LE FIL

En attendant des actes

[Vidéo] Le ministre dit à la filière vin ce qu’elle a besoin d'entendre

Lundi 10 février 2020 par Alexandre Abellan

« Il faut boire avec modération, mais il faut boire du bon vin français. C’est aussi ça notre tradition, notre culture. C’est comme cela que nous promouvons la viticulture française » lance Didier Guillaume sur le salon Wine Paris.
« Il faut boire avec modération, mais il faut boire du bon vin français. C’est aussi ça notre tradition, notre culture. C’est comme cela que nous promouvons la viticulture française » lance Didier Guillaume sur le salon Wine Paris. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
A l’occasion de l’inauguration des salons Vinexpo/Wine Paris, Didier Guillaume déclare ses intentions de soutien à la commercialisation des vins français sur les marchés export. Des surtaxes américains au développement chinois.

 

« Je voulais, avec ma présence ici en tant que ministre, vous montrer, au nom de tout le gouvernement, notre soutien à toute la filière viticole française » résume Didier Guillaume, le ministre de l’Agriculture, en ouverture du salon Vinexpo/Wine Paris ce 10 février. « Nous sommes le pays de l’excellence viticole, pour courir c’est mieux de ne pas avoir de boulet à chaque pied et pour exporter de ne pas avoir de taxes. C’est ce vers quoi je mène mon action » martèle le sénateur de la Drôme.

Mais plus qu’un plan d’action, c’est un discours d’intention que Didier Guillaume a servi aux responsables du vignoble et du négoce réunis autour de lui à la porte de Versailles. Connaissant ses dossiers, Didier Guillaume reconnaît que pour les exportations de vins « le contexte international est difficile et nous avons des tensions sur les marchés clés (Chine, Hong-Kong, Etats-Unis…) ».

Fonds de compensation européen

Avec la surtaxe de 25 % sur le marché américain dans le conflit Airbus, « nous avons une situation terrible et injuste » reconnaît le ministre. Annonçant un sommet des gouvernements et chefs d’Etat ce 20 février, « il faut absolument que la Commission Européenne accepte de vous donner des aides directes pour compenser les taxes qui vous touchent » annonce Didier Guillaume.

Confiant dans le soutien de la Commission Européenne, le ministre regrette l’absence de « solidarité européenne des états membres ». Si l’Espagne et l’Italie soutiennent les demandes françaises de fonds de compensation, ce n’est pas le cas de l’Allemagne (décidément égratignée lors de cette inauguration, voir encadré). « La solidarité européenne est encore à gagner […] pour essayer de faire bouger les Etats-Unis d’Amérique » souligne le ministre. En matière de taxations américaines, Didier Guillaume rappelle que le projet de taxation des services numériques est retiré un an et pourrait revenir d’ici un an si les négociations n’aboutissent pas (cliquer ici pour en savoir plus).

"Commercer avec la Chine comme d’autres"

Interpelé sur l’absence d’accord de libre-échange entre l’Union Européenne et la Chine, ce qui désavantage les importations de vins français par rapport à la concurrence australienne et chilienne, le ministre rappelle la mise en avant présidentielle de vins français à Shanghai et la reconnaissance mutuelle d’Indications Géographiques. « Nous devons aller plus loin, c’est tout le travail que nous menons sur les IG et sur les taxes et sur le fait que nous soyons capables de commercer avec la Chine comme d’autres le font, c’est l’enjeu que nous avons » ajoute Didier Guillaume.

Mi-figue, mi-raisin

Annonçant une « mobilisation totale » en soutien des emplois et performances économiques du vin français*, le ministre a récolté des hochements de la tête des élus de la filière, mais n’a pas décroché de grands sourires de satisfaction. Les mines restent mi-figue, mi-raisin. Si Didier Guillaume a balayé les sujets d’actualités (y compris le Brexit, les Zones de Non Traitement, le plan de filière…), il n’a réussi qu’un grande présentation orale, quand ce sont des actions fortes qui sont attendues par la filière.

 

* : « Arrêtons de parler de lobbying [du vin]. La filière viticole, ce n’est pas du lobbying. Ce sont des centaines de milliers de salariés, c’est de l’export et de la balance commerciale, c’est de travailler l’excellence de demain » verbalise Didier Guillaume.

 

Union française dans le viseur et concurrence allemande dans le collimateur

« Que de chemin parcouru depuis l’initiative venue du val de Loire il y a quatre ans ! » lance Pierre Clément, le président de Vinovision lors de l’inauguration de Wine Paris, pour qui la filière fait preuve de « maturité en parlant d’une seule voix » pour peser sur les marchés internationaux. « Nous avons mis de côté nos égos pour réaliser une vision, quelque chose de plus grand, de faire une France unie et réunie au niveau viticole » renchérit Fabrice Rieu, le président de Vinisud, pour qui « il n’y a pas de raison que l’essentiel du marché du vins se passe du côté de Düsseldorf ».

Parlant d’une seule voix, les discours d’inauguration ont taclé à répétition le salon concurrent de ProWein. « La concurrence allemande est un peu bizarre. Nous sommes en train de bâtir un vaisseau de guerre pour gagner des parts de marché » estime ainsi Christophe Navarre, le président de Vinexpo, qui se félicite de la construction d’un « schéma guerrier, avec la volonté de gagner. Nous avons en face de nous une concurrence de plus en plus importante. »

Une vision de conquête qui convient parfaitement au ministre Didier Guillaume pour qui « le fait de regrouper les vignobles septentrionaux et méridionaux [permet d’affirmer que] la capitale mondiale des vins n’est pas Düsseldorf, mais Paris. »


 

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
VOS RÉACTIONS
FUGIER Ines Le 10 février 2020 à 20:26:41
Beaucoup de paroles mais pas beaucoup d’action même si ce n’est pas toujours facile. Nous croulons sous les taxes!!!! Avec une concurrence souvent injuste.
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2020 - Tout droit réservé