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Vieux remèdes
La phytothérapie au chevet de la vigne

Achillée millefeuille, valériane, prêle, pissenlit… La jeune société "Pacte Végétal" a tout un tas de recettes pour soigner la vigne sans phytos ni engrais. Le domaine Leschancel compte sur elle pour limiter la coulure de son grenache.
Par Marion Bazireau Le 27 janvier 2021
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La phytothérapie au chevet de la vigne
La tisane d’achillée millefeuille limite la coulure du grenache. - crédit photo : Pixabay
«

Nous travaillons à l’échelle de la parcelle au moment des vinifications pour révéler chaque micro-terroir. Je voulais apprendre à en faire autant le reste de la saison » pose Barthélémy Gruot, responsable technique du domaine Leschancel conduit en bio à Montmoiron, dans le Vaucluse. Il a fait appel à la jeune société Pacte Végétal, spécialisée dans la phytothérapie appliquée à la vigne.

A sa tête, Justine Vichard lui a d’abord proposé d’arpenter et de cartographier les 12 hectares de la propriété. « Nous sommes passés d’une forêt fraîche et humide à un coteau sec et chaud. J’ai identifié deux terroirs et quatre micro-climats » rapporte-t-elle. 

« Ce tour de plaine m’a permis de mieux comprendre pourquoi certaines parcelles sont très gélives ou pourquoi d’autres souffrent de la sécheresse » assure Barthélémy Gruot. Le responsable technique a aussi apprécié pouvoir mettre un nom sur les plantes qui l'entourent. « L’enherbement spontané du domaine est très varié. Il est composé de trèfle, luzerne, coquelicot, mélilot... Les abords de parcelles sont riches en essences, avec du thym, de l’hélichryse ou encore du romarin » liste Justine Vichard.

La spécialiste a aussi vu du calendula, « signe que le sol se réchauffe vite », des érigerons nains et de la fausse roquette très rase, « indiquant que le sol est drainant et retient peu l’eau et la matière organique ».

Remèdes anti-coulure

Après cet inventaire, le binôme a mis sur pieds un plan d’action pour 2021. Dans un premier temps, Barthélémy Gruot veut tester l’efficacité de la phytothérapie sur deux parcelles de grenache très sensibles à la coulure. « C’est notre principale problématique, à côté des maladies du bois » explique-t-il.

« Nous allons faire en sorte que les sucres ne migrent plus des grappes vers les apex avant la nouaison ». Justine Vichard recommande aussi trois applications foliaires de 10 à 20 g/ha d'achillée millefeuille pour réguler la pousse, et un à deux passages d'extrait de valériane à 5 ml/ha s’il fait froid.

« Barthélémy pourra les appliquer à l’occasion d’un traitement préventif ou curatif classique. La phytothérapie ne va pas bouleverser son itinéraire technique » conclut Justine Vichard.

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Tous les commentaires (1)
BIOVITIS Le 29 janvier 2021 à 16:40:33
Bonjour, Un article vous engage: nous vous rappelons que la Consoude, bien que très intéressante en phytothérapie, ne fait pas partie des plantes autorisées en traitement des cultures actuellement. Le risque est bel et bien de voire la parcelle déclassée et la récolte détruite après un contrôle de la DGAL comme cela a été le cas par le passé en Gironde en 2011 dans l'épisode de "la guerre de l'ortie". Nous rappelons que le terme "tisanes" n'est pas professionnel et qu'aujourd'hui la réglementation impose de parler de "Préparations Naturelles Peu Préoccupantes" ou PNPP qui regroupent les substances de base et les Substances Naturelles à Usage Biostimulant" (SNUB). Si nous voulons faire progresser cette filière prometteuse de protection naturelles des plantes, il faut faire preuve de crédibilité au travers un réel professionnalisme.
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