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Cognac

Le bassin viticole demande 800 hectares de nouvelles plantations

Jeudi 03 novembre 2016 par Alexandre Abellan

N’ayant pas détaillé par segment viticole ses besoins, le conseil de bassin charentais acte les performances à l'export des cognacs. Et le besoin d'anticiper ses besoins en eaux-de-vie.N’ayant pas détaillé par segment viticole ses besoins, le conseil de bassin charentais acte les performances à l'export des cognacs. Et le besoin d'anticiper ses besoins en eaux-de-vie. - crédit photo : SCA Jallet-Didier
La Fédération des interprofessions charentaises décide de tripler son contingent, ouvert sans distinction à ses quatre productions : eaux-de-vie et pineau, vins IGP et vins sans IG.

Réunie cette fin octobre, la Fédération des Interprofessions du Bassin Viticole Charentes Cognac a arrêté pour l’année 2017 un contingent de 800 hectares de nouvelles autorisations de plantation, soit une hausse de 320 % par rapport aux 250 ha arrêtés l’année passée (pour plantation l’an prochain). Calculé à partir des besoins estimés par les vignobles de Cognac, Pineau des Charentes, Vin de Pays Charentais, et autres débouchés, ce contingent est ouvert à tout le bassin, sans distinction entre les segments*.

L’importante croissance des autorisations nouvelles mises à disposition se base notamment sur les performances des cognacs sur le grand export (+5 % en volume et + 10 % en valeur sur la campagne 2015-2016). Cette forte hausse du contingent répond également aux nombreuses demandes qui n’avaient pas pu être honorées l’an passé : avec 2 700 ha demandés par 1 600 opérateurs.

Transferts entravés

Cette décision collégiale de croissance significative témoigne également d’un apaisement dans le vignoble charentais, après les vives tensions nées des transferts d’autorisations de plantation depuis d’autres vignobles. L’Union Générale des Viticulteurs de Cognac (UGVC) refusait de statuer sur un contingent tant que le négoce ne sanctionnait pas les viticulteurs contournant l’encadrement collectif du potentiel de production.

Le négoce s’étant engagé cet été à ne pas acheter d’eaux-de-vie issues des vignes transférées, la production a infléchi sa position, annonçant lors de sa réunion de vendanges de septembre son soutien à une croissance « significative ». Mais pour l’UGVC le dossier des transferts n’est pas encore clos, des poursuites judiciaires contre les viticulteurs y ayant eu recours étant envisagées (se basant sur l’interprétation de textes européens).

Calendrier et priorité

La demande de contingent d’autorisations nouvelles du bassin viticole doit désormais être validée fin 2016 par le conseil spécialisé vin de FranceAgriMer. Les viticulteurs pourront poser leurs candidatures du premier mars au 31 avril 2017. Les autorisations de plantation seront attribuées en août 2017, pour des plantations sur la campagne 2018. Comme d’autres bassins, le vignoble charentais souhaite que le critère de priorité aux nouveaux entrants soit retiré, pour privilégier un système de pro-rata. « Et pour que la répartition soit plus équitable, nous demandons un plafonnement des demandes » ajoute Alexandre Imbert, le directeur de l’UGVC. Le conseil spécialisé de FranceAgriMer sera sollicité sur ces questions avant février 2017.

 

* : S’il n’y avait pas de fléchage l’an passé, les besoins estimés avaient été détaillés par segment. Avec 35 ha en Cognac, 5 ha en Pineau des Charentes, 85 ha en Vin de Pays Charentais, et 125 ha pour les Moûts et Vins des Charentes.

 

Différencier les vignes de Cognac de celles en VSIG

A noter que le bassin viticole poursuit toujours sa réflexion de segmentation du vignoble charentais. En pratique, il s’agit de résoudre le statut de vignoble sans indication géographique de Cognac, qui empêche sa séparation étanche des vins sans IG. La réintroduction du statut européen de vin apte à la distillation destinée à produire une eau-de-vie sous Indication Géographique est actuellement préférée au classement en AOP du vignoble de Cognac. Avec le soutien du ministère de l’Agriculture, l’objectif de l’UGVC est d’intégrer cette évolution dans l’OCM vin pour la fin 2017, via un texte omnibus de la Commission Européenne.

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