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+1 à 2 chais/an pour ORECO, la plateforme de stockage de Cognac

Mercredi 04 août 2021 par Alexandre Abellan

Ayant dernièrement dû mettre certaines demandes de stockage sur liste d’attente, ORECO espère rapidement pouvoir s’appuyer dès 2023 sur de nouvelles capacités de stockage.
Ayant dernièrement dû mettre certaines demandes de stockage sur liste d’attente, ORECO espère rapidement pouvoir s’appuyer dès 2023 sur de nouvelles capacités de stockage. - crédit photo : ORECO
Allant de pair avec la croissance de la filière des eaux-de-vie charentaises, l’Organisation Économique du Cognac investit dans l’accroissement de ses volumes de stocks pour soutenir les développements viticoles et commerciaux de la filière.

Le tempérament charentais goûte peu les superlatifs, préférant aux excès de langage (et aux risques de mauvaises interprétations) la modération des propos (pour en valoriser le raisonnement). Mais dans le contexte actuel de développement de la filière charentaise, nul besoin d’épithètes pour saisir l’importance de l’Organisation Économique du Cognac (ORECO), société anonyme appartenant principalement à ses clients et partenaires (39,1 % d’actions de négociants, 21,7 % de banquiers, 14,8 % de tonneliers et 4,5 % de distillateurs).

Sur ses trois sites de Merpins (50 chais pour une capacité de 1,6 million d’hectolitres de Cognac), Saint-Martin (9 chais pour un potentiel de 150 000 hl) et Luprie (3 chais pour 39 000 hl), la PME déploie actuellement 350 000 barriques (de 350 à 500 litres, dont 30 % appartiennent aux clients), un millier de cuves en bois (350 à 450 hl), quelques bonbonnes (pour les très vieilles eaux-de-vie) et des cuves en inox (pour la réserve climatique). En 2021, le stockeur d’eaux-de-vie recense dans ses chais 1,5 million d’hectolitres de cognac*. Soit une hausse de 6 % des volumes stockés par rapport à 2020, en cohérence avec les dernières augmentations de surfaces et de récolte du vignoble.

"20 % des stocks régionaux"

Ces impressionnants volumes restent surtout stables en termes de part de marché du stock régional note Matthieu Broine, le directeur des opérations d’ORECO. En 2020, le stock porté par ORECO représentait 19,73 % du volume d’alcool pur en stock à Cognac (avec 983 640 hl AP). Un pourcentage stable ces dernières années. « L’objectif acté par notre conseil d’administration est d’accompagner la filière à hauteur de 20 % des stocks régionaux. Nous n’avons pas vocation à prendre plus de parts de marché » indique Matthieu Broine. Mais pour rester à ce niveau, ORECO doit continuer à réaliser des investissements plus que conséquents.

Depuis 2008, son site principal de stockage de Merpins est continuellement en chantier, permettant à la PME de doubler sa capacité de stockage en dix ans. Cette croissance va continuer pour suivre le développement de la filière du Cognac, avec un projet de nouveaux chais sur 14 hectares de terrains achetés à côté du site actuel. Au cœur de la Grande Champagne, ORECO prévoit de construire 16 entrepôts pour gagner 800 000 hl de stockage. Actuellement en phase d’étude environnementale, le projet devrait se concrétiser avec la sortie de terre d’un premier chai en septembre 2022. Les nouvelles installations devraient rentrer en exploitation pour les vendanges 2023.

15 à 20 millions €/an

« L’expansion d’ORECO se fait à la hauteur de ce que la filière va croître » note Matthieu Broine, qui évoque une « croissance modérée, raisonnable ». Soutenus par le conseil d’administration d’ORECO, ces projets de développement verront leur achèvement dépendre des flux enregistrés. Si un à deux chais sont construits chaque année sur la prochaine décennie, ce rythme allant du simple au double dépendra des flux constatés en entrée (soit les récoltes), en sortie (les ventes tirées par les marchés) et des stratégies d’entreprise (la part d’apport et les rotations). Si l’enveloppe d’investissement global des 16 futurs chais n’est pas finalisé, ORECO maintient pour les années à venir la perspective d’investir 15 à 20 millions d’euros par an dans ces travaux, de la futaille et du développement informatique. Ce qui équivaut à 50 % de son chiffre d’affaires.

Entre prix accessible et capacité d’investissement, ORECO affiche un prix moyen de service de 25 €/hl vol par an. Ce qui inclut les prestations de stockage (frais fixes), les prestations de logement (selon les prestations de vieillissement demandées), les prestations d’assurances (au prorata du prix des eaux-de-vie) et les frais de mouvements d’entrée et de sortie (manutention).

 

* : ORECO n’accueille plus que de l’AOC Cognac. Ayant par le passé stocké des brandies, pineaux des Charentes ou whiskies, ses chais sont désormais consacrés à 100 % aux eaux-de-vie charentaises. Cette exclusivité est en cohérence avec les investissements actuellement soutenus par la filière Cognac souligne Matthieu Broine.

 

L'inventaire du site de Merpins est réalisé chaque année au mois de septembre. Cela nécessite l'équivalent de 5 000 journées de travail.

89 ans au service du Cognac

Créée en 1932 à l’initiative de la filière, ORECO possédait à l’époque un chai et trois salariés pour 3 000 hl de stock. Depuis son origine, l’entreprise a le statut de magasin général, ce qui lui permet donner un récépissé de warrant des stocks. Cet appui à la valorisation financière des stocks a depuis diminué, ORECO se concentrant sur les besoins rapides en capacité de stockage.

Ses stocks sont constitués à 60 % de cognacs de grandes maisons et à 40 % par des viticulteurs et des négociants de taille moyenne.

 




 

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