LE FIL

Plafonnée à 5 000 €

L’aide d’urgence aux vignerons gelés en grande difficulté arrive

Mercredi 05 mai 2021 par Alexandre Abellan

« C’est une aide de soutiens psychologique et moral aux plus fragiles » estime Jérôme Despey.
« C’est une aide de soutiens psychologique et moral aux plus fragiles » estime Jérôme Despey. - crédit photo : Ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation (dégâts de gel en Hérault ce 17 avril)
Une circulaire du ministère de l’Agriculture définit les modalités d’aides d’urgence pour soulager rapidement les domaines mis à mal par les gelées du printemps dernier.

Rencontrant les représentants de la filière vin ce 4 mai, le cabinet du ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie annonce la signature ce 3 mai et l’envoi dans la foulée d’une circulaire aux préfets pour mettre en place le fonds d’urgence exceptionnel annoncé le 17 avril dernier après un gel de printemps historique. « Ce fonds de 20 millions euros va être mis en œuvre par les préfets de département, sous l’égide des préfets de région, sous la forme d’une aide forfaitaire par exploitation, avec un plafond de 5 000 € » rapporte Jérôme Despey, le président de conseil spécialisé vin de FranceAgriMer.

Inédite dans le vignoble, cette aide est ouverte à toutes les filières agricoles (arboriculture, betterave, colza…). « Elle cible les agriculteurs en grande difficulté : les jeunes agriculteurs installés et ne récoltant que des aléas climatiques, les domaines plurisinistrés au RSA... Dans une extrême difficulté, cette typologie d’agriculteurs a besoin d’aides d’urgence » souligne Jérôme Despey, qui précise que si ce fonds doit être rapidement mis en place (« au plus tard début juin » d’après les services de l’État), leur budget limité et leur plafond vont limiter sa cibles (« quelques centaines d’exploitations toutes filières confondues »).

"On ne peut pas attendre"

Échangeant pour la première fois avec le préfet en charge des aides aux filières touchées par le gel, Michel Papaud, la filière vin a rappelé ses attentes au-delà du fonds d’urgence. Attendant toujours des précisions concrètes, les représentants du vignoble et du négoce demandent que 2022 soit une année blanche en termes de cotisations sociales et patronales, mais aussi bancaires. Pour les exonérations de charges, les conditions d’accès restent à définir, causant de l’impatience : « on ne peut pas attendre, ça amène de l’angoisse et de l’inquiétude. Même si les besoins seront ressentis en 2022 (avec la perte de récolte 2021), il faut dès maintenant savoir précisément quelles aides seront accessibles aux vignobles touchés » revendique Jérôme Despey.

En matière de report des annuités bancaires et d’amortissement différé des Prêts Garantis par l’État (PGE), le gouvernement n’a pas fait de nouvelles propositions (hormis l'accès aux PGE, déjà sollicités et consommés dans le vignoble). « C'est PGE, PGE et PGE » résume Jérôme Despey, qui indique que la filière compte également travailler sur le sujet des reports d'annuité avec les banques. Un groupe de travail va aussi se réunir avec les assureurs pour refondre le système assurantiel et le régime de calamité agricole. L’extension exceptionnelle à la viticulture du régime des calamités agricoles nécessite aussi des clarifications annonce Jérôme Despey. Notamment concernant l’accès des domaines assurés à cette aide ou à une forme de bonification : « il est hors de question que celui qui est assuré soit moins aidé que celui qui ne l’est pas ».

 

 

 


 

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