ntre crise viticole, manifestations agricoles et tensions syndicales, « nous ne laisserons pas la viticulture paysanne être sacrifiée » pose dans un communiqué la Confédération Paysanne, qui ne veut pas laisser « encore des milliers de viticulteurs et viticultrices, coopérateurs et coopératrices ou indépendants et indépendantes en bio et conventionnel abandonner le métier au profit de quelques agro-industriels et grands négociants qui ubérisent l’agriculture paysanne ». Alors que le conseil spécialisé vin de FranceAgriMer doit acter ce mercredi 14 janvier les modalités d’ouverture du guichet d’aide à l’arrachage définitif pour 2026 (130 millions € pour une prime de 4 000 €/ha), le syndicat agricole critique dans un communiqué « un mirage plus qu’illusoire : 32 500 ha arrachées avec une aide à 4 000 €/ha et l’offre va enfin pouvoir se réconcilier avec la demande. Circuler y’a rien à voir ! » Alors que les paramètres doivent être finalisés ce jour, la priorité annoncée des aides pour l’arrachage total des vignerons souhaitant quitter le métier n’est pas du goût du syndicat agricole. « De nombreux viticulteurs et viticultrices risquent de ne pas candidater sans être assurés d’obtenir une aide suffisante, favorisant l’arrachage total » indique la Conf’, estimant que « cette priorisation risque d’accélérer la concentration foncière et l’accaparement des marchés par une poignée d’acteurs de la filière ».
Le syndicat agricole défend une autre approche des primes, dont le montant diminuerait avec les surfaces candidates à l’arrachage définitif. « Afin de garantir une plus grande équité et une meilleure efficacité des dispositifs, nous demandons que les aides à l’arrachage soient dégressives, avec un soutien renforcé pour les premières surfaces concernées puis un niveau d’aide réduit sur les hectares supplémentaires » indique la Confédération Paysanne, ajoutant que « nous demandons que ce plan soit orienté vers les régions où les viticulteurs sont le plus en difficulté et qu'il soit combiné à d'autres aides pouvant accompagner une sortie du métier, une reconversion culturale ou encore consolider des exploitations viables et volontaires ».
Critiquant « l’absence de stratégie nationale de long terme (volumes, débouchés, adaptation climatique) et des réponses tardives, essentiellement curatives (distillation, arrachage), avec la libéralisation des échanges ont accentué la vulnérabilité des producteurs et productrices », le syndicat agricole accuse « les dirigeants de la FNSEA, qui sont les premiers responsables : l’assouplissement des nouvelles autorisations de plantation a favorisé des plantations déconnectées de la demande, créant des déséquilibres structurels d’offre ».
Pour la Conf’, il faut doter la filière vin d’un « plan stratégique de long terme pour rassurer la profession » avec notamment « l’arrêt des autorisations de plantations nouvelles et l’arrêt des aides à la restructuration du vignoble pour les exploitations ou regroupement d’exploitations (exemple LVMH) qui dépassent le seuil du contrôle des structures », ainsi que « des prix minimum garantis et une régulation des importations (prix minimum d’entrée aux importations) adaptés aux différentes appellations et vins », ainsi que « des aides spécialement adaptées aux caves coopératives qui risquent de subir un arrachage massif, pour éviter les cessations d’activité liées au coût de fonctionnement devenu prohibitif »…



