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Des alternatives au gamay et au chardonnay dans le Beaujolais
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Innovation variétale
Des alternatives au gamay et au chardonnay dans le Beaujolais

La parcelle d’essais de leviers d’adaptation au changement climatique de la Sicarex aide les vignerons à préparer le futur.
Par Marion Bazireau Le 19 août 2022
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Des alternatives au gamay et au chardonnay dans le Beaujolais
Des dizaines de vignerons ont dégusté les essais de la Sicarex ce mercredi 17 août. - crédit photo : Marion Bazireau
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e mercredi 17 août, la pluie a empêché les vignerons du Beaujolais de se rendre à Pouilly-Le-Monial dans la parcelle où la Sicarex, station de recherche viti-vinicole de la région, mène de nombreux essais d’adaptation au changement climatique.

Ils se sont mis à l'abri dans le chai du Château de l’Eclair pour déguster une trentaine de vins issus du vignoble expérimental. « Nous sommes là pour aider les vignerons à prendre les meilleures décisions pour le futur et nous inspirer de leurs impressions » indique Bertrand Chatelet, directeur de la Sicarex.

Devant un premier stand, à côté des traditionnels chardonnay et gamay, les participants dégustent des cépages habituellement cultivés dans d’autres régions. En blanc, la marsanne et la roussanne donnent de bons résultats. En rouge, la syrah s’est également très bien comportée à Pouilly. « Elle a gardé une belle fraîcheur, alors qu’elle peut parfois donner des vins un peu plats dans les Côtes-du-Rhône » entend-on.

Gaminot, picarlat, beaugaray, granita

Ils ont ensuite l’occasion de goûter aux gaminot, picarlat, beaugaray et granita, issus d’un programme de sélection variétale débutée en 1970 et désormais inscrits au catalogue français. Le gaminot, issu du croisement du gamay et du pinot, remporte les suffrages grâce à son fruité et sa finesse. Parmi ses avantages, une date de maturité légèrement plus tardive que celle du gamay. Mais ses grappes compactes le rendent sensible aux maladies.

Justement, plus loin, les ingénieurs du centre de recherche présentent les variétés résistantes Resdur 1, 2 et 3. Après les avoir découvertes, et conscient de leur intérêt dans les zones de non traitement (ZNT), près des habitations qui se sont multipliées depuis crise que le vignoble a traversé il y a une dizaine d’année, Daniel Bulliat, président de l’interprofession, revient vite sur le stand dédié aux différents clones de gamay. « Il n’y rien de meilleur ! ».

D’autres clones de gamay

Sur son domaine, le vigneron a planté beaucoup du clone 509 il y a une trentaine d’années pour sa précocité. « Aujourd’hui, ces parcelles me donnent souvent des raisins confiturés » explique-t-il.

Le clone 1267 agréé en 2015 murit 15 jours plus tard. « Sur le millier d’accessions, nous en suivons 120 au conservatoire du clos de la Roue à Lissieu, en observant leur comportement face au réchauffement. Seuls 38 clones sont agréés, et 7 multipliés, mais leur diversité est encore trop peu exploitée » explique Taran Limousin, spécialiste du matériel végétal à l’Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV).

A côté de l’innovation variétale, la Sicarex a mené une réflexion sur la hauteur foliaire, et, surtout, un gros travail sur les filets d’ombrage autorisés dans l’AOC.

Valérie Lempereur fait déguster deux cuvées issues de la même parcelle à Pouilly. La première est issue du seul rang non couvert, la deuxième des raisins protégés par les filets. Gustativement, les vignerons ne perçoivent aucune différence.

Bons points pour les filets d’ombrage

Et, hormis leur impact sur le paysage, qui en rebute beaucoup, les filets d’ombrage antigrêle ne semblent présenter que des avantages. Depuis leur pose en 2018, ils n’ont pas d’effet sur la température ou l’humidité du feuillage mais limitent le rayonnement, renforçant la résistance de la vigne et stress hydrique et à l’échaudage.

Lors des années sèches et chaudes, ils donnent des baies plus lourdes, un degré potentiel un peu plus faible et une acidité légèrement plus élevée.

« En 2021, nous avons aussi remarqué que les vignes sous filet ont moins souffert de lu mildiou et du black rot sur grappes » indique Valérie Lempereur. L’année 2022 a été très saine et n’a pas permis de le vérifier, mais les ingénieurs pensent que les filets limitent le lessivage des produits phytos.

A 15 000 €/ha avec la pose, les filets sont rentabilisés en 10 ans, leur durée de vie annoncée de 10 ans, grâce à une économie de 100 h/ha de travail, sans palissage ni effeuillage ne sont plus nécessaire. « Sans compter la préservation de la vendange lors de gros épisodes de grêle comme nous en avons connu en 2019 » ajoute Valérie Lempereur.

Si le programme « OnAuraVitChau », dont tous ces essais sont issus, prend fin en décembre, la Sicarex va continuer à travailler sur le changement climatique ces prochaines années. « L’idée sera de croiser différentes modalités » conclut Bertrand Chatelet. 

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