu une bonne acidité et préservé les précurseurs d’arômes. « Les sauvignons blancs, en particulier, sont éclatants. Malgré des niveaux élevés d’acide malique, ils sont mûrs, avec un profil ciselé et une expression aromatique intense » se délectent Laurence Gény et Axel Marchal.

Les sémillons ont parfois souffert, sur les sols légers, d’une forme de dilution, mais sur les meilleurs terroirs, ils sont élancés, sapides et parfumés.

Maigre en quantité, la récolte des vins liquoreux 2021 peut toutefois atteindre un niveau de qualité épatant. « Les raisins ramassés mi-octobre ont donné, dans les crus les plus exigeants, des vins d’une grande pureté, d’une belle concentration et soutenus par une trame acide qui les rend étincelants ». Les auteurs de la lettre du millésime louent les efforts des viticulteurs ambitieux du Sauternais et leur entêtement à produire les meilleurs vins liquoreux possibles dans un contexte hostile.

« En 2021, le vignoble bordelais renoue avec une longue tradition de millésimes sauvés par une arrière-saison à la climatologie inespérée » poursuivent-ils. Comme souvent, les merlots ont davantage souffert de l’été maussade et de l’arrêt de croissance tardif, en particulier sur les sols légers. S’ils sont fruités, correctement colorés et souples, la taille importante des baies, caractéristique singulière de cette année, se ressent par un manque de concentration fréquent en milieu de bouche.

Sur les meilleurs terroirs du Libournais, présentant un fonctionnement hydrique plus régulier, les merlots possèdent néanmoins plus de chair et peuvent être bien réussis.

Des vins moins alcoolisés

« Les observateurs inquiets de l’augmentation du degré alcoolique des vins de ce cépage pourront se réjouir de déguster, avec les 2021, des vins significativement moins alcoolisés ».

Les cabernet-francs de la rive droite sont jugés très réussis. L’épisode anticylonique de début octobre a permis de différer leur récolte et ils en ont pleinement profité. « Parfumés et veloutés, ils jouent un rôle important dans les assemblages ».

Laurence Gény et Axel Marchal ont vu de nombreux vignerons tentés de ramasser précocement les cabernet-sauvignons, en anticipation d’une dégradation massive de leur état sanitaire. « La fébrilité, importante après les difficultés de la campagne, était en outre entretenue par des prévisions météorologiques trop alarmistes et l’apparition de foyers ponctuels de pourriture. Heureusement, l’installation du beau temps a permis de rassurer les viticulteurs et d’atteindre, généralement, de bons niveaux de maturité ».

Colorés, frais et aromatiques, les vins de cabernet-sauvignon possèdent une structure tannique sérieuse et une belle profondeur, en particulier sur les grands terroirs de graves.

« Si les vins rouges n’ont pas, en début d’élevage, le niveau d’intensité et de concentration des trois millésimes précédents, de belles réussites existent sur les deux rives. 2021 restera dans les mémoires comme un millésime particulièrement éprouvant pour les vignerons, heureusement récompensés de leurs efforts par une fin de saison providentielle » concluent les œnologues.

En réponse au gel, à la grêle et aux dégâts phytosanitaires, les rendements varient fortement d’un cru à l’autre, et même parfois au sein d’une propriété.

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