LE FIL

Douche froide

Le Languedoc connaît une vendange 2017 historiquement basse

Vendredi 18 août 2017 par Marion Sepeau Ivaldi

Le Languedoc est sévèrement touché par une baisse de production de vin ce millésime 2017.
Le Languedoc est sévèrement touché par une baisse de production de vin ce millésime 2017. - crédit photo : ryanovineyards
Alors que les vendangeuses tournent à plein régime dans les vignes du Languedoc-Roussillon, les premières estimations de récoltes tombent. Le volume attendu est très bas.

11.08 millions d’hl : c’est la dernière estimation du volume de la vendange 2017 en Languedoc-Roussillon réalisée par Coop de France LR à fin juillet. Dans l’Aude, l’Hérault et le Gard, les volumes sont en retrait de 20 à 30 % tandis qu’ils sont en hausse en Roussillon (+ 130 000 hl). Département qui souffre le plus, l’Hérault perd 800 000 d’hl de vendange par rapport à la moyenne quinquennale. L’Aude est en recul de 600 000 hl et le Gard passe sous la barre des 3 millions d’hl.

Peu de grappes par pied

Alors que les vendanges ont commencé depuis une dizaine de jours, c’est donc la douche froide. Si une baisse était attendue, elle n’était pas de cette ampleur. Le volume est historiquement faible. La région languedocienne a souffert à la fois du gel, mais aussi du stress hydrique, de la coulure et… d’une petite sortie de grappes. « Il y a peu de grappes par pieds » constatent unanimement de nombreux coopérateurs. Dans certains secteurs, le poids des grappes rouges est faible, avec peu de jus.

Et certains estiment que les prévisions de Coop de France LR sont optimistes. « Je pense que l’on sera plutôt autour des 10.5 millions d’hl » indique Guilhem Vigroux, président de la FDSEA de l’Hérault. Une analyse partagée par Jérôme Despey, président du Comité vin de FranceAgriMer et coopérateur héraultais. Les Jeunes Agriculteurs (JA) du Gard annoncent, dans leur département, une baisse de 30 à 50 % sur le chardonnay et de 30 % sur le viognier. En revanche, la récolte serait normale en sauvignon, toujours d’après les JA. « Le chardonnay semble avoir moins supporté la sécheresse que le sauvignon » indique Delphine Fernandez, secrétaire générale du syndicat. Reste que ces prévisions sont suspendues à la météo : des orages et de la pluie annoncés pour le 24 août pourrait atténuer la baisse des rendements en jus (si ces évènements ne sont pas trop violents…).

Un sujet de rentrée

Alors qu’il doit annoncer les chiffres officiels de récolte le 25 août prochain, Jérôme Despey explique qu’il a sollicité une rencontre avec le ministre à la rentrée et a déjà fait part de son inquiétude auprès du cabinet. De cette rencontre ministérielle, il attend une réponse sur l’exonération de la TFNB et des charges sociales, sollicitées par responsables professionnels, pour les exploitations touchées par le gel. Il demande également à ce que la viticulture puisse bénéficier d’un plan de refinancement qui a été mis en place par les éleveurs. « Au-delà de l’aspect financier, je souhaite que nous travaillions avec le ministre sur les éléments de marchés, notamment les relations avec la distribution. Pour cela, les États généraux de l'alimentation tombent à point nommé. Il est également nécessaire de traiter de la contractualisation avec des accords interprofessionnels de contractualisation soient passés. Et cela pour toutes les catégories de vin ». Un avis partagé par Guilhem Vigroux qui insiste : « la contractualisation est impérative pour qu’il y ait un climat serein en Languedoc-Roussillon ».

Montera ou se maintiendra ?

Comment vont s’orienter les prix des vins ? C’est la grande question. Les metteurs en marché, conscients de la baisse de disponibilité, commenceraient à prendre contact avec les caves avec un message : l’alignement des prix sur ceux de la précédente campagne. Mais certains auraient concéder une légère hausse de quelques euros. Pour Jérôme Despey, « il n’y a aucune raison pour que les prix n’augmentent pas. Les 3 à 5 euros/il qui ont été perdus l’an dernier, devraient être récupérés », fondant sa prévision sur la faiblesse historique de la disponibilité nationale et celle européenne. « Par ailleurs, les importations sont en recul cette année, se maintenant sous la barre de 7 millions hl » ajoute Jérôme Despey. Enfin, la qualité de la vendange pourrait également jouer sur la fixation du prix. De nombreux producteurs faisant écho d’une qualité exceptionnelle et d’un millésime qui pourrait marquer l’histoire des vins du Languedoc.

Problèmes d’approvisionnements ?

Cette faiblesse de la vendange française et européenne peut questionner sur les disponibilités. Dans le cas précis du Languedoc, il n’y aurait pas de problème de disponibilités, vu la commercialisation plutôt languissante de la précédente campagne. Les stocks sont à la hausse (l'estimation devrait être précisée le 25 août). De quoi conduire Jérôme Despey à marteler : « que l’on ne vienne pas me dire qu’il y a des problèmes de disponibilité ».

 

 

 

Estimations de récolte 2017 au 31 juillet

Département

Estimation Coop de France LR (en million d’hl)

Estimation Agreste (juillet, en million d’hl)

Récolte 2016 (en million d’hl)

Moyenne quinquennale (en million d’hl)

Aude

3.1

3.2

3.59

3.7

Gard

2.9

3.2

3.47

3.37

Hérault

4.2

4.4

4.63

5.08

Pyrénées-Orientales

0.8

0.8

0.67

0.77

Bassin Languedoc-Roussillon

11

11.6

12.362

12.92

Source : Coop de France LR

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