LE FIL

Marché à l'arrêt

Le dynamisme du foncier viticole 2019 semble bien loin à l’heure du covid-19

Jeudi 28 mai 2020 par Alexandre Abellan

« Les SAFER remontent que les affaires en cours sont stoppées. Les gens voient l’avenir avec crainte » rapporte Emmanuel Hyest.
« Les SAFER remontent que les affaires en cours sont stoppées. Les gens voient l’avenir avec crainte » rapporte Emmanuel Hyest. - crédit photo : Visioconférence FNSAFER ce 28 mai
Retour en infographies sur les évolutions du cours des vignes constatées par les SAFER l’an passé, globalement à la hausse hors Bordeaux et Champagne. Sans échapper aux incertitudes actuelles alors que les transactions sont gelées par le coronavirus.

« En 2019, les échanges de vignes sont en hausse marquée, avec 9 200 transactions (+5 % par rapport à 2018) pour 18 300 hectares échangés (+9 %) et 987 millions d’euros (+17 %) » dévoile ce 28 mai, lors d’une visioconférence de presse, Loïc Jégouzo, ingénieur d’études de la Fédération Nationale des Sociétés d'Aménagement Foncier et d'Etablissement Rural (FNSAFER). Le spécialiste nuance immédiatement cette tendance globale, avec l’impact d’importantes transactions ponctuelles, mais surtout des distinctions structurelles locales : « dans chaque bassin viticole ce sont les AOP les plus prestigieuses qui tirent les prix vers le haut (crus de Bourgogne, de Bordeaux, des côtes du Rhône…). Pour la première fois, on note une baisse des prix en Champagne (1,1 million €/ha, 2 %) et en Bordeaux rouge (15 000 €/ha, -9 %). La désaffection des consommateurs en France et à l’export a un impact sur le prix du foncier. »

Si le prix d’un hectare de vignes d’appellation s’est maintenu à 148 100 euros en 2019 (+0,5 % par rapport à 2018), il s’est en réalité bonifié si l’on retranche la Champagne du périmètre : +3 % (à 74 900 €/ha). A part le bassin du Sud-Ouest (-2 %, avec des baisses notables à Cahors et à Madiran), tous les autres vignobles AOP sont en hausse (+8 % en Corse, +4 % en Bourgogne-Beaujolais-Jura-Savoie, +3 % en Vallée du Rhône-Provence, +3 % pour Bordeaux-Aquitaine, +2 % en Alsace, +2 % en Languedoc-Roussillon… voir infographie ci-dessous). A noter l’importante hausse enregistrée par les vignes 1OP spécialisées dans les eaux-de-vie (+6 % à 51 800 €/ha), notamment pour les prix du Cognac qui passe le cap des 50 000 €/ha en moyenne (+4 % pour en Charente à 52 400 €/ha et +8 % en Charente-Maritime à 51 400 €/ha). Hors AOP, les cours augmentent de +1,4 % (à 14 400 €/ha), témoignant d’une forte dynamique en Languedoc, et notamment des bonnes performances des vignobles de rosés souligne Loïc Jégouzo.

"Affaires stoppées"

Alors que la FNSAFER travaille sur des scénarios d’adaptations à la crise du coronavirus, « les SAFER remontent que les affaires en cours sont stoppées. Les gens voient l’avenir avec crainte » rapporte Emmanuel Hyest, le président des SAFER. Prudent, Loïc Jégouzo précise que « la crise du covid-19 arrive sur un terrain qui s’assombrissait déjà (relèvement des droits de douanes américains, incertitudes sur les négociations commerciales post-Brexit…). Pour les SAFER viticoles, il faudra attendre les vendanges pour voir comment les prix vont évoluer. Il est trop tôt pour spéculer, même si l’on peut supposer qu’il y aura des faillites. »

 

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2020 - Tout droit réservé