LE FIL

À Bordeaux et Paris

Vinexpo plein pot sur le premium

Mardi 18 septembre 2018 par Alexandre Abellan
Article mis à jour le 21/09/2018 10:32:31

Ambiance confiante pour les bonnes fées se pressant autour du berceau de Vinexpo 2019 : Alain Juppé, Patrick Seguin, Christophe Navarre et Alain Rousset ce 18 septembre lors d’une conférence de presse matinale à Bordeaux.Ambiance confiante pour les bonnes fées se pressant autour du berceau de Vinexpo 2019 : Alain Juppé, Patrick Seguin, Christophe Navarre et Alain Rousset ce 18 septembre lors d’une conférence de presse matinale à Bordeaux. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Martelant la pérennité de ses implantations girondines et parisiennes, le salon affiche son ambition de se distinguer de la concurrence avec un positionnement haut de gamme innovant.

« On le répète et on enfonce le clou : Vinexpo Bordeaux est la pierre angulaire du groupe Vinexpo. On va se développer et rester » pose Patrick Seguin, le président de la Chambre du Commerce et de l’Industrie de Bordeaux et du directoire de Vinexpo. Qui balaie les rumeurs d’arrêt du salon à Bordeaux en annonçant un engagement pluriannuel de Vinexpo jusqu’en 2023 avec Congrès et Exposition Bordeaux (qui gère le parc des expositions bordelais).

Les rumeurs d’annulation de la première édition du salon Vinexpo Paris sont également écartées d’entrée : la commercialisation des 7 500 mètres carrés de stand à la porte de Versailles est ouverte (pour l’évènement du 13 au 15 janvier 2020). Se voulant complémentaire et non concurrent de l’évènement bordelais (du 13 au 16 mai 2019), le positionnement de Vinexpo Paris se distingue avec « une dominante de spiritueux, voire plus généralement du monde du bar » explique Matthieu Vanhalst, le directeur commercial de Vinexpo.

Scuds à la concurrence

Alors que le nombre de salons professionnels ne cesse de se multiplier, Vinexpo muscle ses ambitions autant que son discours pour sortir du lot concurrentiel. Multipliant les Scuds, Patrick Seguin explique ainsi l’échec des négociations avec Comexposium (réunissant les salons Vinisud et Vinovision en une Paris Wine Week) : « on ne prétend pas être dans la même cour qu’eux, on prétend proposer un salon premium et pas une galerie marchande réunissant des salons régionaux. On ne s’est pas compris. »

S’il n’existera pas de Vinifrance, réunissant à Paris tous les salons nationaux, cela ne laissera pas le champ libre au salon de Düsseldorf*, le premier évènement mondial pour la filière des vins et spiritueux. « On ne se considère pas en confrontation frontale avec Prowein. Nous n’avons pas la même proposition, nous allons volontairement sur le périmètre du premium et du média permanent » tacle Patrick Seguin. « Ancré à Bordeaux, qui est synonyme de vin, Vinexpo a une petite longueur d’avance sur la concurrence en termes de notoriété » ajoute Christophe Navarre, le président du conseil de surveillance de Vinexpo.

"Bordeaux s’offre à Vinexpo"

Pour concrétiser ces paroles offensives, Vinexpo mise sur le soutien des instances locales, que sont la métropole de Bordeaux et la région Nouvelle-Aquitaine. Se plaçant dans la lignée des conclusions du récent rapport de la Cour des Comptes, le salon deviendrait désormais un outil résolument collectif. « Je souhaite que Vinexpo fasse savoir que nous sommes la région d’Europe qui s’engage le plus sur [la sortie des pesticides] » affirme ainsi Alain Rousset, le président du conseil régional de la Nouvelle Aquitaine, qui annonce que ses services vont subventionner les stands des petits opérateurs (vignerons, caves coopératives…). « Vinexpo c’est Bordeaux et Bordeaux c’est Vinexpo » renchérit Alain Juppé, le maire de Bordeaux et président de Bordeaux Métropole, qui annonce au détour d’une formule dont il a le secret son soutien à l’édition 2019 avec un pavoisement inédit de la ville aux couleurs de Vinexpo. « Bordeaux s’offre à Vinexpo, en tout bien, tout honneur » glisse le maire.

Grand public et grands dîners

Dans le détail, Vinexpo annonce asseoir sa stratégie de montée en gamme sur des moyens humains renforcés (même si le poste de directeur de Vinexpo reste vacant, voir encadré) et une batterie de nouveautés pour le salon Bordeaux mai 2019. Pêle-mêle, sont annoncés de nouveaux outils d’assistance des visiteurs et exposants, avec des services en ligne d’hébergement et de transport. La veille de l’ouverture du salon professionnel, le 12 mai, un nouvel évènement grand public : une dégustation au palais de la Bourse d’une centaine d’exposants la veille de l’ouverture du salon professionnel, le dimanche 12 mai. Le palais de la Bourse sera également mis à contribution pour des « dîners en ville », permettant aux exposants de prendre des tables pour des repas d’affaires.

Un élément marquant pour Vinexpo 2019 sera l’appropriation du nouveau hall 2 du parc des expositions de Bordeaux (qui représente un investissement de 60 millions d’euros pour les pouvoirs publics). Ce bâtiment flambant neuf accueillera le premier symposium Vinexpo le 14 mai, qui traitera des impacts du changement climatique et compte marquer les esprits avec un plateau d’influenceurs. « L’important c’est d’enclencher la nouvelle mécanique, ensuite la dynamique fera boule de neige » conclut Christophe Navarre.

 

* : Alors que Vinexpo organise ce 18 septembre ses conférences de presse à Bordeaux le matin et Paris l’après-midi, ProWein envoie un communiqué pour annoncer ses dates 2020 (du 15 au 17 mars à Messe Düsseldorf). Le leader de l’évènementiel vinicole ne manquant pas l’occasion de s’inviter dans l’actualité des salons dès que Vinexpo fait parler de lui.

Direction par intérim

Ne mâchant pas ses mots quand il s’agit de la concurrence, Patrick Seguin est moins disert quand il s’agit des ressources humaines de Vinexpo. Après le départ de Guillaume Deglise en juin dernier, la direction générale des salons Vinexpo est restée vacante. Occupé en intérim par le directeur de la CCI*, Pascal Faugère, le poste de directeur n’a pas été pourvu en trois mois. Et cela ne semble pas être une priorité, comme veut l'afficher avec décontraction Patrick Seguin : « on se donne du temps pour trouver chaussure à notre pied. Ce n’est pas grave, la maison Vinexpo est bien tenue en attendant. »

 

* : Vinexpo appartenant à 96,5 % à la CCI depuis le rachat des parts de la Sopexa en 2016.
 

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