LE FIL

Jérôme Despey

"Il faut un accompagnement bancaire de l’endettement du vignoble" face à la petite vendange 2021

Mercredi 08 septembre 2021 par Alexandre Abellan

« Force est de constater que sur ce point-là, nous n’avons pas été entendus par le gouvernement lors des discussions du plan gel » regrette Jérôme Despey.
« Force est de constater que sur ce point-là, nous n’avons pas été entendus par le gouvernement lors des discussions du plan gel » regrette Jérôme Despey. - crédit photo : CA 34 (visite du préfet de l'Hérault ce 6 septembre)
Le constat d’une vendange historiquement faible alimente les besoins de soutien aux trésoreries viticoles, déjà soumises à rude épreuve par la crise covid.

Soupe à la grimace dans le vignoble languedocien : « c’est une grande déception » résume Jérôme Despey, le président du conseil spécialisé vin de FranceAgriMer. Viticulteur dans l’Hérault, il constate que les vignes gelées sont restées improductives (sans contre-bourgeon) et découvre de mauvaises surprises sur les ceps qui semblaient indemnes (coulure pour certains, sécheresse pour d’autres, grêle localement, etc…). Cette vision d’un millésime rendement malmené se généralise hélas dans presque tout le vignoble français (avec de sévères dégâts de mildiou et d’oïdium en prime).

En baisse de 29 % par rapport à 2020 (pour 33 millions d’hectolitres), les rendements nationaux vont atteindre des niveaux historiquement bas en 2021. Cette chute brutale va peser sur les trésoreries alerte Jérôme Despey, soulignant les charges à la vigne et au chai restant fixes face au déficit de production annoncé. « L’hiver va être très compliqué pour les viticulteurs. Les paiements à la fin janvier des premiers acomptes pour la récolte 2021 vont être en baisse » se projette Jérôme Despey, qui prévient que « jamais les hausses naturelles de prix ne compenseront la perte de production. Quand on perd 40 à 50 % de récolte, les cours n’augmentent pas d’autant, il ne faut pas perdre de marchés. »

Plan gel

Le vignoble ayant déjà obtenu des mesures exceptionnelles lors du plan gel (aides à la trésorerie, exonérations de taxes foncières, exonérations de charges, ouverture des calamités agricoles, rachat de franchise de 2,5 % pour les assurés…), la filière demande la réouverture des discussions concernant l’accompagnement bancaire des dettes (qui n’ont pas été concluantes jusqu’ici). « Il faut un accompagnement bancaire de l’endettement du vignoble pour accompagner la trésorerie. Que les domaines puissent faire face aux charges de l’année prochaine » milite Jérôme Despey, qui porte inlassablement ce message au gouvernement. Préconisant une facilitation des reports d’encours, Jérôme Despey estime que « le dossier n’est pas clos, il est grand temps de l’ouvrir », d’autant plus que la filière vin pâtit toujours des conséquences de la crise sanitaire.

Si l’allégement des encours bancaires est une priorité syndicale, le président du conseil spécialisé vin de FranceAgriMer souligne que la filière vin est également attentive aux prochains arbitrages sur la révision du système assurantiel (après les propositions de début juillet), au suivi de la mise en place de la stratégie d’adaptation au changement climatique (remis fin août) et à la réflexion sur une assurance pour carence d’apport (évoquée début juillet).

 

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