LE FIL

D’ici trois mois

Les aides exceptionnelles aux vignerons gelés restent à préciser, et négocier

Lundi 03 mai 2021 par Michèle Trévoux

Les responsables professionnels venus à la rencontre des vignerons coopérateurs du Gard ce 30 avril.
Les responsables professionnels venus à la rencontre des vignerons coopérateurs du Gard ce 30 avril. - crédit photo : Michèle Trévoux
Lors d’une rencontre avec les présidents et directeurs des coopératives gardoises, les dirigeants de la coopération et les responsables syndicaux, ont fait le point sur les mesures de soutien annoncées par le premier ministre Jean Castex lors de sa visite dans le région le 17 avril.

« Nous avons souhaité être aux côtés des viticulteurs de ce département, car nous savons que ce gel a généré beaucoup de souffrance. Certains ont la boule au ventre et n’ont pas remis le pied dans leurs vignes depuis 15 jours. Il y a une détresse comme on en a jamais connu jusqu’ici » affirme Boris Calmette, le président des Vignerons Coopérateurs de France. Accompagnés de Ludovic Roux, le président de Vignerons Coopérateurs d’Occitanie, d’Anthony Bafoil, le président du Comité Territorial du Gard, de Jérôme Despey, le secrétaire général de la FNSEA et des responsables de la FDSEA du Gard, il a rencontré ce vendredi 30 avril les présidents et directeurs des coopératives du Gard, qui sont venus nombreux pour s’informer sur les aides qui vont être mises en place suite à ce gel historique. 

« Nous travaillons avec le Ministère sur les modalités de mise en œuvre des aides annoncées par le Premier Ministre lors de sa visite dans la région le 17 avril. Pour les exonérations de charges sociales ou encore le dégrèvement de la taxe foncière non bâti, il faut définir les conditions d’éligibilité. Les exonérations seront proportionnelles à la perte de potentiel de production, mais à quel niveau, cela reste à définir » a précisé Jérôme Despey. Le principal point de crispation reste l’année blanche pour les annuités d’emprunt, unanimement réclamée par la profession, sans succès à ce jour. « Le gouvernement nous renvoie sur le Prêts Garantis par l’Etat (PGE), mais ce n’est pas ce que nous souhaitons. Pour les jeunes qui sont lourdement endettés, il faut consolider tous les emprunts et obtenir cette année blanche. Nous l’avons déjà obtenue à d’autres occasions. Nous allons continuer à nous battre pour obtenir gain de cause » ont affirmé de concert ces responsables professionnels.

Les viticulteurs assurés bénéficieront eux aussi des aides

Concernant le fonds de solidarité exceptionnel annoncé par le Premier Ministre, là encore, les modalités restent à définir. « Nous veillerons à ce que ces aides soient faciles d’accès et avec un seuil d’éligibilité qui permettent de dédommager le plus grand nombre. Nous serons également attentifs à ce que les viticulteurs qui ont fait l’effort d’être assurés en soient bénéficiaires. Il serait injuste et incohérent que les viticulteurs non assurés soient mieux remboursés que ceux qui ont souscrit une assurance récolte » insiste Jérôme Despey. Les modalités d’attribution de ces aides, basées sur la perte de chiffre d’affaires mensuels, devraient être précisées d’ici trois mois, ont-ils annoncé.

Enfin concernant la gestion du marché et la pénurie de vins qui se profile après les prochaines vendanges, une réunion de concertation entre tous les acteurs de la filière viticole régionale (interprofession, production, négoce, coopératives et vignerons indépendants) est programmée le 11 mai pour débattre des éventuelles décisions à prendre pour éviter la flambée des cours et la perte de parts de marché. « La contractualisation pluri-annuelle est un bon outil de stabilisation du marché, nous l’encourageons. Mais il ne faudrait pas que ceux qui s’y sont engagés soient défavorisés par rapport à ceux qui, ayant choisi les marchés spot, vont pouvoir bénéficier de prix plus avantageux du fait de ce gel » a alerté Boris Calmette.

Manque à gagner de 500 millions €

En Languedoc-Roussillon, d’après les premières estimations, le gel aurait détruit un potentiel de récolte de 5 Mhl, ce qui représente un manque à gagner de 500 M€ pour la production.


 

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