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⚠️ Risque de débourrement précoce de la vigne et de dégâts de gel au printemps 2023 ⚠️
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Attention !
⚠️ Risque de débourrement précoce de la vigne et de dégâts de gel au printemps 2023 ⚠️

Les vignes commenceront à débourrer dès février si le froid ne revient pas dans le Sud. Les vignerons doivent se préparer à lutter contre le gel. La douceur et l’humidité de l’hiver pourraient par ailleurs favoriser le développement des maladies.
Par Marion Bazireau Le 05 janvier 2023
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⚠️ Risque de débourrement précoce de la vigne et de dégâts de gel au printemps 2023 ⚠️
Sans froid pour remettre les compteurs à zéro, les experts entrevoient un débourrement sur les premiers cépages vers la mi-février. - crédit photo : DR
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e la douceur... à la douleur de l'hiver ? « L’anticyclone des Açores laisse passer les flux du Sud. Les températures de décembre sont de 2°C supérieures à la moyenne » indique Emmanuel Buisson, expert météo chez Weenat. « Les anomalies vont perdurer au moins jusqu'à mi-janvier. Cela fera près d'un mois que les végétaux sont soumis à un faux-printemps » renchérit l’agroclimatologue Serge Zaka (ITK).

Conséquence de cette météo exceptionnelle, la vigne pourrait débourrer avec beaucoup d’avance à Bordeaux, dans le Sud-Ouest, les Pyrénées-Atlantiques et Orientales, et tout le bassin méditerranéen.

Le début d’hiver froid a en effet levé l’endodormance dans de nombreux vignobles. A l'Institut Agro Montpellier, le professeur en viticulture Alain Deloire a fait le calcul dans l’Hérault. « La station météorologique de l’Institut Agro de Montpellier indique 11 jours à 8°C ou moins depuis le 1er novembre. La vigne est donc entrée en écodormance ».

D'après la bibliographie, il faut ensuite environ 10 jours à plus de 10°C pour qu’elle amorce son débourrement. « En fonction des modèles, on parle de 9°C pour le merlot et 12° pour le cabernet sauvignon » illustre Loic Debiolles, chargé d'affaires en viticulture chez ITK. Avec le changement climatique, Alain Deloire place ce curseur à 15°C, avec des températures équivalentes dans le sol pour permettre aux racines de pomper de l’eau.

Tout va se jouer en février

« Quoiqu’il en soit, pour l’instant les jours sont courts, et un 17°C en janvier n’a pas les mêmes conséquences sur la croissance qu’en avril. La vigne sait qu’elle est en hiver. On verra certainement quelques photos de pleurs sur les réseaux sociaux ces prochains jour, mais elle ne va pas débourrer et fleurir en janvier » estime Serge Zaka.

Pour les agroclimatologues, c’est en février que tout va se jouer. « Le mois était initialement prévu froid et sec, mais les tendances sont de moins en moins nettes » regrette Emmanuel Buisson.

Les viticulteurs ne se montrent pas trop inquiets. « A Bordeaux, la saison de taille est bien lancée. Il va faire doux encore quelques jours puis le temps devrait se rafraîchir » témoigne Joël Ortiz, directeur de l’antenne Sud Gironde de la Chambre d’agriculture.

Espérons-le, car, « sans froid pour remettre les compteurs à zéro », les experts pensent que le débourrement pourrait démarrer sur les premiers cépages vers la mi-février, d’abord dans le secteur de Perpignan. Et les prévisions saisonnières annoncent un mois d’avril anticyclonique, synonyme de gelées blanches.

La sécheresse n’est pas terminée

En plus des dégâts de gel, Alain Deloire s’inquiète du manque de pluie. « Si les sols n’affichent pas une réserve utilise d’au moins 50 %, le débourrement ne sera pas homogène et les rameaux primaires moins fertiles » prévient-il. Selon lui, l’irrigation est déjà essentielle dans certains secteurs.

« Dans les Pyrénées-Orientales et l’Aude, la sécheresse de l’été n’est pas terminée. Si cela n’évolue pas, la vigne pourrait sauter une saison de recharge et se retrouver dans une situation de fort stress hydrique dès le printemps » abonde Serge Zaka. Le reste du Languedoc a été plus arrosé. Et des pluies sont désormais prévues sur une bonne partie de la France en février. « Comme il n’a pas assez gelé pour tuer l’inoculum des champignons, il va falloir être vigilant à l’émergence des maladies dès le début de saison ».

 

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Tous les commentaires (4)
EL MRIBTI Le 06 janvier 2023 à 10:21:07
Que du bien si Dieu le veut bien
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alfred Le 05 janvier 2023 à 16:00:59
Arrêtons d être toujours pessimiste et de se plaindre avant d'avoir mal !! Souhaitons d'abord une très bonne année 2023 et nous verrons ce que Dame Nature nous réserve .
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rico del prado Le 05 janvier 2023 à 09:13:19
Effectivement quel pessimisme ambiant, on se croirait sur BFM aux plus grandes heures de la pandémie covid. Tant que vous y êtes un petit article sur les risques d'orage de grêle, la sécheresse, la canicule de l'été 2023 et tant qu'on y est la grosse pression mildiou qui va décimer le millésime 2023. Sinon Bonne année à tous et gardez le moral...
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Régley serge Le 05 janvier 2023 à 06:28:49
Nous ne sommes pas à la fin de l?hiver, en tout cas pas en Champagne. Un des risques classiques est que du grand froid arrive brutalement sur des vignes turgescentes de sève et occasionne du gel d?hiver de bourgeons. Qui peut dire qu?il ne descendra pas du nord de l?air polaire en février? L?hiver est doux jusque là , certes. Le sera-t-il en totalité. En 1956, un froid polaire est arrivé le 1 février et a duré jusqu?au 28 février. Il a fait des gros dégâts sur les bourgeons qui n?étaient pas dans la neige? Toutefois, le risque reste hypothétique, et pour le moment les vignes ont toute leur potentialité. Il sera assez temps de s?alarmer si une tournure inquiétante prenait effectivement forme?
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