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Tensions internes
En crise, l'interprofession des vins languedociens prône la (ré)conciliation

Pour sortir de la crise qui oppose différentes familles au sein du Conseil Interprofessionnel des Vins du Languedoc (CIVL), l'interprofession indique avoir tenté la conciliation. Sans succès à ce jour.
Par Michèle Trévoux Le 22 octobre 2021
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En crise, l'interprofession des vins languedociens prône la (ré)conciliation
Christophe Bousquet tenant sa première conférence de presse en tant que président du CIVL. - crédit photo : Michèle Trévoux
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ilencieux depuis le début de la crise qui le secoue, le Conseil Interprofessionnel des Vins du Languedoc (CIVL) a pris la parole ce jeudi 21 octobre. Lors d’une conférence de presse à Narbonne, Christophe Bousquet, nouveau président, et Olivier Legrand, nouveau délégué général, ont fait le point sur la situation de l’interprofession languedocienne, confrontée à une fronde des Metteurs en Marché Directs (MMD). « Malgré les dissensions concernant la représentation au sein de notre interprofession, nous fonctionnons normalement, les missions sont poursuivies, nos équipes sont au travail », ont tenu d’emblée à indiquer les deux dirigeants, qui déplorent cependant l’impact de cette affaire en termes d’image.

Depuis l’Assemblée Générale de juillet dernier, les MMD (producteurs qui commercialisent plus de 50 % de leur récolte en direct) ne décolèrent pas de leur éviction soudaine, par l’Union des Entreprises Viticoles Méditerranéennes (UEVM), du collège des négociants. « Depuis plus de 20 ans, il existe un accord tacite entre l’UEVM et les MMD, qui accorde 30 % des sièges du collège négoce aux MMD. Mais cet accord n’est qu’officieux. Rien dans les textes n’officialise cette présence des MMD au sein de ce collège. Lorsque nous avons reçu la liste des nouveaux représentants de ce collège, présentée par l’UEVM, qui excluait les MMD, nous n’étions pas légitimes pour intervenir. La désignation des délégués est du seul ressort des Organismes de Défense et de Gestion (ODG) pour le collège producteurs et de l’UEVM pour le collège négociant. Tenus par des délais très serrés, nous avons donc envoyé les convocations aux nouveaux représentants indiqués par l’UEVM », explique Olivier Legrand. Une décision que contestent les MMD qui, ont porté l’affaire devant la justice début septembre, attaquant le CIVL pour défaut de convocation et non-respect des statuts. De plus, quatre ODG - Faugères, Fitou, Corbières et Malepère - qui contestent cette éviction des MMD, ont annoncé officiellement leur intention de quitter l’interprofession languedocienne aux termes des accords triennaux qui les engagent jusqu’en décembre 2023. S’ils deviennent effectifs, ces retraits priveraient le CIVL de 25 % de son budget, via les Cotisations Volontaires Obligatoires (CVO).

Offre de conciliation

Pour sortir de cette crise, début octobre, le CIVL a tenté la conciliation, proposant à l’UEVM et aux MMD d’ouvrir la discussion pour trouver des solutions. L’invitation a été acceptée par l’UEVM, mais déclinée par les MMD, qui ont indiqué vouloir attendre le jugement que le tribunal de Narbonne doit rendre après son audience du 16 décembre prochain. Une décision que déplore l’équipe du CIVL. « La décision de justice portera sur la validité de notre assemblée générale, mais ne réglera en rien le problème de représentation des MDD au sein de l’interprofession. L’intégration des MDD au sein de l’interprofession est une piste envisageable. Nous sommes prêts à l’étudier. La meilleure façon, c’est d’engager la discussion, comme nous avons commencé à le faire avec l’ODG Faugères », indique Christophe Bousquet.

Concernant le non versement des CVO que prônent certaines de ces quatre ODG, le CIVL rappelle que ces cotisations sont obligatoires : « Les ODG qui encouragent leurs adhérents à ne pas payer ces cotisations, les appellent à l’illégalité. Nous mettrons en œuvre les moyens nécessaires pour que la loi s’applique », a précisé Olivier Legrand. A ce jour, moins de 1 % des entreprises adhérentes ne sont pas à jour de leur CVO, a-t-il été précisé.

Consensus collectif

« La base de nos interprofessions, c’est une organisation paritaire entre producteurs et metteurs en marché. La demande des MDD traduit une évolution des producteurs, mais en même temps, elle pose la question de la représentativité des producteurs au sein de leur collège. C’est donc une approche complexe qui touche à des équilibres entre les différentes familles. On peut engager la réflexion pour trouver un consensus collectif au-delà des intérêts particuliers. Mais dans tous les cas, nous avons intérêt à tirer dans le même sens », conclut Christophe Bousquet. La porte reste ouverte pour des négocations.

 

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