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10 000 ha de vignes à arracher à 6 000 €/ha : le vignoble appelle le négoce à partager la facture de Cognac
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10 000 ha de vignes à arracher à 6 000 €/ha : le vignoble appelle le négoce à partager la facture de Cognac

La viticulture charentaise ne veut pas régler seule l’addition des primes à l’arrachage pilotées l’interprofession : l’Union Générale des Viticulteurs pour l'AOC Cognac appelle le négoce à tenir le projet travaillé conjointement de cofinancement à 50/50. Les négociants rappellent leurs achats maintenus et l’accord sur un rendement supérieur aux besoins commerciaux.
Par Alexandre Abellan Le 22 janvier 2026
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10 000 ha de vignes à arracher à 6 000 €/ha : le vignoble appelle le négoce à partager la facture de Cognac
Avec le négoce, 'il reste à travailler la totalité des dispositifs d'adaptation du Cognac à côté de la case d'arrachage national' indique Anthony Brun. - crédit photo : © UGVC - CK-Mariot Photography
V

alidée par l’interprofession, mais pas cofinancée par le négoce comme souhaité par le vignoble : la surprime de 6 000 €/ha pour les surfaces de cépages AOC Cognac éligibles au plan national d’arrachage de FranceAgriMer à 4 000 €/ha vient d’être adoptée ce mercredi 21 janvier par le comité permanent du Bureau National Interprofessionnel du Cognac (BNIC), mais son financement se fera sur la seule contribution du vignoble (via la Cotisation Volontaire Obligatoire, CVO). Ce qui n’était pas le cadre convenu entre le négoce et la production dans le groupe de travail du BNIC, ayant acté le « principe d’un financement conjoint viticulture/négoce à hauteur de 50/50 » rapporte ce 22 janvier un communiqué de l’Union Générale des Viticulteurs pour l'AOC Cognac (UGVC), regrettant qu’« à l’heure des décisions concrètes, la viticulture se retrouve contrainte d’agir seule », car les représentants du négoce ont déclaré au BNIC « ne pas être en mesure, à ce stade, de s’engager financièrement ».

Concernant la surprime à l’arrachage national et son financement par la viticulture, « la décision de filière est actée pour la campagne en cours » explique à Vitisphere le Syndicat des Maisons de Cognac (SMC), pointant que « cela étant, les travaux de l’interprofession se poursuivent afin de prolonger la réflexion et d’examiner, pour la suite, des dispositifs cohérents, soutenables et articulés avec le cadre public d’accompagnement. » Tout en précisant bien que « la question d’un éventuel cofinancement ne s’inscrit pas dans le périmètre de la campagne actuelle », la décision du comité permanent ce 21 janvier étant définitive en la matière.

Urgence

Au sein du BNIC, « on travaille la boîte à outils* depuis des semaines, elle aurait dû être validée hier. La position était unanime en groupe de travail, mais le négoce n’a pas pu la valider » note Anthony Brun, le président de l’UGVC, qui explique que « dans l’urgence de la situation » (l’ouverture au plus tard le 6 février de la téléprocédure nationale FranceAgriMer pour les candidatures à l’arrachage), la viticulture « a pris ses responsabilités » en s’engageant sur un financement sur ses CVO. Auprès du négoce, on entend qu’il était demandé un délai pour s’accorder début février sur le cofinancement, ce qui était trop tardif pour le vignoble voulant de la visibilité dès maintenant. « La viticulture a, de son côté, souhaité avancer rapidement, en finançant seule un dispositif d’arrachage » indique un communiqué du SMC, notant que « les maisons comprennent cette urgence, tout en rappelant les contraintes économiques majeures auxquelles elles font face ». Dans un cadre géopolitique particulièrement incertain et chahuté. Les stocks de cognacs s'élèvent désormais à 11 années de production dans la région, le négoce en portant financièrement 80 % pour 350 millions d’euros par an rapporte le SMC.

10 000 ha à arracher

L’UGVC demande désormais aux négociants de répondre présents pour qu’il y ait un cofinancement à parts égales des futurs arrachages, avec un engagement en ce sens pris lors du prochain comité permanent du BNIC (prévu le 4 février). Sur les bases d’aides à 6 000 €/ha, « les discussions doivent continuer pour permettre de déployer l’intégralité des mesures pour accompagner les exploitations viticoles et le négoce » plaide Anthony Brun, ajoutant qu’à l’UGVC « on ne se satisfait pas de n’avoir franchi qu’une partie de l’étape d’hier. D’autres outils nécessitent des investissements plus importants, nous ne pourrons pas être seuls à les financer, nous en avons bien conscience. » Le sujet de l’arrachage temporaire primé étant aussi à l’étude à Cognac, ainsi que l’arrachage des vignes qui ne sont pas éligibles au dispositif FranceAgriMer (imposant une déclaration de récolte sur les trois dernières années, ce que certains propriétaires fonciers n’ont pas, des baux ayant été dénoncés depuis plus longtemps). En 2026 et 2027, le BNIC estime qu’il faudrait arracher 10 000 ha de vignes de manières temporaires et définitives. « Un plan de neutralisation de cette ampleur ne peut reposer sur les seules épaules des viticulteurs » indique le communiqué de l’UGVC. Sachant que le financement européen du fonds de gestion de crise restant demandé par Cognac, en compensation des taxes chinoises prises en mesures de rétorsion par Pékin en réponse aux taxes de Bruxelles sur les voitures électriques.

