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Raisins explosés par la grêle et vignerons à bout
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Languedoc
Raisins explosés par la grêle et vignerons à bout

De nouveaux orages viennent de tomber violemment sur des vignobles de l’Hérault, notamment au nord de Montpellier où les premiers retours sont proprement apocalyptiques.
Par Alexandre Abellan Le 24 juin 2022
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Raisins explosés par la grêle et vignerons à bout
Touchées, coulées : les baies lacérées brunissent quasiment instantanément. - crédit photo : Dr Serge Zaka
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chaque jour de juin 2022 son nouveau vignoble victime de la grêle. En fin de matinée ce vendredi 24 juin, la grêle est tombée drue sur des pans de l’Hérault, au nord et à l'est de Montpellier. « Encore un vignoble victime de la grêle cette semaine » résume le docteur Serge Zaka, agroclimatologue ITK, habituellement chasseur d’orage qui s’est trouvé par hasard sous l’orage de grêle de ce matin, sur les communes de Claret et Sauteyrargues. Dans les vignes, « tout qui est passé sous le rideau de grêle est inexploitable. 60 % des grains ont explosé. Les feuilles sont arrachées. Il n’y a plus grand-chose à récolter » témoigne-t-il.

En Pic Saint-Loup, au nord de Montpellier, « j'ai perdu 80 % de ma récolte » soupire Gilles Nougalliat du domaine la Costesse (17 ha à Vacquières), qui fait état de « deux à trois minutes de grêle sèche avant d’avoir de l’eau. Le feuillage est mâché, tous les raisins sont touchés et les baies tournent déjà au marron ». Déjà touché par le gel et les violents orages du millésime 2021, le vigneron ne cache pas sa fatigue. « ça fait 4 à 5 ans que tous les millésimes on a quelque chose. Je commence à penser qu’il ne faut plus faire ce métier : on ne peut pas vivre dans la peur et les indemnisations » soupire-t-il. Même constat à l'est de Montpellier : « c'est décourageant » reconnaît Jérôme Despey, le président de la Chambre d'Agriculture de l'Hérault, lui-même touché sur son exploitation de la commune de Saint-Génies-des-Mourgues (5 ha à 80 % de dégâts et 12 ha à 30 %). « Les nuages sont arrivés d'un seul coup, il y avait beaucoup de vent et ça a duré 10 minutes. Avec des grêlons de 2 à 3 cm. »

Ce n'est pas fini

Les zones touchées par cet orage de grêle sont encore à préciser, mais il apparaît que l’évènement était localisé. Au château de Flaugergues, en Grés de Montpellier, Pierre de Colbert témoigne ainsi que sur son terroir de la Méjanelle il n’a reçu que de la pluie, mais n’a pas eu une goutte sur ses parcelles de Mauguio, qui sont distantes de 6 kilomètres. Épargné par la grêle, le vigneron craint que cela ne retape vite. « On annonce de nouveaux orages dans les prochains jours » confirme Serge Zaka, l’agroclimatologue notant qu’« en soi l’orage de grêle n’est pas inédit, ce qui est exceptionnel c’est la récurrence. Le mois de juin 2022 est le plus grêligène depuis les mesures de 1989. Et ce n’est pas fini. » Normalement rares en France, les orages supercellulaires se succèdent en juin, avec une centaine de phénomènes relevés. « On n’arrive pas à l’expliquer » pointe Serge Zaka, notant qu’il n’y a pas suffisamment de connaissances pour dire si le changement climatique affecte les chutes de grêle : « nous n’avons pas d’études claires. Soit cette année est exceptionnelle, soit il y a une tendance de fond qui n’a pas encore été détectée. »

Avec le gel (historique le printemps 2021), la grêle (en Beaujolais, à Bordeaux, en Bourgogne, en Centre-Loire, à Cognac, dans le Sud-Ouest...) et la sécheresse (le manque d'eau étant fort en Vallée du Rhône, en Provence, en Alsace...), « ces phénomènes nous interpellent. On voit un réel impact en lien avec le changement climatique » pointe Jérôme Despey. Président du conseil spécialisé vin de FranceAgriMer et secrétaire général de la Fédération Nationale des Syndicats d'Exploitants Agricoles (FNSEA), le viticulteur languedocien rencontrait à Paris ce mercredi 22 juin le ministre de l'Agriculture, Marc Fesneau, pour préparer une prochaine rencontre avec la filière vin et évoquer la mission flash lancée pour répertorier les dégâts de grêle qui s'enchaînent.

Les demandes de la filière

Jérôme Despey demande le renforcement de l'assurance climatique avec une réforme des années de référence utilisées pour calculer la moyenne olympique (en écartant toutes années à aléas climatiques). Il souhaite également un renforcement de l'épargne de précaution (en modifiant les seuils pour réduire la fiscalité), un soutien aux dispositifs de mise en réserve interprofessionnelle (travaillée en Alsace, à Bordeaux, en Pays d'Oc...), une aide à la trésorerie (accompagnement sur les encours bancaires, étalement sur 10 ans du remboursement des Prêts Garantis par l'Etat...) des outils de lutte contre l'inflation (de toutes les matières premières et sèches en conséquence de l'invasion russe de l'Ukraine) et des leviers pour éponger les excédents structurels (notamment l'arrachage en Gironde).

 

Les grêlons sont tombés violemment ce 24 juin. Photo : Serge Zaka.

 

 

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Tous les commentaires (4)
Boyer Le 01 juillet 2022 à 13:06:10
Ludo forcément que les igp ne sont pas au même prix que des aop faut pas être jaloux et être content de la misère des autres aussi
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Boyer Le 01 juillet 2022 à 13:04:33
Oh Ludo tu vas bien toi, moi j'en ai des deux des igp et des pic et quand tu es grêlé puis gelé l'an dernier puis grêlé cette année ça commence à faire beaucoup non?? C'est bien beau d'être en pic st loup mais quand tu récoltes comme toi c'est mieux alors tout le monde devrait balayer devant sa porte et voir midi à ta porte ouais chacun sa merde comme tu dis
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Ludo Le 26 juin 2022 à 14:24:48
Les vignerons du pic st loup on ne va pas les plaindres...ils passeront 'largement ' l'année...quant on voit combien ils vendent la bouteille...comparé à nous vignerons de la vallee de l'Hérault...nos prix sont tres largement en dessous.....chacun sa merde
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Emmanuel Le 24 juin 2022 à 15:59:34
Je vous annonce que les orages de grêle vont devenir de pire en pire. Cause principale que personne ne veut reconnaitre. L' affaiblissement et le déplacements du champs magnétique terrestre, et surtout accroissement des champs magnétiques artificiels avec la 5g, dont la fréquences est proche de la résonnance de l'eau. Faites vos propres recherche, mais plus les gens utiliseront la 5g et plus les dégats seront importants notamment dans les villes. Pour infos, je suis électrosensible d' ou ma recherche concernant le sujet. ps : je n'ai plus de téléphone portable.
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