LE FIL

Gestion de crise

La filière vin demande une aide au stockage privé à 0,04 €/hl

Jeudi 11 juin 2020 par Alexandre Abellan

Le stockage privé est « une mesure simple, rationnelle et efficace » pose Jean-Marie Fabre.
Le stockage privé est « une mesure simple, rationnelle et efficace » pose Jean-Marie Fabre. - crédit photo : Vignerons Indépendants de France
Visant les volumes en surstock, le dispositif proposé par les élus du vignoble doit désormais être finalisé et validé avec l’administration pour rentrer en vigueur ce début juillet.

Actuellement débattue, la demande d’aide au stockage privé doit être soumise au vote du conseil spécialisé vin de FranceAgriMer le 8 juillet prochain pour rentrer en vigueur dans la foulée. Pour arrêter les modalités de ce dispositif de crise, les représentants de la filière vin proposent de premières pistes à la FranceAgriMer et la Direction Générale de la Performance Economique et Environnementale des Entreprises (DGPE du ministère de l’Agriculture).

En l’état, la filière envisage un prix moyen de 4 centimes par hectolitre et par jour, ce qui donne un prix moyen de 10 €/hl et par an pour la mesure qui se déclinerait en contrats de six, neuf et douze mois. Afin que les volumes engagés soient bien liés aux excédents de la crise commerciale du coronavirus, les contrats aidés devraient s’appuyer sur le constat d’un surplus inhabituel sur les dernières Déclarations Récapitulatives Mensuelles (DRM). Bloqués sur des durées et volumes spécifiques, les lots ne dégageront un paiement qu’à la fin du contrat pour compenser le coût du surstock.

Complément à la distillation

« Le stockage privé est un très bel outil qui complète le dispositif distillation en répondant à tous segments et typologies de produits » souligne Jean-Marie Fabre, le président des Vignerons Indépendants de France. Plaidant pour une boîte à outils la plus large possible pour surmonter la crise du coronavirus, le vigneron de Fitou souhaite que tous les producteurs puissent faire appel au stockage privé, même s’ils font appel à la distillation de crise : « il faut avoir la possibilité d’amener à la distillerie ses vins à rotation rapide qui n’ont pas de marché dans l’immédiat (par exemple pour les vins IGP et sans indication géographique sur le fruit) et de stocker des cuvées de garde (par exemple des vins AOP d’élevage) »

"Avance bancaire"

Avec une enveloppe gouvernementale de 15 millions € pour stocker 2 millions hl, la filière vin espère réussir à maintenir la construction pyramidale des prix en rééquilibrant l’offre et la demande. Cette mesure doit également permettre aux entreprises de retrouver de la sérénité financière après des mois sans commercialisation. « Ces contrats de stockage seront réglés en janvier/juillet 2021, mais avoir un engagement de FranceAgriMer peut être une garantie d’entrée de trésorerie qui donne la possibilité de négocier une avance auprès de sa banque » conclut Jean-Marie Fabre.

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