Accueil / Commerce/Gestion / Le château la Gaffelière préfère sortir du classement que d'être déclassé
Le château la Gaffelière préfère sortir du classement que d'être déclassé
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin

Saint-Émilion
Le château la Gaffelière préfère sortir du classement que d'être déclassé

De la déception à la défection, le premier grand cru classé B indique ne pas reconnaître les qualités de ses vins dans les notes de dégustation de la commission de classement.
Par Alexandre Abellan Le 02 juin 2022
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin
Le château la Gaffelière préfère sortir du classement que d'être déclassé
La propriété « ne reconnait plus ses valeurs dans les critères d’évaluation des grands terroirs et des grands vins de Saint- Émilion établis par la commission du classement ». - crédit photo : DR
N

Nouvel échappé du peloton. Après trois premiers grands crus classés A (Angélus, Ausone et Cheval Blanc), un premier grand cru classé B indique sortir de la révision 2022 du classement de Saint-Émilion : le château La Gaffelière. Mais contrairement aux trois grands crus l’ayant précédé, préférant se détacher d’une procédure contestée sans fin devant les juridictions administratives, la propriété de la famille Malet de Roquefort indique se retirer à la réception des notes de dégustation. Les modalités de ces dernières ayant changé depuis 2012 pour les premiers grands crus classés : la note de dégustation à l’aveugle de 15 millésimes ne représentant plus le tiers de la note totale, mais la moitié.

« Un premier rapport remet en question le niveau qualitatif d’un terroir plébiscité et distingué par les instances viticoles de l’AOC depuis plus de 65 ans » peste un communiqué de la propriété, qui juge que « le système de notation mis en place pour la dégustation vient contredire toutes les notes obtenues par le château La Gaffelière depuis plusieurs années par les plus grands professionnels du vin ». Se drapant dans sa dignité bafouée, la propriété annonce « quitter le classement sans solliciter un nouvel examen du dossier et sans demander à être entendu par la commission ».

Rien n’est acquis

Se disant surpris par ce départ émanant « de l’une des familles les plus illustres et anciennes du territoire », Jean-François Galhaud, le président du Conseil des Vins de Saint-Émilion. « Je peux comprendre leur déception si les notes ne permettent pas de maintenir le grade de premier grand cru classé [mais] les anciens n’ont pas choisi la voie de la facilité avec une révision décennale du classement. On voit l’émulation sur le territoire. À Saint-Émilion, rien n’est acquis. Tout est permis à ceux qui recherche l’excellence à la vigne et au chai » souligne le vigneron, qui n’est pas candidat et rappelle ne pas avoir connaissance des dossiers, et même des noms, des impétrants, qui sont gérés par l’Institut National de l’Origine et de la Qualité (INAO).

Énième rebondissement pour le classement à venir, ce départ soudain apporte au moins l’assurance à la procédure qu’il n’y aura pas de recours de la part de cette propriété (alors qu’il y a déjà eu trois attaques devant la justice pour le classement 2022). Le nouveau classement doit être divulgué à l’automne.

 

 

Photo : La propriété « ne reconnait plus ses valeurs dans les critères d’évaluation des grands terroirs et des grands vins de Saint- Émilion établis par la commission du classement ». DR

Partage Twitter facebook linkedin
Tous les commentaires (1)
Dubourdieu franck Le 03 juin 2022 à 17:45:16
?J?avais en son temps publié le texte ci-dessous, après que les deux ténors de Saint Emilion aient quitté le navire. Ils sont depuis rejoints par les châteaux L?Angelus et La Gaffelière. Les propriétaires de ce dernier, pointent l?incapacité du jury de dégustation à identifier la vraie qualité d?un grand cru, fait pour vieillir. Nous ne pouvons que leur donner raison, ce qui est explicité dans le texte ci-après. FD ? LA RÉVISION ANTI-TERROIR DES CLASSEMENTS Le classement des crus de Saint Emilion révisé tous les 10 ans depuis 1959, comme celui des crus bourgeois du Médoc tous les cinq ans depuis 1932, sont devenus au fil du temps des classements anti-terroir. Ils sont atteints de la même maladie, l?élargissement des règles au point que n?importe quel cru de Saint Emilion ou du Médoc, peut solliciter et obtenir le sésame qui fait vendre. Comme un coup de tonnerre indicateur du malaise qui perdure depuis plusieurs décennies, les ténors historiques de Saint Emilion, les 1ers crus A, château Ausone et château Cheval Blanc, refusent de se présenter pour le classement de 2022 suivis par les châteaux Angelus et La Gaffeliere. Pour les mêmes motifs, les neuf crus bourgeois exceptionnels de 2003 du Médoc (les châteaux Poujeaux, Chasse Spleen, Gloria, Potensac, de Pez?) comme les 47 ! des 86 crus bourgeois supérieur du même classement, ont méprisé le dernier classement de 2020. L?histoire des terroirs, leur valeur relative à travers à la trilogie finesse-richesse-longévité est bien connue des professionnels. Comment la transgresser et modifier allègrement la hiérarchie établie de longue date ? Faire déguster les vins par des personnes peu ou pas reconnues, souvent jeunes et sans expérience - certaines seraient des demandeurs d?emploi ! - nommée par l?INAO, organisme administratif en charge de piloter et valider le classement. Présenter des vins très concentrés et puissants, mâtinés de chêne neuf, qui séduisent les néo-dégustateurs comme le fut en son temps le critique américain Robert Parker. Ajouter en plus des critères de classement qui n?ont rien à voir avec les fondements majeurs de la qualité du vin: prix de vente, volume, chiffre d?affaires, état des chais et du matériel, éléments d?oenotourisme (jardins fleuris, hôtesse, salle de réception, boutique, chambres d?hôtes?), de notoriété (présence dans les salons, articles, notes de critiques, médailles, site Internet, agence de presse, RS?). Autant de valeur ajoutée totalement indépendante de la qualité intrinsèque du vin. La conjonction de tous ces éléments n?ayant aucun lien avec la vérité du Terroir ou bien qui témoignent du contraire, y compris la proximité de certains producteurs influents, parfois membres des institutions (INAO) en charge de classer, aboutissent à des classements contestables et contestés ( procès en correctionnelle et administratif). Ces dérives mises en place par les viticulteurs dirigeants et entérinées par l?INAO, laissent la porte grande ouverte à la spéculation foncière puisque n?importe quel cru de Saint Emilion ou du Médoc, peut prétendre à la plus value non négligeable du classement ou d?une promotion dans le classement. Le refus de crus notables de Saint Emilion et du Médoc, de côtoyer des pairs non méritants, associé aux poursuites judiciaires en cours, est une preuve cinglante que ces classements révisables sont malades. FD
Signaler ce contenu comme inapproprié
© Vitisphere 2022 - Tout droit réservé