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Bordeaux

Lagrange, premier château audité "Bordeaux Cultivons demain"

Jeudi 23 septembre 2021 par Marion Bazireau

Le château Lagrange a initié un partenariat avec le camping de Pauillac pour héberger les saisonniers à ses frais. »
Le château Lagrange a initié un partenariat avec le camping de Pauillac pour héberger les saisonniers à ses frais. » - crédit photo : Château Lagrange
Un auditeur de Bureau Veritas accrédité par le Conseil Interprofessionnel des Vins de Bordeaux a passé toute une journée à vérifier les efforts du grand cru classé en 1855 en matière de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE).

Accrédité par le Conseil Interprofessionnel des Vins de Bordeaux (CIVB), un auditeur du bureau Veritas vient de passer toute une journée de diagnostic au château Lagrange. « Il est venu valider notre application du référentiel Bordeaux Cultivons demain, construit sur la base de la norme internationale ISO 26 000 » rapporte Benjamin Vimal, le directeur adjoint du grand cru classé de Saint-Julien.

L'intérêt du château pour la RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) date de 2014. « Nous avions même accueilli un apprenti ingénieur pendant trois ans pour identifier nos faiblesses, sans que cela ne débouche sur un plan d’actions concret ».

Un travail collectif

Les choses se sont débloquées en 2019, lorsque la propriété a intégré l’équipe pilote composée de 28 caves particulières, coopératives et négoces. « Travailler en groupe nous a permis d’adapter la démarche à la filière, de valider un référentiel sur 4 grands axes (l’attractivité, le dialogue, le territoire et l’environnement) et de construire un guide et un outil de diagnostic » reprend Benjamin Vimal.

« Comme pour le Système de Management des Entreprises (SME), cette équipe "cobaye" a souhaité être accompagnée par des conseillers agrées » détaille Laura Espérandieu, responsable de la démarche au CIVB. Comme il l’avait fait pour les certifications Haute Valeur Environnementale (HVE) et ISO 14001, Benjamin Vimal a choisi Mérithalle, pour travailler sur 5 piliers.

Le premier repose sur l’innovation. Le château Lagrange s’est doté il y a deux ans d’un pôle R&D. « Nous avons d’abord fait réaliser un diagnostic de diversité et mis en place en plan d’actions sur 5 ans, avec création de mares, régénération naturelle des arbres, plantation de fruitiers locaux. Nous travaillons en outre travailler sur le fauchage des allées et la gestion des espèces envahissantes ».

"Rencontrer clients et fournisseurs"

Avec 310 évènements externes réalisés sur l’année pré-covid, le château Lagrange fait le maximum pour aller à la rencontre de ses clients, son deuxième axe de travail. « Nous accueillons en plus près de 8 000 visiteurs par an et cherchons à premiumiser notre offre oenotouristique » détaille Justine Memmi, chargée des relations publiques, citant l’achat de casques de réalité augmentée ou l’organisation d'ateliers culinaires avec le chef japonais du domaine.

« Nous allons aussi créer un club Lagrange, avec des prestations haut-de-gamme réservées aux adhérents ».

Benjamin Vimal souhaite également enrichir ses relations avec ses fournisseurs et prestataires.

Le château travaille aussi sur la valorisation du patrimoine, et l’augmentation de l’attractivité du Médoc. « Nous avons par exemple initié un partenariat avec le camping de Pauillac. Nous hébergeons les saisonniers à nos frais » continue Benjamin Vimal. Lagrange est en outre l’un des cinq châteaux à l’initiative de l’école de la vigne

« Nous finançons en plus divers projets via notre Organisme de Défense et de Gestion (ODG), comme l’enfouissement de lignes électriques, et faisons des dons de vins à des nombreuses associations ».

Aux petits soins pour les collaborateurs

La direction veut aussi améliorer le bien-être de ses collaborateurs. Il y a quelques mois, le château Lagrange a ainsi fait tester plusieurs modèles d’exosquelettes à ses ouvriers viticoles et cavistes pour soulager leur dos. « Nous avons également donné un congé sans solde avec promesse de réembauche à un salarié souhaitant se lancer dans la culture d’asperges, et payé le permis poids-lourds à un second ».

Les saisonniers disposent depuis peu de vestiaires équipés de douches. « Et nous allons refaire les bureaux en impliquant tous les collaborateurs dans les différents achats » témoigne le directeur adjoint.

Pour une bonne compréhension des métiers de chacun, le château Lagrange proposera en fin d’année à ses salariés des formations interservices. « Et nous ferons visiter les vignes, chais, et locaux à tout ceux qui souhaiteront en apprendre davantage sur l’histoire du château ». La direction est enfin très attachée aux questions d’honnêteté, de transparence, et de respect de la réglementation.

Une certification exigeante

Suite à la visite de Bureau Véritas, Lagrange a obtenu le niveau 2 du label de Bordeaux Cultivons Demain. « J’aurais été déçu que nous obtenions le niveau 3 du premier coup, j’aurais eu l’impression d’une certification au rabais » indique Benjamin Vimal.

Pour passer au niveau 3, le château devra davantage formaliser ses échanges avec toutes les parties prenantes, notamment ses fournisseurs. Avant cela, Benjamin Vimal tient à ce que ses 55 salariés aient tous une bonne compréhension de la démarche.

"30% des volumes"

L’objectif du CIVB est quant à lui 30% des volumes commercialisés certifiés en 2030. Laura Espérandieu espère 60% des surfaces viticoles engagées, 1 500 entreprises labélisées sur le premier niveau, 500 entreprises au niveau 2 et 100 entreprises au niveau 3. Cette année, 125 entreprises se sont lancées dans la démarche.

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