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Inquiétude vigneronne : comment valoriser le bon millésime 2022 ?
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Aude
Inquiétude vigneronne : comment valoriser le bon millésime 2022 ?

La fédération audoise des Vignerons indépendants relève des signaux de ralentissement des marchés, alors que les difficultés sur matières premières s'épaississent. Le bon millésime 2022 permet néanmoins un peu de positivisme
Par Olivier Bazalge Le 09 novembre 2022
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Inquiétude vigneronne : comment valoriser le bon millésime 2022 ?
Alexandre They (au centre), entouré de Roland Coustal, son secrétaire général (à g.) et son vice-président Olivier Verdale (à dr.) - crédit photo : O. Bazalge
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ême si la satisfaction du volume et de la qualité du millésime 2022 égaye un peu les mines des dirigeants de la fédération audoise des Vignerons indépendants (VI 11), les craintes et incertitudes liées à la conjoncture économique prennent rapidement le pas sur les autres considérations. « Pour l’instant, nous n’avons que l’odeur de la crise économique et de l’inflation, lorsque nous allons avoir le goût, cela va faire très mal à beaucoup d’entre nous », image Alexandre They, président des VI 11, lors d'une conférence de presse ce 8 novembre.

Sur les 13,2 millions hl (Mhl) annoncés pour ce millésime cette année dans le bassin ex-Languedoc-Roussillon, l’Aude va en assurer quasiment 4 Mhl, selon les premiers éléments de déclarations de récolte, « en progression de 15 % par rapport à la moyenne quinquennale », appuie Alexandre They. Mais alors que les vignerons relèvent à peine la tête du guidon en sortant du long tunnel des vendanges et vinifications, des signaux inquiétants mettent en alerte les VI 11. « L’augmentation du coût des matières premières, pour la vigne et le conditionnement du vin, génère une hausse de 20% de nos coûts de production pour cette année 2022, sans parler des délais de livraison de certaines de ces matières premières, comme le verre », explique le président des VI11.

Augmentation moyenne de 30% du prix du verre

Pour bien faire comprendre la difficulté de cette situation vis-à-vis des verriers, Alexandre They insiste sur le poids financier et organisationnel porté par les exploitations. « Pour être certain d’avoir des bouteilles pour les mises de mars prochain, il fallait commander en août pour une livraison et un paiement maintenant, en sortie de vendanges, pour une augmentation moyenne de 30 % du prix du verre constatée dans nos exploitations », décrit-il. Et la trésorerie des entreprises viticoles, déjà lourdement affectée par les crises des 4 dernières années et les mesures d’aides gouvernementales, passe difficilement le cap de ces nouvelles règles du jeu de l’approvisionnement en verre. « La fédération nationale des V.I a recensé 32 % de nos adhérents qui ont dû faire face à des retards de mises à disposition de commandes à cause de la disponibilité des matières sèches », glisse encore Alexandre They.

L’endettement, via l’avance bancaire sur trésorerie, est devenue presque automatique pour les adhérents des V.I qui veulent s’assurer d’avoir leurs bouteilles pour le printemps prochain, « sans toutefois avoir de garanties sur la disponibilité du verre blanc », rebondit Alexandre They. Sans parler non plus des contraintes de stockage et des risques de vols de ces bouteilles jusqu’aux mises de printemps. Et ce poids sur la trésorerie s’intensifie alors que des signaux inquiétants se font également sentir sur la commercialisation, alors que la reprise économique semblait sur de bons rails.

Vente directe en recul

« Le marché de la grande distribution affiche une baisse de 7 % sur les 6 derniers mois, mais plus inquiétant, c’est un recul à deux chiffres qui y est enregistré sur les 4 derniers mois », relève le président des VI 11. La vente directe ne vient pas éclaircir le tableau, alors que la saison des salons commence tout juste pour les vignerons indépendants, avec le coup d’envoi donné à Clermont-Ferrand mi-octobre. « Nous constatons un panier moyen en baisse, conséquence directe des arbitrages de nos clients face à la baisse de pouvoir d’achat liée à l’inflation. Ils prennent moins de bouteilles ou se tournent vers une gamme moins chère. Impossible dans ces conditions de répercuter les hausses de coûts de production que nous subissons, ou dans des proportions très faibles, sinon les clients vont fuir », appuie Roland Coustal, secrétaire général des VI11. Cette fin d'année, les salons de Lille et Paris constitueront des baromètres importants sur la confirmation de cette tendance de ralentissement de la vente directe de vins.

Pour faire face à ces difficultés, Alexandre They en appelle donc à la finalisation rapide des outils mis en place pour la filière depuis les crises structurelles précédentes : rallongement de la durée de remboursement des Prêts Garantis par l'Etat (PGE), exonération de charges et rachat de 2,5 % de franchise d’assurance suite au gel de 2021. Un appel du pied à un nouveau plan de relance de la région Occitanie est également effectué. « Les interprofessions et la région doivent appuyer nos entreprises pour récupérer les parts de marché perdues suite aux différentes crises et conquérir de nouveaux marchés. La promotion et la communication doivent être soutenues pour nous accompagner dans ces opérations », termine le président des Vignerons indépendants audois.

 

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