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Dans son Beaujolais natal
Demande d'hommage à Jules Chauvet, le pape des vins nature

Figure tutélaire, le vigneron de La-Chapelle-de-Guinchay mérite de voir ses préceptes avant-gardistes s'ancrer dans un lieu symbolique du vignoble rhodanien pour l'amicale portant sa mémoire.
Par Alexandre Abellan Le 04 décembre 2021
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Demande d'hommage à Jules Chauvet, le pape des vins nature
« Malgré son incroyable parcours, celui qui s’est évadé en septembre 1940 d’un camp de prisonnier pour revenir faire les vendanges sur le domaine familial, n’a aujourd’hui ni édifice, ni salle de dégustation ou de réunion à son nom au cœur du vignoble » regrette l’Amicale Jules Chauvet. - crédit photo : DR
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ère spirituel de nombreux vignerons (notamment nature) et principal instigateur du verre de dégustation INAO (pour optimiser l’expression aromatique via le rapport volume de vin/surface de contact avec l’air), le défunt Jules Chauvet (1907-1989) « fait partie de l’héritage beaujolais, il doit recevoir l’hommage qu’il mérite » interpelle l’Amicale Jules Chauvet dans un communiqué. Déplorant qu’il n’y ait au nom du célèbre œnologue qu’une rue (dans son village natal de La-Chapelle-de-Guinchay) et qu’un lieu scolaire (l’amphithéâtre du lycée viticole Lucie Aubrac de Mâcon-Davayé), l’association demande dans une lettre l’intervention de l’interprofession des vins du Beaujolais (InterBeaujolais).

Président de l’Amicale Jules Chauvet, le vigneron retraité Dominique Joseph explique à Vitisphere qu’il n’est pas aisé de débaptiser une rue, mais qu’il n’est pas envisageable de se contenter d’une voie perdue dans des zones pavillonnaires ou commerciales (l’œnologue Émile Peynaud bénéficie pour sa part d’une impasse à Bordeaux, dans le quartier des Chartrons). L’idéal semblerait être une salle de dégustation dans un lieu institutionnel. Pour Dominique Joseph, l’important est d’avoir un ancrage symbolique fort comme support à la mémoire des travaux du vigneron-chercheur : « alors que les vins nature sont à la mode, beaucoup de gens se revendiquent de Jules Chauvet sans le connaître. Dans les années 50-60 on ne parlait pas de bio, mais d’un minimum d’intrant pour conserver un maximum de potentiel donné par la nature. Il n’était pas contre l’idée d’ajouter des sulfites, mais de manière modérée. »

Vigneron-chercheur

Vigneron à la tête d’un domaine de 6 hectares en Beaujolais-Villages, Jules Chauvet était issu d’une famille de négociants (négoce Chauvet Frères & Cie). Dégustateur réputé, il était chercheur à l’institut de chimie biologique de Lyon. Ayant travaillé dès les années 1950 sur des essais de macération carbonique, il développe de nouvelles méthodes de description organoleptique aboutissant au verre INAO (ou ISO). Connu pour son approche de réduction des intrants en vinification, il militait pour la même approche de précision et de raisonnement au vignoble : « la vigne, moins on la touche, mieux elle se porte ».

Venant tout juste d’être sollicitée sur ce dossier, l’interprofession n’a pas encore eu le temps de l’étudier.

 

Photo : « Malgré son incroyable parcours, celui qui s’est évadé en septembre 1940 d’un camp de prisonnier pour revenir faire les vendanges sur le domaine familial, n’a aujourd’hui ni édifice, ni salle de dégustation ou de réunion à son nom au cœur du vignoble » regrette l’Amicale Jules Chauvet.

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