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Cartographie
Des drones au service de l’agroécologie dans le vignoble de Chablis

Le château de Viviers a planté du chardonnay sur huit porte-greffes différents dans un ancien clos au milieu d’arbres centenaires. La société Scanopy va l’aider à piloter ses apports d’engrais et à gérer les attaques de mildiou ou d’oïdium.
Par Marion Bazireau Le 11 avril 2022
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Des drones au service de l’agroécologie dans le vignoble de Chablis
Le vigneron Arnould Lefébure est venu présenter sa démarche agroécologique aux visiteurs du salon VinEquip. - crédit photo : Marion Bazireau
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Nombre de viticulteurs avec qui nous travaillons utilisent nos outils dans le contexte d'une transition vers des pratiques plus respectueuses de l'environnement pour objectiver la performance des essais qu'ils mènent dans leurs parcelles » indique François Gallet, dirigeant de la société Scanopy basée à Quincy et spécialisée dans la cartographie agronomique de la vigne.

C’est le cas d’Arnould Lefébure, gérant des 12,4 hectares du Château de Viviers conduits en bio et biodynamie à côté de Chablis, venu témoigner ce 7 avril sur le salon VinEquip.

En 2019, le vigneron a réhabilité un coteau de 2,4 hectares, à 40 % de pente, défriché en 1910 après le passage du phylloxera. « J’ai préservé le bois le jouxtant ainsi que 38 arbres centenaires, chênes, charmes, et pins d’Autriche, déjà présents dans le clos pour créer un maillage écologique et faciliter le passage des auxiliaires, tels que les oiseaux ».

Arnould Lefébure compte sur ces arbres pour limiter l’érosion des sols, leur apporter de la biomasse, des oligoéléments et de l’eau via la rhizosphère, ombrer la vigne, maintenir une certaine humidité en été et un petit peu de chaleur en hiver par effet piézoélectrique. « Le frottement des racines produit de l’énergie et 0,5 voire 1°C, ce qui peut aider en période de gel ».

Les équipes de Scanopy sont venues avec un drone prendre une vue aérienne de la parcelle pour aider le vigneron à réaliser son plan de plantation. « J’ai ensuite demandé à Paul Krug, l’expert français de la géoconductivité, de cartographier l’humidité et la fertilité de mon sol » poursuit Arnould Lefébure.

Une réflexion intraparcellaire

Les zones les plus humides ont été laissées de côté pour éviter la propagation de maladies telles que le mildiou. La cartographie a également permis au vigneron de découper sa parcelle en cinq grands rectangles et de choisir des porte-greffes plus ou moins vigoureux et adaptés à la sécheresse.

Grâce à ces analyses, les pépiniéristes Hebinger et Neo lui ont fourni du chardonnay issu de sélection massale sur 8 porte-greffes, qu'il a répartis sur sa parcelle par bouquets de 5 plants en prenant en compte leurs différentes sensibilités.

Arnould Lefébure a laissé le sol se reposer 3 ans après l’arrachage des arbres et planté ses vignes le 9 mars dernier.

Scanopy viendra trois fois par an (du débourrement aux vendanges) cartographier la surface foliaire et la vigueur de la vigne sur un pas d’1,6 mètre sur 1 m, correspondant à la superficie occupée par un pied. « Je suivrai le comportement de chaque plant sur un tableur Excel. Cela me permettra de moduler mes apports organiques et de savoir où intervenir en priorité en cas d’attaque d’oïdium ou de mildiou » se réjouit déjà le vigneron.

 

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