LE FIL

Compensation aux surtaxes américaines

La filière vin pose un ultimatum au président de la République

Lundi 17 février 2020 par Alexandre Abellan

« Si Airbus est au cœur du conflit, c’est bien le vin qui est au cœur des sanctions et qui est le premier touché » dénonce la FEVS.
« Si Airbus est au cœur du conflit, c’est bien le vin qui est au cœur des sanctions et qui est le premier touché » dénonce la FEVS. - crédit photo : Advini
Ne recevant pas le soutien gouvernemental attendu face à des sanctions qui lui sont étrangères, la fédération des exportateurs de vins et spiritueux en appelle à une aide rapide d’Emmanuel Macron pour le salon de l'Agriculture.

Ce samedi 22 février, l’inauguration présidentielle du salon de l’Agriculture est attendue avec impatience par la Fédération des Exportateurs de Vins et Spiritueux (FEVS). Alors que l’administration américaine vient de maintenir la surtaxe de 25 % sur les bouteilles de vins tranquilles français en mesure de rétorsion aux subventions européennes à Airbus, la FEVS exige la mise en place rapide d’un fonds de compensation de 300 millions d’euros.

« Sans la mise en place immédiate du fonds de compensation d’urgence que nous demandons depuis quatre mois, nos exportations vont continuer de chuter brutalement, entraînant la perte irrémédiable de nos parts de marchés aux États-Unis » prévient dans un communiqué Antoine Leccia, le président de la FEVS, qui appelle le président de la République, Emmanuel Macron, à s’engager rapidement pour un fonds de compensation. Depuis les premières sanctions, le 18 octobre 2019, « nous ne comprenons pas l’absence de soutien des autorités françaises et européennes » lance Antoine Leccia, estimant qu’« aujourd’hui, aucune mesure concrète de soutien n’a été prise par le Gouvernement qui ne semble pas mesurer la situation dans laquelle est plongé notre secteur ».

Approche gouvernementale

Si l’exécutif français met en avant sa mobilisation auprès des instances européennes (flexibilisation communautaire du Programme National d’Aides dédié au secteur viticole, doublement du fonds national d’actions de promotion à 1,3 million €), il refuse jusque-là d’aider directement sa filière. Le gouvernement privilégie une solution concertée de création d’un fonds de compensation européen (demande portée par la France et l’Espagne depuis le conseil européen des ministres de l’Agriculture du 16 décembre 2019 et à l’étude ce 20 février).

Ces déclarations d’intention ne satisfont pas la FEVS, qui demande « solennellement au Président de la République de débloquer sans attendre 300 millions d’euros sous la forme d’un fonds de compensation d’urgence, afin d’atténuer les effets de ces sanctions commerciales sur l’ensemble de la filière ». Pesant sur la compétitivité nationale, la hausse de 25 % des taxes américaines aurait causé une chute de 18 % des ventes de vins français sur le dernier trimestre 2019, pour une une perte de chiffre d’affaires de 40 millions € pour 4 500 entreprises exportatrices selon la FEVS.

Prévoyant d’interpeller le président de la République lors de sa visite du pavillon des vins, la filière va également lui présenter les propositions établies avec Airbus pour mettre un terme aux sanctions (cliquer ici pour en savoir plus).

 

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