-15 % d'expéditions

Validé en groupe de travail cet hiver, le plan de gestion de crise de Cognac doit être appliqué à l’avenir selon les termes prévus milite Anthony Brun, pointant que le dispositif s’équilibre entre mesures d’arrachage, de cofinancement et rendement. Ce dernier ayant été maintenu à 7,65 hectolitres d’alcool pur par hectare, comme en 2025. Et ce « alors même que les besoins économiques immédiats [du négoce] sont inférieurs, afin de préserver la continuité économique des exploitations viticoles » indique un communiqué du SMC, pointant que « les expéditions de Cognac ont reculé d’environ 15 % en volume et 25 % en valeur en 2025, et que les niveaux de stocks atteignent des niveaux historiquement élevés ». Les négociants répétant à cette occasion « leur engagement économique constant aux côtés de la viticulture et leur attachement à un dialogue direct et constructif, avec une priorité inchangée : préserver la valeur du Cognac et la capacité collective à traverser cette période de transition ».

 

* : Un autre dispositif travaillé par le BNIC est le Volume Complémentaire Cognac individuel (VCCI), qui permet depuis 2025 l’augmentation des rendements individuels en contrepartie de l'arrachage volontaire de surface de vignes

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Tous les commentaires (4)
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Florent Morillon Le 01 février 2026 à 10:07:17
Cher Monsieur, Merci de votre analyse, que je partage en très grande partie. Les négociants et viticulteurs charentais ont énormément investi pendant une décennie de très forte croissance. La période post covid, entre baisse de consommation, géopolitique (Chine, USA,..), ont engendré une baisse d'expéditions de 15% en volume en 2025. Sur les 3 dernières années, on a perdu, 15 années de croissance. Effectivement, sous l'impulsion du négoce, le bassin s'est agrandi avec, je tiens à le rappeler, un vote à l'unanimité de la viticulture et du négoce à chaque contingent. Les deux familles ont bénéficié de l'embellie, aussi, dans le contexte actuel, chacune doit prendre sa part dans la crise. Et c'est ce qui se passe, notamment avec la dernière décision du comité permanent du BNIC de janvier, avec le vote du rendement 2026, à l'unanimité. En acceptant de voter un rendement bien au-delà des besoins, pour préserver au maximum la viabilité des exploitations viticoles, le négoce a accepté de supporter et financer des stocks supplémentaires extrêmement coûteux. En contrepartie, et sur proposition des représentants de la viticulture, la surprime régionale de la première tranche d'arrachage définitif (6000 euros, en complément des 4000 euros du dispositif national), sera financé par la viticulture (coût par ha : 15 euros environ pendant 10 ans).
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pg Le 28 janvier 2026 à 08:21:36
Mr Morillon, je partage votre avis. Les viticulteurs qui savaient avant tout le monde mais qui ont plantés comme tout le monde, sont légion... Par contre , il serait juste que le négoce contribue à rééquilibrer le vignoble dont vous avez appelé de vos vœux, l' expansion. La viticulture a fait de gros efforts de mises aux normes , de modernisation et de plantations. Parce qu'à la clé , le négoce a fait des promesses basées , il est vrai , sur un développement des ventes constant depuis 20 ans... Les arbres de montent jamais au ciel. On se doutait bien qu'il y aurait un coup d' arrêt , un jour ou l' autre.... Nous aurions aimé profiter un peu plus de nos investissements et de notre labeur... Aujourd'hui , il faut faire face. Il serait navrant que le négoce ne contribue pas à ce qu'il a incité à mettre en place... Souvenez-vous des nombreux appels téléphoniques que vous avez passés à tous les viticulteurs pour vous assurer les nouveaux ha de vignes. Vous les vouliez ardemment ces ha ! ? Toutes ces conjonctions géopolitiques néfastes au commerce , sont la raison numéro 1 de la catastrophe que nous vivons. Mais , une soif de rentabilité par une augmentation importante du prix de vente des bouteilles , semble avoir engendré un désintérêt du cognac au profit de d' autres alcools moins chers.... Bien sur , ce facteur limitant des ventes passe après tous ceux déjà évoqués. Mais , rajouté à la forte ( très forte ) incitation à planter , il doit rappeler au négoce la nécessité de contribuer financièrement à rectifier momentanément ce qu'il a coconstruit. La rentabilité d'une entreprise passe avant la philanthropie. Il en est de même sur nos exploitations. Tout est question d' échelle....
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Florent Morillon Le 23 janvier 2026 à 18:23:04
Cher AntonH, Merci pour votre leçon à la filière cognac et aux filières viticoles françaises. Mais comme vous semblez être un visionnaire, vous saviez vous qu'on aurait : - une enquête antidumping chinoise ? - des taxes aux US ? - une baisse de consommation qui touche tous les spiritueux et toutes les filières viticoles dans le monde ? - la guerre en Ukraine ? Alors nous expliquer que c'était prévisible, je pense qu'il faut s'abstenir de ce genre de commentaire. Florent Morillon Président du BNIC
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AntonH Le 22 janvier 2026 à 22:48:37
C'est très malheureux mais c'était également prévisible. Le projet d'augmentation du potentiel viticole de +10 000 ha par le BNIC (essentiellement poussé par les grosses maisons) entre 2021 et 2023 était un pari extrêmement risqué. Beaucoup l'avaient vu venir. Cognac est une filière fragile du fait de sa répartition de distribution portée quasi exclusivement vers les US et la Chine. Le loby a poussé pour avoir +3000ha/an, ils doivent maintenant les arracher alors que tout n'a pas encore été planté (ndlr les autorisations de plantations nouvelles prolongées). Un peu de vision long terme ferait du bien à l'ensemble de la filière viticole française qui souffre des décisions à réaction.
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