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Crise du coronavirus

Advini contraint de se serrer la ceinture

Lundi 21 septembre 2020 par Alexandre Abellan

Advini contraint de se serrer la ceinture
Enregistrant une chute de 7 % de son activité sur le premier semestre, le groupe languedocien a réalisé des économies de 3 millions d’euros et souscrit un prêt garanti par l’ État de 20 millions €.

Dans un environnement économique à l’incertitude exacerbée, le groupe AdVini estime enregistrer dans ses derniers résultats semestriels « des résultats honorables dans un contexte inédit ». Avec 121,6 millions d’euros engrangés de janvier à juin 2020, son chiffre d’affaires recule de 6,9 % par rapport au premier semestre 2019 (voir encadré).

Face aux conséquences économiques de la crises sanitaire, le groupe Advini annonce une batterie de mesures : report des échéances fiscales, sociales et de financement (emprunts et crédits-baux suspendus pour six mois), annulation des dividendes aux actionnaires en 2020, l’encaissement de 20 millions € d’un Prêt Garanti par l’Etat (PGE) et la réalisation d’un plan d’économies de 3 millions d’euros sur le premier semestre.

-17 % de dépenses

Représentant une baisse de 17 % des frais généraux, ces économies s’élèvent précisément à 2,9 millions €, dont -800 000 € de marketing/publicité, -800 000 € de voyages et déplacements, -400 000 € de sous-traitance, -300 000 € de consommables, -300 000 € de réception, -200 000 € honoraires, -100 000 € de locations… Ce plan d’économies sera « poursuivi sur le second semestre », sachant que « l’objectif est de pérenniser a minima 50 % de ces économies » annonce Advini.

Encaissant la situation, le groupe affiche cependant un « business model résilient » grâce ses atouts* et à ses orientations : conversion à la bio du château Capet Guiller (Saint-Emilion grand cru), un million de cols vendus en 2020 pour le nouveau rosé languedocien GEM, lancement d’un vin effervescent Pive Sparkling Brut, obtention du label biodynamie Demeter pour négoce le bordelais Jules Lebègue…

"Gestion de la crise"

Préparant son plan 2021-2023, la direction d’Advini se fixe d’abord comme objectifs « la gestion de la crise et des collaborateurs », ainsi qu’un « renforcement du pilotage des coûts et du cash ».

Revendiquant le titre de « leader français des vins de terroir », Advini regroupe 2 075 ha de vignobles en France et Afrique du Sud, avec les sociétés Jeanjean en Languedoc, Cazes en Roussillon, Gassier en Provence, Ogier en Châteauneuf-du-Pape, Champy en Bourgogne, Laroche à Chablis, Rigal à Cahors, Antoine Moueix à Bordeaux, L’Avenir/Le Bonheur en Afrique du Sud…

 

* : Sont cités « la diversification géographique, une gamme très large (produits de service, marques de distributeurs, marques de nos maisons de vins, domaines et châteaux), une distribution sur les cinq continents dans tous les réseaux (sélectifs, grande distribution, cafés, hôtels, restaurants, cavistes, chaînes, e-commerce…), une organisation agile et réactive (équipes engagées et solidaires, un circuit de décision court, une gouvernance efficace…) ».

Replis commerciaux

Faisant état d’« une activité qui résiste dans un contexte de pandémie mondiale », les documents fournis aux actionnaires témoignent d’un « impact covid 19 hétérogène selon les réseaux de vente ». Avec le confinement, les baisses sont fortes dans le réseau des Cafés, Hôtels et Restaurants, notamment et le duty-free (notamment pour les vins de Bourgogne et de Provence), ainsi qu’au grand export (notamment en Asie : -45 % et aux Etats-Unis : -22 %). Au contraire, les positions sont maintenues dans les circuits de grande distribution en France (+1 %) et en Europe (+3 % au Royaume-Uni et +2 % en Europe du Nord). A noter des difficultés supplémentaires pour les vins qu’Advini produit en Afrique du Sud, à cause du rigoureux confinement et des interdictions de vente d’alcool qui y sont pratiquées.

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