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Ceci n'est pas une guirlande de Noël, mais une solution antigel pour les vignes
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Champagne
Ceci n'est pas une guirlande de Noël, mais une solution antigel pour les vignes

Trois parcelles ont été équipées de câbles chauffants avec Led infrarouge dans la Marne. La protection semble avoir été efficace contre le gel ce début avril.
Par Aude Lutun Le 04 mai 2022
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Ceci n'est pas une guirlande de Noël, mais une solution antigel pour les vignes
Ayant convaincu le vigneron Cédric Moussé, le système antigel pourrait être écarté selon son empreinte carbone. - crédit photo : CSGV
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 Ce n’est pas une guirlande de Noël !, prévient Sébastien Gaugé, responsable matériel à la CSGV à Epernay (Marne). C’est un matériel technique, complexe, qui semble performant ».

Le système de câbles chauffants avec Led infrarouge fait l’objet d’une grande attention en Champagne. Plusieurs essais ont été menés par la CSGV, dans deux sites différents, à Avize et à Cuisles. Un autre essai a été réalisé, de manière autonome, par un viticulteur sur une parcelle située entre Hautvillers et Damery.

Ces câbles chauffants sont fournis par la start-up belge Frolight Systems. Les Led infrarouges réchauffent, par rayonnement, dans un rayon de 15 à 20 cm. La promesse de Frolight Systems est de protéger les bourgeons du gel jusque – 6 °C. Le système s'allume et s'éteint automatiquement à une température prédéfinie. « A Avize, nous avons eu 0 °C avec de la neige le week-end du 2 et 3 avril, précise Sébastien Gaugé. Et à Hautvillers, la température est descendue à - 4 °C. Cela a l’air de bien fonctionner car sur cette parcelle on voyait fin avril 4 à 5 feuilles sorties, et très peu dans la parcelle d’à côté. On voit aussi que dans la parcelle voisine, les trois premières routes ont été partiellement protégées. Il faut rester prudent sur l’efficacité de ce système. On va faire les comptes en juillet puis aux vendanges ».

En pratique

Si ce système semble efficace, reste à mesurer son coût et sa praticité. Cet équipement est prévu pour protéger des lots de 12 ares. A Avize, le test a porté sur 24 ares, avec une consommation de GNR de 13 litres par heure. Les câbles ont chauffé de minuit à 6 heures du matin pendant deux nuits consécutives. Sur les chardonnays d’Avize, les câbles ont été posés, sur une partie de la parcelle, en suivant les baguettes pour être à 5 cm du bourgeon. Sur l’autre partie, la pose des câbles s’est faite sur le fil, avec des résultats également probants. Les câbles peuvent être accrochés avec une pince à lier standard et des bobines de fil classiques, ou comme à Avize, avec un lien biodégradable plus large.

Pour équiper 24 ares, trois personnes ont déroulé et installé les câbles pendant quatre heures, soit un total de 12 h de travail. La location, pour un mois, d’un groupe électrogène de 22 kVA a coûté 1 800 €. Le câble en lui-même coûte 5 €/m. « C’est un investissement qui peut être rentable pour un clos ou une petite parcelle présentant beau potentiel », résume Stéphane Gaugé. Une fois les câbles posés, les enjambeurs peuvent passer sans problème dans les vignes. Les câbles seront retirés et stockés une fois le risque de gel passé, vers le 20 mai. Un bilan technique, économique et environnemental sera réalisé après les vendanges par la CSGV.

 

 


 

 

Essai chez Cédric Moussé à Cuisles

A Cuisles, Cédric Moussé a réalisé un essai sur 12 ares de pinot meunier. Le thermomètre est descendu à -2.8 °C le 2 avril. « Mes bourgeons n’étaient pas encore assez sortis, donc je ne peux pas mesurer l’efficacité de ce système, témoigne Cédric Moussé. Mais il a l’air performant. Je l’ai utilisé pendant deux nuits consécutives, à raison de 7 à 8 heures par nuit. Ce système consomme deux fois moins d’électricité qu’un câble chauffant classique et la pose est rapide. C’est l’impact sur le bilan Carbone qui me fera décider si je m’équipe ou non ».



 

 

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Tous les commentaires (1)
Vince Le 08 mai 2022 à 07:32:55
Dommage que cet essai n'ai pas pu être réalisé dans l'aube la ou les risques de gel sont plus conséquent que dans la côte des blancs. Car la température dans la côte des bar est descendue beaucoup plus basse (-5 degrés sur les deux jours de gel) et l'essai aurait été beaucoup plus concluant dans les parcelles de chardonnay avec un débordement précoce. Car actuellement ces parcelles non protégés contre le gel ont des dégâts de l'ordre de 30 pour cent de perte. On aurait pu mesurer l'efficacité de ses guirlandes électriques...
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