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10 000 €/ha, la prime d'arrachage demandée par le vignoble de Bordeaux
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10 000 €/ha, la prime d'arrachage demandée par le vignoble de Bordeaux

Unie et mobilisée, la filière des vins de Bordeaux fixe ses demandes d’aide au gouvernement pour répondre à l’urgence de sa crise viticole. Reste à trouver une voie juridique et des financements pour passer au concret.
Par Alexandre Abellan Le 21 octobre 2022
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10 000 €/ha, la prime d'arrachage demandée par le vignoble de Bordeaux
Sans aides, il y aura des drames humains dans le vignoble bordelais alertent Serge Rizzetto et Didier Cousiney, membres du collectif de vignerons bordelais. - crédit photo : Alexandre Abellan (ce 14 septembre au Pian-sur-Garonne)
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es chiffres et une lettre de mission : le vignoble de Bordeaux demande « l’arrachage volontaire définitif primé avec perte des droits de plantation à 10 000 euros/hectare dès 2023 espérant 15 000 hectares minimum » indique dans un communiqué le vigneron Didier Cousiney, le porte-parole d’un collectif de vignerons bordelais, à la suite d’une réunion rassemblant les instances de la filière girondine* ce 14 octobre au Pian-sur-Garonne (village de l’Entre-deux-Mers dont il est le maire).

« L’objectif est de répondre à une situation catastrophique concernant un grand nombre d’exploitations incapables de survivre ou de transmettre » ajoute Didier Cousiney, rapportant que « les ventes à perte ne permettent plus de payer les salaires, les charges sociales et fiscales, les emprunts, les fermages et autres charges… Un plan social s’impose ! Afin de stopper et limiter les impacts économiques sur tout le secteur viti-vinicole qui représente 90 000 personnes ainsi que sur les autres secteurs d’activités. »

Attention aux pronostics

Si le collectif des vignerons veut arracher 15 000 ha pour assainir la production excédentaire de vins rouges à Bordeaux (le vignoble girondin s’étend sur 108 000 ha), la question de la surface candidate reste en suspens. « C’est volontaire et le restera. On a l’impression que la crise est très dure et touche plus d’opérateurs que lors des derniers arrachages de 2004-2006, à 15 000 €/ha il y avait eu 3 500 ha arrachés, quand on en visait 8 à 10 000 ha. Il faut faire attention aux pronostics » indique à Vitisphere Stéphane Gabard, le président de l’Organisme de Défense et de Gestion (ODG) des appellations Bordeaux et Bordeaux Supérieur (55 000 hectares en AOC)

Depuis la réunion collective du vendredi 14 octobre, les choses avancent : lors d’une visioconférence ce 18 octobre, avec des représentants professionnels et parlementaires de Gironde, le ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau, a validé la création d’un groupe de travail piloté par la préfecture pour avancer sur le projet d’un arrachage primé. Si rien n’est acquis, l’exécutif privilégie la piste d’un recours au deuxième pilier de la Politique Agricole Commune (PAC) via le Fonds Européen Agricole pour le Développement Rural (FEADER), qui est géré par les régions (la région Nouvelle-Aquitaine indique ne pas pouvoir commenter le sujet, des réunions étant prévues avec les filières agricoles). Une alternative au schéma initialement soutenu par les représentants bordelais, qui souhaitaient passer par les fonds européens de l’Organisation Commune de Marché vitivinicole (OCM vin) pour avoir accès à un financement déjà fléché vers la filière (mais demandant une régionalisation des fonds et une réforme de la PAC, inenvisageables à court-terme).

Urgence

Pour le collectif de vignerons bordelais, l’urgence est dans l’obtention rapide de fonds permettant d’en finir avec la souffrance qui pèse sur de nombreux vignerons. « Continuez à nous soutenir en signant la pétition » conclut Didier Cousiney (855 signatures à date).

 

 

* : « Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB), ODG Bordeaux, Fédération Départementale des Syndicats d’Exploitants Agricoles (FDSEA), Vignerons Indépendants, Confédération Paysanne, Mutualité Sociale Agricole (MSA), Chambre d’Agriculture et Jeunes Agriculteurs » indique le collectif.

 

 

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Tous les commentaires (2)
Sly Le 22 octobre 2022 à 07:57:57
Visiblement Jeanc 40 n'a rien compris. La filière viticole est entrain de crever. Oui on aimerait au moins avoir l'argent du beurre... de notre labeur. Travailler à perte n'est pas drôle du tout. Travaillez-vous pour rien, vous, M. Jeanc 40 ? J'imagine aussi, étant donné votre esprit torturé, que vous considérez les laitiers ou autres secteurs agricoles parfois en crise, et qui touchent des aides ou primes, comme des profiteurs de la société, alors que c'est tout l'inverse. Tout le monde profite du savoir-faire de nos agriculteurs, devenus esclaves d'un système fondé sur la mauvaise répartition. Les agriculteurs enrichissent beaucoup de monde, mais ne s'enrichissent pas forcément eux-mêmes. Certes, trop de vignes ont été plantées, peut-être aurait-il fallu anticiper et freiner ces excès ? Pour ne pas avoir à arracher. Cela dit, quand une filière fonctionne, on la pousse au max, et si un jour, la consommation baisse ou la concurrence se renforce, et bien c'est le retour de bâton...
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Jeanc 40 Le 21 octobre 2022 à 16:16:41
Ces viticulteurs toujours en train de pleurer. Le beurre et l'argent du beurre. Après ce sera 10 000 euros hectare pour replanter
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