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En pénurie, le vignoble Chablis pense à une réserve interprofessionnelle
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Stocks au plus bas
En pénurie, le vignoble Chablis pense à une réserve interprofessionnelle

Des stocks historiquement bas et une demande plus forte que jamais incitent l’appellation bourguignonne à s’inspirer des vins effervescents.
Par Clément L’Hôte Le 28 avril 2022
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En pénurie, le vignoble Chablis pense à une réserve interprofessionnelle
« Les stocks à date représentent 16 mois de récolte moyenne », indique Paul Espitalié, président de la commission Chablis du BIVB. - crédit photo : Clément L'Hôte
«

Désolés, nous n’avons plus rien à vendre », « il faudra repasser l’année prochaine », « on croise les doigts pour 2022 »… Lors du salon pro Les Grands Jours de Bourgogne, fin mars, les 120 producteurs du Chablisien ont – bien malgré eux - déçu les importateurs, cavistes et sommeliers venus à leur rencontre.

En cause : des stocks au plus bas, après une succession de petits millésimes, alors que la demande explose en parallèle.

10 à 15 % de hausse tarifaire

« Les stocks à date représentent 16 mois de récolte moyenne », indique Paul Espitalié, président de la commission Chablis du BIVB (Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne). C’est peu, quand on sait que les premiers 2022 ne seront pas commercialisés avant le printemps prochain.

Ainsi, les producteurs utilisent tous les outils à disposition pour tenir la distance : allocations, vente d’anciens millésimes, ou encore mises en bouteilles avancées...

Autre conséquence : l’augmentation des prix, qui se généralise. « On observe fréquemment 10 à 15 % de hausse tarifaire au caveau », estime Adrien Michaut, président de l’ODG de Chablis, qui redoute « de nouvelles augmentations à venir en raison du coût des matières premières ».

Augmenter le rendement butoir

«Il faut se demander si le consommateur va l’accepter », interroge le vigneron. Même son de cloche chez Louis Moreau, propriétaire d’une cinquantaine d’hectares en AOC. «Chablis est une marque forte aujourd’hui, demandée en France comme à l’international. Mais il ne faut pas prendre de risques».

Pour le vigneron de Beine, « les plus belles années, en termes de rendement, sont derrière nous. L’idéal aurait été de se doter d’un outil de régulation interprofessionnel il y a une dizaine d’années, à l’instar du crémant ou des champenois ».

Une solution qui pourrait voir le jour, d’après Paul Espitalié. «Nous avons évoqué en réunion l’idée d’un rendement butoir plus élevé, afin de créer une réserve interprofessionnelle, en plus du VCI ». Le directeur de la maison Simmonet-Febvre tempère aussitôt : « nous n’en sommes qu’aux prémices de la réflexion ».

L’idée plaît du côté du négoce et d’une partie de la viticulture. « Il faudra de toute façon trouver un consensus pour avancer sur la question. » Mais Adrien Michaut le rappele : « qu’avant toute chose, il faut obtenir de l’Inao ce rendement butoir plus élevé, 75 à 80 hl/ha au lieu de 70 actuellement ». Une demande refusée lors de la dernière requête.

Le négoce en priemière ligne

Le marché du vrac a fortement ralenti à Chablis. Sur les huit premiers mois de la campagne 2021/2022, le volume des transactions, tous millésimes confondus, est en baisse de 23 % par rapport à la moyenne quinquennale. En cause : des quantités faibles, mais aussi des prix prohibitifs. « Le cours de la feuillette atteint 1400€ à 1500€. C’est du jamais vu. En 2016, quand les prix s’élevaient à 1100/1200€, on pensait déjà atteindre des sommets », témoigne Serge de Bucy, responsable des achats vins pour le groupe bourguignon François Martenot. Mais l’œnologue tient à le préciser : « Malgré le petit millésime 2021, tous les contrats passés ont été honorés par les viticulteurs, qui ont joué le jeu. »

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