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Export en montagne russe pour les Beaujolais Nouveaux 2022
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Valse des marchés
Export en montagne russe pour les Beaujolais Nouveaux 2022

La SAQ et le LCBO au Canada refusent d’accepter l’augmentation du prix des Beaujolais Nouveaux et ne référenceront pas le plus célèbre des vins primeurs français cette année. Ailleurs, c’est le système des vases communicants et les tensions géopolitiques qui s’opèrent explique l'opérateur Georges Duboeuf.
Par Sharon Nagel Le 17 novembre 2022
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Export en montagne russe pour les Beaujolais Nouveaux 2022
Le prix du Beaujolais Nouveau au Japon devrait augmenter d’au moins 40% cette année à cause des coûts du transport, des matières sèches et des prix du vrac, ainsi que la faiblesse du yen - crédit photo : Georges Duboeuf/Suntory
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drien Dubœuf Lacombe, directeur général délégué des vins Georges Dubœuf, est au Japon pour le lancement des Beaujolais Nouveaux ce jeudi 17 novembre. « Au Japon, c’est une année un peu particulière mais on est heureux de pouvoir présenter cet excellent millésime 2022, qui vient après un millésime 2021 très dur en termes de qualité et de quantité », explique-t-il, se félicitant d’un engouement toujours palpable pour le Beaujolais Nouveau au Pays du Soleil Levant. « Le lancement reste une fête très célébrée. Malgré la hausse des prix, il y a toujours un grand intérêt de la part du public ».

De nombreuses augmentations de prix

Si l’esprit de fête est toujours de mise, les augmentations tarifaires auront indéniablement sapé les volumes. « Forcément, plus le prix augmente, moins on vend en volume. Les volumes ont donc été impactés, il ne faut pas le négliger ». En cause, les prix du vrac et des coûts logistiques en hausse. « Il y a eu de nombreuses augmentations de prix au niveau du transport, mais également de la part des producteurs, ce qui fait que les Beaujolais Nouveaux aujourd’hui sont à des niveaux tarifaires un peu trop élevés pour le consommateur », reconnaît Adrien Dubœuf Lacombe, qui tempère : « Nous sommes plutôt enclins à ce que les vignerons gagnent suffisamment bien leur vie, puisque nous sommes un négociant exclusivement du Beaujolais et nous avons besoin de nos vignerons pour continuer à exister. D’autres négociants plutôt nationaux n’ont pas forcément ce même besoin vital ».

Les monopoles canadiens déréférencent les Beaujolais

Cet argument, les monopoles canadiens ne l’entendent pas de cette oreille. « Malheureusement les différents monopoles canadiens n’ont pas souhaité importer des Beaujolais Nouveaux cette année. C’est dommage. Cela ne représentait pas des volumes colossaux mais c’est surtout une tradition qui ne pourra plus être fêtée. C’est bien dommage pour les habitants qui n’auront pas le choix de décider si le prix est trop cher pour eux ou pas ». Les vins nouveaux ne sont pas les seuls concernés : « Certains Beaujolais de garde ont été déréférencés aussi cette année par les monopoles parce qu’ils ne veulent pas du tout comprendre la dynamique qui existe actuellement en Beaujolais par rapport à la hausse des prix du vrac ». Reste à savoir s’ils reviendront sur leur décision ultérieurement comme cela a pu être le cas en Finlande : « L’année dernière, le monopole finlandais avait fait un appel d’offre tellement bas que personne n’avait répondu. Il s’en est trouvé par conséquent un peu embarrassé et il n’a pas eu de Beaujolais Nouveau. Cette année il a réévalué sa position tarifaire à des niveaux un peu plus normaux ».

Des vases communicants

Ailleurs, ce sont plutôt des facteurs géopolitiques qui jouent. A commencer par la Russie, où la maison Georges Dubœuf accepte de continuer à travailler avec un importateur plutôt défavorable à la guerre. « De mémoire, nous avons vendu deux camions de Beaujolais Nouveau à la Russie et on était ravi de voir dans l’ensemble que le marché était toujours actif et dynamique et qu’il y avait une frange de la population qui avait toujours à cœur de célébrer cette fête ». Contre toute attente, des Beaujolais Nouveaux ont été expédiés également en Ukraine cette année : « On a été très content de voir qu’ils étaient toujours là ». Le sentiment est plutôt positif aux Etats-Unis aussi, où le taux de change a favorisé les achats : « Notre importateur américain a payé ses Beaujolais Nouveaux moins chers que d’habitude », se réjouit le négociant, qui souligne également un bon redémarrage, inattendu, du marché français.

« La France a montré de bons signaux qui se sont concrétisés par des volumes intéressants en fonction des canaux de distribution ». Enfin, si les approvisionnements en matières sèches ont donné du fil à retordre à la maison Georges Dubœuf, comme à d’autres, des vendanges en avance d’un mois ont permis d’être bien plus serein que d’habitude sur le timing. « Pour les matières sèches, on a été en flux tendu et pour le Japon, où il y a des bouteilles blanches spécifiques, on a été en rupture de stock. On a dû lever un peu notre influence pour obtenir les quelques dizaines de milliers de bouteilles qui nous manquaient en centre de production, mais on a réussi à honorer toutes nos commandes ». Et de relativiser les baisses des ventes sur certains marchés : « Quand on fait 80 % de son chiffre d’affaires à l’export comme nous, dans 120 pays du monde, il y a forcément des pays où ça monte et d’autres où ça baisse, parce qu’il y a des facteurs qu’on ne maîtrise pas. Mais globalement, la campagne est plutôt bonne ».   

 

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Tous les commentaires (1)
AV Le 17 novembre 2022 à 12:24:51
merci pour l'article, mais sauf erreur, doit on parler d'une généralité quand il n'y a qu'un entreprise d'interviewée (Georges Dub?uf) ? avez vous contacté des petits vignerons ou autres opérateurs?
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