LE FIL

En 6 mois

+50 % de domaines viticoles certifiés HVE

Lundi 23 novembre 2020 par Alexandre Abellan

'Au-delà de la filière viticole, précurseur en la matière, les filières de l'arboriculture, du maraîchage, de l'horticulture et des grandes cultures ont continué leur engagement dans le dispositif' indique le ministère.
'Au-delà de la filière viticole, précurseur en la matière, les filières de l'arboriculture, du maraîchage, de l'horticulture et des grandes cultures ont continué leur engagement dans le dispositif' indique le ministère. - crédit photo : Création Vitisphere avec Info.gram
Retour en cartographie sur la dynamique de certification Haute Valeur Environnementale dans le vignoble, qui pèse pour 79 % des exploitations labélisées.

Au premier juillet 2020, la Commission Nationale de la Certification Environnementale (CNCE) recense 8 218 exploitations certifiées Haute Valeur Environnementale (HVE). Soit une hausse de 52 % en six mois d’après les derniers chiffres publiés par le ministère de l’Agriculture (voir infographies ci-dessous). Pour la première fois sont estimées les surfaces agricoles certifiées HVE : 366 325 hectares, soit 1,35 % des terres agricoles françaises (la certification bio s’élevant à 8,5 %).

Avec 6 699 domaines certifiés (+47 % en six mois), le vignoble reste le premier promoteur de la certification ministérielle. Bordeaux reste le leader incontesté de la certification, la Gironde réunissant 24 % des exploitations certifiées et des entreprises emblématiques misant sur le 100 % HVE (comme Baron Philippe de Rothschild avec Mouton Cadet). Arrivent ensuite les vignobles de Champagne (654 certifiés en Marne, 262 dans l’Aube…), du Beaujolais (461 dans le Rhône), du Languedoc-Roussillon (457 en Aude, 394 en Hérault, 204 dans le Gard…), de l’Alsace (340 pour le Bas-Rhin et 325 pour le Haut-Rhin), de la Vallée du Rhône (300 dans le Vaucluse…), du Cognac (167 en Charente…), du Val de Loire (164 en Loire-Atlantique…), etc.

Crédit d’impôt

Porté par le vignoble cette certification confirme son ambition d’atteindre 15 000 domaines labélisés en 2020 et d’atteindre 50 000 exploitations en 2030. Pour soutenir cette dynamique, « il y aura la création d’un crédit d’impôt HVE [de 2 500 €] » pour soutenir les certifications et un travail pour « faire mieux connaître cette certification HVE du grand public » indique ce 19 novembre le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, lors d’une dégustation de vins primeurs organisée par InterBeaujolais.

 

