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Prospective
Du changement climatique sur le mildiou de la vigne, l’oïdium, eudémis...

Les chercheurs prédisent de mieux en mieux le futur comportement des ravageurs. Le réchauffement climatique devrait limiter le mildiou et l’oïdium mais favoriser eudémis. Des maladies pourraient apparaître dans des vignobles et disparaître dans d’autres.
Par Marion Bazireau Le 19 mai 2022
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Du changement climatique sur le mildiou de la vigne, l’oïdium, eudémis...
L’impact du changement climatique sur l’environnement biotique de la vigne est très peu documenté. - crédit photo : Creative Commons
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L’impact du changement climatique sur l’environnement biotique de la vigne est peu documenté » a constaté Céline Abidon, ingénieure viticole pour le pôle Alsace de l’Institut français de la vigne et du vin (IFV), en préparant son intervention lors d’un colloque consacré au sujet en avril dernier.

Les épidémies de mildiou et d’oïdium devraient être plus modérées dans les années à venir. « C’est ce qui ressort des simulations du projet Climcare financé par le BIVB et le Comité Champagne » indique Céline Abidon.

La baisse de l’humidité et la réduction des périodes « débourrement – floraison » et « floraison – véraison » devraient rendre la vigne moins sensible à l’oïdium. « Les projections sont plus compliquées sur le mildiou car nous avons du mal à anticiper l’évolution des précipitations, reprend l’ingénieure. Nous risquons d’avoir des années à très forte pression et des années sans maladie ».

Augmentation du taux de survie d’eudémis

En Bourgogne, les chercheurs ont étudié la biologie d’un ver de la grappe, eudémis, en le cultivant dans les conditions de températures attendues pour la fin du XXIème siècle. « Ils ont observé que l’augmentation des températures rapproche cet insecte de l’optimum thermique de son développement larvaire. Cela devrait conduire à une durée de génération plus courte, avec une réduction de 31 % du temps nécessaire pour terminer le stade larvaire » prévient Céline Abidon.

Le réchauffement augmente son taux de survie de 19% et la vitesse de déplacement des larves pour échapper à leurs ennemis naturels de 60 %. « À l’inverse, le réchauffement impacte ses réserves lipidiques de 26 %, or elles sont cruciales au ravageur pour survivre à des périodes prolongées sans alimentation ».

Céline Abidon pense que la Drosophila suzukii pourrait faire jusqu’à 8 générations en Alsace. « Sa température optimale de reproduction est de 25°C avec une humidité relative supérieure à 70°C. Les étés chauds et secs lui sont donc plutôt défavorables. L’avancée de la maturation des raisins lui est en revanche profitable ».

Le vecteur du bois noir hyalesthes obsoletus se déplace sur la vigne en période de sécheresse car elle reste verte beaucoup plus longtemps que les plantes herbacées à proximité. « La canicule de 2003 a été suivie d’une forte progression du bois noir et du variant « ortie » » illustre Céline Abidon.

Migrations vers le Nord

Le changement climatique a tendance à faire migrer les vecteurs vers le Nord. « Le vecteur de la flavescence dorée scaphoideus titanus a par exemple besoin d’hivers froids pour des questions de régulations de proportions de mâles et des femelles et d’étés chauds et longs pour finir son cycle. L’Alsace lui est très favorable, alors que ses populations baissent dans le Sud de l’Italie ».

Les exigences climatiques des cochenilles sont moins connues. « Leurs populations sont très fluctuantes. Est-ce lié aux insecticides, aux auxiliaires ? On ne le sait pas. Ce qu’on sait, c’est que de nouvelles espèces, notamment vectrices de l’enroulement, pourraient arriver dans nos vignobles ». 

 

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