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Les cépages au cœur de la boîte à outils du futur vignoble de Beaujolais
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Changements climatiques et agroécologiques
Les cépages au cœur de la boîte à outils du futur vignoble de Beaujolais

: À l’occasion de l’édition 2022 des Entretiens du Beaujolais, le point sur les leviers d’adaptations variétales face aux dérèglements climatiques et transitions agroécologiques.
Par Alexandre Abellan Le 11 mars 2022
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Les cépages au cœur de la boîte à outils du futur vignoble de Beaujolais
Ces projets de R&D sont financés par la région, des fonds européens… - crédit photo : Sicarex
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ace aux défis d’avenir du vignoble « les variétés sont un levier assez fort : ce qui est délicat pour vignerons, c’est de faire un choix dans contexte qui évolue tellement vite. On s’attache à apporter le plus d’éléments possibles pour qu’ils puissent choisir » pose Bernard Chatelet, le directeur de la Sicarex Beaujolais, qui participera aux ateliers sur le sujet des Entretiens du Beaujolais 2022 (qui auront lieu ce jeudi 17 mars, de 8 heures à midi, au lycée de Bel Air à Saint-Jean-d’Ardières). Organisée avec l’Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV), cette trentième édition du rendez-vous technique abordera « les différents sujets d’études liés au matériel végétal pour répondre de front aux deux enjeux de la filière viticole : le changement climatique et la transition écologique, pour la baisse des phytos » résume Bernard Chatelet.

Premier axe de travail : la valorisation de l’existant. Soit en Beaujolais, l’inévitable gamay. « C’est un cépage historique, millénaire, avec beaucoup de variabilité. On exploite cette diversité » indique Bernard Chatelet, qui rappelle que la sélection du de gamay est l’élément fondateur de la création de la Sicarex il y a un demi-siècle. S’appuyant sur le conservatoire national du gamay (clos de la Roue à Lissieu), les techniciens peuvent puiser dans le millier d’accessions en réserve, ainsi que dans les sélections passées pour repêcher des cépages écartés (pour cause de maturité tardive, de production insuffisante…), car « ils pourraient être intéressant avec les effets du changement climatique » note Bernard Chatelet.

Autres cépages et porte-greffes

D’autres cépages sont aussi à l’essai, avec la collection d’étude plantée à Pouilly-le-Monial, qui étudie l’adaptation au changement climatique sur des cépages blancs (marsanne, roussanne…) et rouges (syrah…), ainsi que des descendants du gamay (« nos métis ») et cépages résistants (dans le cadre des essais sur les obtentions de génotypes à Resistance Durable, les Resdur1, 2 et 3). Contribuant à l’acquisition nationale de données sur les variétés résistantes, à date « le Beaujolais n’a pas engagé de programme spécifique de création variétale à typicité régionale » indique Bernard Chatelet, qui souligne que le gamay est déjà dans des lignées de programmes de création (que ce soit en Suisse ou pour les programmes spécifiques à la Champagne et à la Bourgogne).

Utilisant historiquement les porte-greffes Viala, SO4 et 3309 Couderc, le vignoble du Beaujolais en teste dix plus inhabituels sur des plantations de gamay et des sols à faibles réserves hydriques. Il s’agit de « voir si cela peut apporter des réponses de résistance à la sécheresse et au stress hydrique (comme le 110 Richter) » note Bernard Chatelet. Qui rappelle qu’en viticulture, « il faut prendre temps évaluation ».

Accélération R&D

À noter également l’implantation de 165 variétés de vignes pour développer des populations universelles pour développer des marqueurs génétiques et être capable de prédire des caractères d’intérêt dans tout cadre de croisement (dans le cadre du programme Sel Gen Vit, également déployé en Alsace et Languedoc).


 

 

 

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