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VOS RÉACTIONS
Dominique Le 25 novembre 2020 à 11:21:24
Chers PAP et PG, je suis heureux qu'on puisse avoir une discussion véritablement sur le fond. La HVE est-elle un progrès ? Il faut distinguer. Pour la voie A, il y a des avancées sur certains points et cela peut être un pas vers une vraie prise en compte des problèmes environnementaux. Je ne fais pas de procès d'intention à ceux qui s'y engagent. La seconde voie, la voie comptable est une pure foutaise. Il n'y a qu'à écouter certains responsables viticoles qui vendent la mèche, en déclarant que "HVE ce n'est pas difficile à obtenir". Je crains que le positif de cette évolution ne soit ruiné par cette seconde voie qui n'est que de l'enfumage et sera contre-productive dès que le public sera affranchi sur son contenu. L'édito du rédacteur en chef de la Revue des vins de France sur la HVE devrait donner à tous un signal à ce sujet. Je ne comprend pas M. Denormandie quand il évacue la possibilité d'un niveau 4 de la HVE, qui serait sans CMR et autres joyeusetées. Ca serait la seule façon d'éviter un naufrage complet de cette démarche. Même d'un point de vue purement "marketing", je ne comprend pas l'aveuglement de notre profession, qu'elle attende en permanence d'être rattrapée par les problèmes au lieu de les anticiper. Quant à vouloir tout, tout de suite, je rappelle que pour la deuxième année consécutive, le vignoble californien de Sonoma et Napa a cramé, comme une partie du vignoble australien. Des centaines d'hectares ont été grillés en Languedoc. Tout le monde parle d'irrigation d'un pur point de vue règlementation INAO etc... alors que le vrai problème sera l'eau, surtout que les glaciers qui disparaissent, n'alimenteront plus les cours d'eau en été. On est devant une dégradation qui s'accélère. On est face à une société prise de vertige devant cette dégradation et qui est remuée au plus profond d'elle-même par cette insécurité environnementale. Et le monde du vin continue à jouer sa petite musique en interne. Alors ? On continue dans le business as usual ? Confraternellement et vineusement.
PAP Le 24 novembre 2020 à 22:15:16
Cher Dominique, à aucun moment je n'ai pensé que vous ne compreniez rien à rien. Je suis même rassuré, à la lecture de votre réponse, sur le fait que votre raisonnement soit plus global et pas restreint à une bagarre entre les gentils et les méchants (ce que vos dernières réactions laissaient à penser...) Par contre, vous ne me ferez pas changer d'avis sur le fait que la certification HVE est une démarche de progrès qui doit permettre à la profession d'améliorer son impact environnemental dans son ensemble et qui oblige le vigneron à remettre en cause ses pratiques. Vouloir la décrédibiliser coûte que coûte ne me parait pas productif pour notre filière. Tous les modes de productions ont un impact sur l'environnement, et le bio n'y fait pas exception. Nous aurons certainement l'occasion d'en débattre dans d'autre articles! Confraternellement. Un vigneron professionnel qui à une connaissance de terrain.
pg Le 24 novembre 2020 à 19:59:29
Dominique, vous souhaitez tout, tout de suite . Vos certitudes vous font perdre toute mesure . Si l' on appliquait demain à la lettre vos préceptes , nous irions tout droit à la catastrophe . .Vous allez me rétorquer qu'il y a urgence climatique et sanitaire . Je vous répondrais que vous avez raison . Cependant il est parfois urgent de se hâter lentement pour ne pas administrer un remède qui tuerai la maladie avec le malade. Vous me faites penser à ces grands penseurs des année 60 qui furent aveuglés par leurs idéologie . On a vu le résultat.... J'aime rappeler qu' au Moyen Age , les cotes du Groenland étaient enherbée et que des éleveurs y survivaient. Ceci jusqu' au 18eme siècle . Un refroidissement à obligé les dernières colonies à quitter leurs terres. Il est vrai que le monde agricole compte plus de cancer de la prostate et de parkinson que la moyenne nationale. Mais il est bon de rappeler que pour tout le reste , nous sommes en dessous.... La génération de mon pere n' avait ni gants , ni masques , ni cabines avec filtre à charbon. Les produits étaient soumis à de moindre contraintes. On peu imaginer , sans passer pour un doux rêveur , que ma génération sera en meilleurs santé . Ca ne doit pas exclure de faire mieux. Tout ça pour dire que les oiseaux de malheur n' ont jamais totalement raison . Même si donner l' alerte est indispensable. Quant à HVE3, je suis fier d' en être . C'est au moins la preuve que je fais plus d' efforts que mes voisins. Et j' en ai fait des efforts environnementaux . Plus que des discours !
Dominique Le 24 novembre 2020 à 11:44:37
Cher PAP et PG, si je vous comprend bien, je suis censé ne rien comprendre à rien. En tant que vigneron professionnel, je peux vous dire que j'ai une connaissance de terrain. Donc les arguments d'autorité, assénés contre "les écolos, les bobos, les-urbains-qui-ne-connaissent-rien-à-l'agriculture, etc...", ne valent rien. Le problème de HVE et des résidus, c'est autant un problème du nectar empoisonné pour le consommateur, que l'épandage généralisé de substances toxiques. Cet épandage cause des dégâts multiples. Bien sûr pour les agriculteurs eux-mêmes, pour les salariés mais aussi pour notre environnement en général. J'ai moi-même été surpris de constater le taux de glyphosate dans mes urines alors que je n'en utilise pas. En tant qu'apiculteur amateur, je constate la difficulté croissante à produire du miel, largement due aux pesticides et à la dégradation de notre biotope. Au-delà du vin lui-même, c'est donc la question du monde dans lequel nous et nos enfants vivons, qui est posée. Quand HVE permet d'utiliser des CMR, des SDHI et perturbateurs endocriniens ( voire des néonicotinoïdes grâce à M. Denormandie ) , elle permet de continuer la dégradation générale de notre milieu de vie. L'analyse des pesticides dans une bouteille sert aussi beaucoup à voir ce qui se passe en dehors de la bouteille. Vous parlez de la fertilisation bien gérée. Je constate concrètement que les engrais minéraux type NPK sont autorisés en HVE. Même "bien gérés", leur fabrication est très énergivore et leur dégradation en oxydes d'azote est source d'un grand effet de serre. L'irrigation des vignes est une voie de garage vu la compétition en cours sur l'usage de l'eau. Les AOP devraient plutôt revoir leur cahier des charges. Les densité et hauteur foliaire par exemple, datent du siècle dernier et devraient se mettre à l'heure du chaos climatique. Le cahier des charges bio est loin d'être satisfaisant. Il assure un minimum de moyens. Ce CDC peut et doit être amélioré. Vu le cadre européen, cela ne peut se faire que dans le cadre de labels privés. On ne peut pas faire de l'AOP dans une bulle. Nous cultivons dans le milieu tel qu'on nous le dégrade.
pg Le 24 novembre 2020 à 07:54:00
Dominique , de quelle supercherie parlez vous ? Si ce n' est celle d' affirmer sans connaitre .
PAP Le 23 novembre 2020 à 19:50:51
Dominique, suite à vos récentes prises de position contre HVE, j'ai l'impression que vous ne l'appréhendez que sous l'angle protection phyto... Quid de la bonne gestion de la fertilisation et des indicateurs de biodiversité et parfois même de l'eau pour les vignobles irrigués? A ma connaissance, être en bio ne dispense pas d'être HVE pour assurer au consommateurs le respect de tous les critères environnementaux! Concernant votre référence à Alertes aux toxiques, il est dommage que Mme Murat n'ai pas comparé les résultats d'analyses des échantillons HVE à des échantillons estampillés AB, histoire de prouver ses dires sur le fait que seuls les vins AB sont bons pour la santé... Vouloir opposer coûte que coûte les vignerons selon leur façon de produire est une lutte stérile et fratricide...
Dominique Le 23 novembre 2020 à 11:19:17
Effectivement, comme le dit notre ministre de l'agriculture, il y aura un travail pour « faire mieux connaître cette certification HVE du grand public ». Cela commence dès le 17 décembre prochain au Tribunal de Libourne avec le procès de Alerte aux Toxiques et Valérie Murat. Le CIVB va permettre, en plein dans les ventes de fin d'année, de faire connaître au grand public la supercherie manifeste qu'est la HVE. C'est un peu suicidaire comme démarche, mais il est vrai que le confinement déstabilise beaucoup d'esprits.
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