lan d'arrachage paramétré. Ce mercredi 14 janvier, le conseil spécialisé vin de FranceAgriMer arrête les modalités de l'appel à manifestation d'intérêt pour l'arrachage définitif, dispositif doté de 130 millions d'euros et devant ouvrir d'ici le 6 février pour un mois de téléprocédure. « Si l'on peut ouvrir la plateforme avant, on le fera » indique Jérôme Despey, le président du conseil spécialisé vin de FranceAgriMer, qui obtient la concrétisation du plan de réduction du potentiel viticole avant le salon de l'Agriculture, comme demandé par la FNSEA (dont il est le premier vice-président). Pour que les vignerons intéressés par l'arrachage puissent savoir si leurs parcelles peuvent bien bénéficier d'une aide de 4 000 ?/ha, la filière vin et le ministère de l'Agriculture ont décidé de ne pas attendre les dernières validations nécessaires. Cet appel à manifestation va se lancer en avance de phase, comme dicté par l'impatience du terrain (et son calendrier, le nouveau millésime demandant de tailler l'hiver, traiter au printemps?). « Il faut aller vite maintenant » annonce Jérôme Despey, appelant les vignerons intéressés à anticiper l'appel à manifestation d'intérêt en mettant dès maintenant à jour leur Casier Viticole Informatisé (CVI) et en obtenant, s'ils n'en ont pas déjà, d'un numéro Vitirestructuration (pour le portail FranceAgriMer).
En l'état, l'issue de cette future téléprocédure pour l'arrachage reste conditionnée à l'adoption du projet de loi de finances pour 2026 (le budget abondant les 130 millions ? annoncés, sans plus aucune ambigüité) et l'entrée en vigueur du règlement européen réautorisant l'arrachage (le paquet vin, pour lequel les votes du Conseil et du Parlement européens étant prévus en février). Sans attendre ces validations, les vignerons candidats à l'arrachage pourront déposer leurs demandes sur la téléprocédure lancée prochainement par FranceAgriMer. Distinguant l'arrachage définitif total de l'arrachage partiel, « le dispositif est assez simple » rapporte Jérôme Despey, expliquant que pour « les arracheurs totaux, qui veulent tout arracher, ils sont totalement prioritaires. Sans aucune condition si ce n'est d'être viticulteurs, avec un numéro de Siret, un CVI et au moins une déclaration de récolte sur les trois dernières années. » Quant aux « arracheurs partiels, les critères d'éligibilité de leurs parcelles sont d'avoir plus de 10 ans (soit une plantation depuis au moins 10 ans) et de ne pas être de chardonnay (ce n'est pas un critère de priorité, mais d'éligibilité et donc d'exclusion) » précise le président du conseil spécialisé vin de FranceAgriMer.
Pas d'exclusion des cépages blancs
Si au départ l'idée avait commencé à germer d'interdire les cépages blancs de la campagne d'arrachage 2026, l'Association Générale de la Production Viticole (AGPV) a opté pour une exclusion aux seuls parcelles de chardonnay. Le fruit d'intenses compromis entre bassins viticoles. Et de la grande déception de Cognac. Demandant son propre dispositif d'arrachage européen en compensation de l'enquête antidumping chinoise (40 millions ? pour 3 500 hectares à plus de 10 000 ?/ha), la filière de l'eau-de-vie charentaise doit se résoudre à envisager un recours au plan national d'arrachage faute de pouvoir concrétiser l'ouverture de la Commission européenne par une demande officielle de la France.
Mais il s'est révélé impossible de limiter la possibilité d'arracher des cépages blancs au principal cépage de Cognac, l'ugni blanc, des bassins viticoles étant intéressés pour leurs propres cas, malgré le manque apparent de vins blancs dans les caves. « En tant que président du conseil spécialisé, je dois veiller à emmener tous les bassins de production » explique Jérôme Despey, expliquant ne pas avoir voulu rentrer dans le débat d'une liste négative de cépages, alors que les discussions ont abouti sur une unanimité évidente : « entre la Champagne, la Bourgogne et le Languedoc, le chardonnay est actuellement dans une situation de marché et de volumes où il n'y a pas de remontée d'arrachage. Sur d'autres cépages, il y avait des demandes. »
20 % d'arrachage total
Avec une prime de 4 000 ?/ha, l'enveloppe des 130 millions permettrait d'arracher 32 500 hectares. Sachant que fin 2025 un sondage de FranceAgriMer recensait 1 700 viticulteurs pouvant être intéressés par l'arrachage sur 34 400 ha* (11 800 ha en Languedoc-Roussillon, 8 400 ha en Nouvelle-Aquitaine, 5 700 ha en Vallée du Rhône-Provence, 4 000 ha dans le Sud-Ouest? et seulement 963 ha pour Cognac). En cas de dépassement de l'enveloppe, l'arrachage total sera prioritaire pour l'accès au financement, les arracheurs partiels se verront appliquer et proposer un taux de réfection proportionnel aux surfaces candidates (avec la possibilité de refuser si la réduction est jugée trop forte par le candidat). La priorité donnée à chaque vigneron souhaitant arracher l'intégralité de son domaine s'apparente à un plan social, qu'il s'agisse des viticulteurs en fin de carrière et sans reprise ou des exploitants n'ayant plus d'autre issue. Cet arrachage total était demandé par 20 % des sondés de FranceAgriMer, témoignant d'une volonté de la filière de se restructurer pour continuer sur des bases rentables commercialement pour rebondir économiquement.
Les parcelles arrachées perdront toute autorisation de replantation et les vignerons bénéficiaires ne pourront pas redemander d'autorisation de plantation sur les dix années suivantes (ce qui était déjà la règle de la campagne d'arrachage 2024).
* : En 2024, un sondage similaire avait mobilisé 5 125 répondants pour des demandes de 15 400 ha d'arrachage définitif et 6 800 ha d'arrachage temporaire (un dispositif toujours demandé par la filière, mais pas débloqué réglementairement) : au final, le plan d'arrachage était dimensionné pour 30 000 ha d'arrachage définitif à 4 000 ?/ha, avec une dotation de 120 millions d'euros de fonds nationaux (liés à la guerre en Ukraine), les demandes d'arrachage s'élevaient à 27 500 ha pour 25 500 ha qui ont été arraché sur l'année 2025



