LE FIL

Salon parisien

Vinovision consolidé, en attendant 2019 et Vinisud pour confirmer

Mercredi 14 février 2018 par Alexandre Abellan
Article mis à jour le 16/02/2018 15:39:52

Encore peu connue, l’ouverture de Vinovision aux exposants étrangers n’a été mise à profit que par Henri Bourgeois (pour son domaine en Nouvelle-Zélande) et par Boisset (pour ses vignobles californiens).Encore peu connue, l’ouverture de Vinovision aux exposants étrangers n’a été mise à profit que par Henri Bourgeois (pour son domaine en Nouvelle-Zélande) et par Boisset (pour ses vignobles californiens). - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Si la taille et l’affluence du deuxième salon des vins septentrionaux témoignent d’un évènement en phase de lancement, une étape est franchie avec l’adhésion croissante des exposants. Pour peu que la multiplication des salons ne les lassent pas.

« Il y en a peu, mais de qualité » peut-on entendre sur les stands du deuxième salon Vinovision, qui s’est déroulé du lundi 12 au mercredi 14 février au parc des expositions de Paris. Si le flux de visiteurs a été en dents de scie, les exposants se montrent globalement satisfaits par les contacts récoltés en trois jours. Le sérieux des visiteurs compensant leur faible nombre.
Positionné au moment opportun pour les négociations commerciales de la nouvelle année, Vinovision a autant attiré un public francophone de cavistes, distributeurs et sommeliers, que des importateurs et opérateurs export.

Développant une bannière, des vins septentrionaux, le salon parisien affiche sa satisfaction d’avoir diversifié le portefeuille de ses 350 exposants. Le nombre stands venus de Loire a nettement diminué (passant des deux-tiers des stands ligériens en 2017 à la moitié des exposants en 2018), tandis que des opérateurs du Beaujolais, de Bourgogne et de Champagne se sont davantage laissés tenter. Seule anicroche, la présence bien timide de l’Alsace, avec seulement une poignée d’exposants et pas de structure collective

"Résistance à la nouveauté"

« L’Alsace est très présente dans l’association des vins septentrionaux, mais n’a pas souhaité animer un pavillon cette année… Ce sera probablement le cas l’année prochaine » espère Valérie Lobry, la directrice de la division alimentaire de Comexposium. Pour l’organisatrice, il ne s’agit que d’une prudence à lever. « En Alsace, il y a peut-être plus de résistance à la nouveauté, et le souhait d’avoir les preuves de l’efficacité avant d’essayer » explique Damien Sohler (domaine Frey-Sohler à Scherwiller).

Satisfait de sa participation à la première édition de Vinovision (ayant notamment noué des contacts au Népal), le vigneron alsacien a souhaité participer à la deuxième édition, mais avoue être désemparé face à la perspective de l’édition 2019. Qui se fera de concert avec Vinisud, le salon des vins méditerranéens, qui quittera pour l’occasion Montpellier. « L’arrivée de Vinisud constitue une grande interrogation… Il ne faut pas se leurrer, aujourd’hui Vinovision n’est pas comparable à Vinexpo ou Prowein » s’inquiète-t-il.

Moment décisif

Promoteur du salon Vinovision, le négociant Jean-Martin Dutour (et président d’Interloire), voit au contraire dans ce rapprochement l’occasion rêvée de donner une stature incontournable et une dimension internationale à Vinovision. Le lancement d’une « wine week » à Paris en 2019* « est l’occasion de créer un grand salon des vins à Paris, réunissant les régions de France et du monde. L’objectif, c’est de pouvoir concurrencer Prowein » affirme Valérie Lobry, qui a le salon allemand dans le collimateur et tend la main à la filière bordelaise (qui soutient indéfectiblement Vinexpo). « Aujourd’hui, les salons donnant une plate-forme à la consommation fonctionnent plus que ceux dans les régions de production » souligne-t-elle.

Avec le leader Prowein, l’historique Vinexpo et le challenger Vinovision/Vinisud, « on voit émerger trois pôles dans la guerre des salons. Ils nous sollicitent beaucoup, et ce ne sera pas soutenable pendant des années » prévient Vincent Guionet, le directeur marketing de la maison Albert Bichot (Beaune). Également présent en 2018 sur les salons Vinisud, Prowein, Vinexpo Hong Kong et New-York, le négociant est bien placé pour estimer que « la vraie problématique est économique. On va être obligés d’opérer des choix… Espérons que le tri se fera rapidement pour que l’on retrouve de la lisibilité. »

"Il faut cibler"

« Si seulement les salons français pouvaient s’entendre pour construire un seul et gros évènement… » espère à voix haute Thierry Bougit, le délégué commercial Europe des domaines Henri Bourgeois (Pouilly-Fumé et Sancerre). Laissant parfois perplexe, la profusion des salons correspond aussi à la diversité des stratégies de marchés de chacun. « Les salons permettent de rythmer l’année commerciale. Ensuite, il faut essayer de cibler par rapport aux objectifs » souligne Florence Guillon, la directrice marketing d’Alliance Loire. Participant à Prowein, la London Wine Fair et Vinexpo Hong Kong, elle estime que ces rendez-vous offrent « l’occasion de faire le point avec les clients en dehors des révisions de tarification. À Vinovision, le contexte est propice à l’échange et à la dégustation. Ce salon a une taille humaine, qui permet de prendre son temps. »

Finalement, le vœu des opérateurs concernant l’offre des salons pourrait être dans les échos entendus dans les allées de Vinovision : « peu, et de qualité »

* : Les salons Vinovision et Vinisud se tiendront à Paris du 10 au 12 février 2019. Avec un World Wine Meetings Global Paris pour les précéder, du 6 au 9 février.

 

Absent criant de Vinovision, le Conseil Interprofessionnel du Vin d’Alsace était présent en au stand de libre dégustation et avec deux masterclasses.

Mise à jour du 16 février : 5 500 visiteurs annoncés

En trois jours, le salon a accueilli 5 500 visiteurs selon les organisateurs (soit +66 % par rapport aux 3 300 vitisteurs de l'édition 2017). Le communiqué précise que 80 % des visiteurs étaient français. Il ajoute que les 350 exposants venaient à 45 % du Val de Loire, à 20 % de Champagne, à 15 % de Bourgogne, à 15 % du Beaujolais et 3 % d’Alsace.

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