LE FIL

Entre identité et fatalité

Vinexpo Bordeaux se pose en "salon à taille humaine"

Jeudi 18 avril 2019 par Alexandre Abellan

« Vinexpo sera plus petit que dans ses années fastes, se trouvant aujourd’hui dans un environnement concurrentiel fort » pose Rodolphe Lameyse. « Vinexpo va bien. Nous envisageons sereinement nos développements » renchérit Pascal Faugère, ce 18 avril à l’hôtel du Palais Gallien.« Vinexpo sera plus petit que dans ses années fastes, se trouvant aujourd’hui dans un environnement concurrentiel fort » pose Rodolphe Lameyse. « Vinexpo va bien. Nous envisageons sereinement nos développements » renchérit Pascal Faugère, ce 18 avril à l’hôtel du Palais Gallien. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Qu’on la juge subie ou choisie, le repositionnement stratégique affirmé par le salon bordelais doit lui permettre peser dans un écosystème mondial des salons professionnels du vin.

C’est une compression, mais pas une dépression pour sa vingtième édition. Sans hall 3 ni pont flottant sur le lac du parc des expositions, le prochain salon Vinexpo Bordeaux (13-16 mai prochains) assume le repli de son évènement professionnel : 1 600 exposants sont annoncés en 2019, soit -30 % par rapport à la dernière édition 2017 et -20 % par rapport aux objectifs annoncés en septembre 2019. « Cette contraction de Bordeaux est normale et naturelle. Nous sommes devenus un salon challenger en Europe » estime Rodolphe Lameyse, le nouveau directeur de Vinexpo, lors d’une conférence de presse ce 18 avril, à moins d’un mois du salon. Affirmant un souhait de reconquête face à une concurrence exacerbée (notamment les salons ProWein et Wine Paris) Vinexpo se repositionne désormais sur sa force historique : le relationnel.

Orientation business

« Nous réinventons Vinexpo à taille humaine. Nos clients demandent du temps et de la qualité de contact. Nous ne donnons pas dans une course au gigantisme » assure Pascal Faugère, le directeur de la Chambre du Commerce et de l’Industrie de Bordeaux (CCI 33, l’actionnaire majoritaire du salon*). Face aux critiques naissantes sur un salon ProWein victime de son succès, Vinexpo se pose en service alternatif, tout aussi business que le salon de Düsseldorf, mais moins porté sur l’image que ne l’était le salon bordelais par le passé. « Vinexpo est repositionné, il est plus ramassé et permet de favoriser l’accueil des visiteurs et le contact avec les exposants » renchérit Laurent Maupilé, conseiller spécial auprès de la CCI 33. Venant à la rescousse, la mairie de Bordeaux annonce faciliter les transports en commun durant le salon, tandis que la région Nouvelle-Aquitaine participe au premier symposium de Vinexpo (qui s’insère dans un programme riche, intégrant notamment des évènements jusque-là offs).

"Vinexpo va bien"

Qu’on la juge subie ou choisie, cette nouvelle stratégie ne témoigne pas de difficultés, martèle Pascal Faugère, qui affiche l’ambition « d’internationaliser encore plus l’offre de Vinexpo ». Déployant actuellement, cinq salons dans le monde (Hong Kong, New York, Shanghai, Paris et l’évènement nomade Explorer*), le salon laisse ouvert le champ des possibles et caresse l'idée de créer des joint-ventures à l’étranger (grâce à une nouvelle organisation juridique, chaque salon ayant sa propre société). Au passage, « levons les doutes : Bordeaux et Vinexpo vont rester ensemble dans les années qui viennent » lance Rodolphe Lameyse. À noter cependant que la tenue du prochain salon Vinexpo Tokyo reste suspendue, face à la complexité de l’évènementiel japonais.

Se fixant l’objectif de consolider le leadership historique de Vinexpo en Asie, Rodolphe Lameyse compte redévelopper l’Europe : « nous étions leader, nous sommes devenus challengers. Mais nous ne sommes pas dans les cordes. J’entends des doutes sur la position de Vinexpo sur la carte mondiale des salons, mais on ne se rend pas compte de la force de la marque. Et de son capital sympathie. »

 

* : Le salon Vinexpo appartenant à 96,5 % à la CCI 33 depuis le rachat des parts de la Sopexa en 2016.

Quel est le bon indicateur de la réussite d’un salon ?

Lors de la conférence de presse, un débat est né sur le sujet de l’indicateur permettant de chiffrer la santé de Vinexpo. Les surfaces d’exposition ? « Elle diminue à Bordeaux, mais on en gère plus dans le monde » appuie Pascal Faugère, soulignant l’effet de dilution et de démultiplication de l’offre actuelle des salons. Le visitorat ? « C’est le miroir aux alouettes. Il suffit d’ouvrir les portes pour avoir du monde. Mais ne vous inquiétez pas, le visitorat n’est pas un sujet de préoccupation » évacue Rodolphe Lameyse, qui fait état de pré-inscriptions actuellement en ligne avec celles de 2017, pour un filtre qualitatif toujours aussi strict. « Le ratio entre exposants et visiteurs sera important » esquisse Mathieu Vanhalst, le directeur commercial de Vinexpo. Les taux satisfaction et de réinscription seront également à suivre, témoignant de la confiance des exposants dans la formule bordelaise.
 

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