LE FIL

Surtaxe américaine

César Giron, nouveau président revendicatif pour les exportateurs français de vins et spiritueux

Jeudi 25 juin 2020 par Alexandre Abellan

Elu trois ans, César Giron mène sa carrière au sein du groupe Pernod Ricard depuis 1987. Il est le « petit-fils du fondateur Paul Ricard et neveu de Patrick Ricard » précise la FEVS.
Elu trois ans, César Giron mène sa carrière au sein du groupe Pernod Ricard depuis 1987. Il est le « petit-fils du fondateur Paul Ricard et neveu de Patrick Ricard » précise la FEVS. - crédit photo : Fondation Martell
Le patron des champagnes et cognacs du groupe Pernod Ricard tape du poing sur la table pour que l’Etat prenne ses responsabilités face aux sanctions américaines.

« A très court terme, nous attendons un mécanisme de compensation en direction des entreprises exportatrices frappées par ces sanctions américaines, auxquelles s’ajoute désormais l’impact extrêmement violent de la crise liée au Covid-19 » lance César Giron dans son premier communiqué en tant que président de la Fédération de Exportateurs de Vins et Spiritueux de France (FEVS). Elu ce 24 juin, à l’issue d’une assemblée générale, le PDG des cognacs Martell et champagnes Mumm Perrier-Jouët (Groupe Pernod Ricard), affiche la même impatience que son prédécesseur, Antoine Leccia, le président du groupe Advini, pour en finir avec la surtaxe américaine de 25 % qui vise la majorité des vins français depuis le 18 octobre 2019 en rétorsion des subventions Airbus. Si Antoine Leccia s’était félicité en février de la promesse présidentielle d’un fonds de compensation d’ici le printemps, « malheureusement, ces paroles sont encore restées sans suite à ce jour » regrette César Giron.

Soulignant que la baisse de 26 % en valeur des exportations de vins français vers le marché américain à la fin mars valide l’estimation d’une perte de 300 millions d’euros de chiffre d’affaires par an, la FEVS demande donc un fonds de compensation équivalent et immédiat. Cette exigence s’appuyant sur un constat amer : le plan d’aide français de 15 milliards d’euros au secteur aéronautique, alors que le plan de crise de la filière vin se compte en centaines de millions d’euros (avec des enjeux pour élargir la distillation de crise, financer une exonération de charges plus conséquente, mettre en place une aide au stockage privé…).

"Différence de traitement"

« Cette différence de traitement est insupportable. Il est plus qu’urgent que l’État tienne ses engagements » martèle César Giron, demandant à court terme un fonds de compensation et par la suite « des solutions aux divers litiges bilatéraux franco-américains où notre secteur est pris en otage ». Pour appuyer ces demandes, la FEVS souligne que par rapport à l’aéronautique, « le secteur vin, c’est deux fois plus d’emplois non délocalisables. Un chiffre d’affaires de l’ordre de 20 milliards €. Un excédent commercial de 9 milliards € en 2019. »

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