LE FIL

Guillaume Deglise

« C’est toujours mieux de partir à la fin d’un salon »

Jeudi 31 mai 2018 par Alexandre Abellan
Article mis à jour le 06/06/2018 09:49:41

« Je ne donnerai aucun conseil au prochain directeur, si ce n’est d’écouter l’équipe en place » pointe Guillaume Deglise, ce 30 mai à Hong Kong.
« Je ne donnerai aucun conseil au prochain directeur, si ce n’est d’écouter l’équipe en place » pointe Guillaume Deglise, ce 30 mai à Hong Kong. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Ayant marqué le renouveau de Vinexpo, le directeur général du salon bordelais dresse le bilan d’un quinquennat riche en innovations. Depuis Hong Kong, il défend ses actions sans s’étendre outre mesure sur son départ et l’avenir.

Il y a cinq ans, votre mission était de donner un nouvel élan à Vinexpo. Quel est votre bilan ?

Guillaume Deglise : Quand j’ai repris la direction de l'entreprise, il y avait du challenge. Il me semble que l’entreprise se porte mieux, il y a encore beaucoup de travail, mais elle est plus compétitive et a gagné en aura. En communiquant davantage les études réalisées avec l’IWSR auprès des médias et de ses clients, Vinexpo est devenu une voix qui compte dans l’industrie. C’est une marque qui compte, j’ai tenu mon engagement.

À l’avenir, le média salon va être de plus en plus tendu. Quand on regarde les salons en Europe, on voit que c’est de plus en plus dur, qu’il y a de moins en moins de visiteurs.

 

Pourtant le salon Prowein de Düsseldorf ne cesse de tomber des records de visiteurs…

Le défi pour une marque [de salon], c’est de trouver de nouvelles idées. L’enjeu est de se renouveler, pour ne pas être répétitif. Organiser un salon consiste à autre chose que de mettre des stands dans une salle d’exposition. C’est un vrai évènement qu’il faut créer.

 

Depuis votre premier salon, à Bordeaux en 2014, vous avez justement multiplié les initiatives, avec des évènements à New York (en 2018) et Tokyo (en 2014), un évènement nomade (Vinexpo Explorer en 2017), une offre bio (World of Organic Wine en 2017)… Quels sont leurs avenirs ?

Les salons de New York et Tokyo ne reproduisent pas le modèle de Bordeaux et Hong Kong, qui sont de portées mondiales et régionales. Nous proposons à nos clients de les amener sur les marchés qui comptent avec notre savoir-faire, une sélection de visiteurs et des services. New York est un salon qui devient annuel (la prochaine édition aura lieu les 4 et 5 mars 2019). Il n’y a pas encore de date pour la prochaine édition à Tokyo [NDLR : l’édition 2018 ayant été reportée].

Explorer montre que Vinexpo sait faire autre chose que des salons. Et j’espère que la marque World of Organic Wine va s’installer. C’était un pari de faire venir des bios à Hong Kong, avec 62 exposants, nous l’avons gagné.

 

Vous avez également secoué le modèle français de Vinexpo en lançant un salon parisien (annoncé pour janvier 2020). Entendez-vous les critiques des exposants envers cette multiplication des évènements ? Est-il question d’un rapprochement avec Comexposium (salons Vinisud et Vinovision, réunis à Paris en 2019) ?

Vinexpo a beaucoup d’avenir à Paris, c’est une excellente idée de devenir le premier salon du calendrier et d’investir un parc des expositions de Versailles tout neuf. C’est une bonne chose pour Paris et la France d’avoir une marque reconnue comme Vinexpo qui s’installe dans la capitale. On espère continuer à fédérer toutes les régions viticoles, qui demandent une zone neutre pour exposer. Nous devons essayer de convaincre les professionnels que Vinexpo est la marque à suivre.

 

Vous avez fait changer les dates du salon Bordeaux (avancé en mai 2019). Et ce malgré des réticences bordelaises vis-à-vis de la semaine des primeurs (se tenant début avril chaque année)...

J’ai défendu ce projet, qui va dans la bonne direction. C’est un compromis pour satisfaire tout le monde. On ne peut pas prétendre qu’en juin il ne fait pas chaud à Bordeaux et que ce n’est pas le meilleur mois pour le business. Vinexpo est un salon international, il faut satisfaire tous nos clients et pas que Bordeaux.

 

Vinexpo étant une émanation de la Chambre du Commerce et de l’Industrie de Bordeaux, vous avez été la cible de reproches jugeant que vous n’étiez pas suffisamment au service de la filière bordelaise. Ces critiques ont-elles joué sur votre départ ?

Je vous laisse en parler avec ceux qui les émettent, je n’ai pas à m’exprimer sur le sujet.

 

Quels sont les échos sur le recrutement de votre successeur, à cette date inconnu ?

Je ne mène pas ce recrutement, je ne ferai pas de commentaires.

 

Votre départ peut sembler précipité, alors que le nouveau directeur général n’est pas nommé…

C’est toujours mieux de partir à la fin d’un salon. Surtout de cette qualité.
 

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