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Les stocks pèsent sur les cours de vins en vrac de Bordeaux rouge
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Marché vrac
Les stocks pèsent sur les cours de vins en vrac de Bordeaux rouge

Malgré le gel, le raffermissement des cours ne se fait pas sentir pour les vins rouges de Bordeaux, hors vins de luxe. Les niveaux de stocks restent importants alors que la demande n'est pas au rendez-vous.
Par Olivier Bazalge Le 28 avril 2022
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Les stocks pèsent sur les cours de vins en vrac de Bordeaux rouge
Stabilisés, les cours de Bordeaux rouge restent trop bas pour la production - crédit photo : DR
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our un courtier bien installé dans l’entre deux mers, qui privilégie l’anonymat, les difficultés constatées sur les prix de l’AOC Bordeaux rouge ne se cantonnent pas à la seule zone de production bordelaise, « car il est globalement difficile de vendre des AOC rouges en France, mais Bordeaux est une de celles qui se vend parmi les moins chères alors que les prix des vins de luxe atteignent des sommets », regrette-t-il.

Alors que le gel a largement affecté les volumes 2021, la production s’attendait à un raffermissement pouvant ramener les cours d’AOC Bordeaux rouge à un niveau plus en phase avec ses coûts de revient, « autour de 1200 à 1300€/tonneau », convient Philippe Cazaux, directeur général de Bordeaux Families, à Sauveterre-de-Guyenne.

Des stocks qui pèsent

Mais pour le courtier de l’entre deux mers, les stocks qui restent encore des millésimes 2018, 2019 et 2020 pèsent sur une demande qui tend à jouer la montre. Les courtiers assermentés de Gironde indiquaient ainsi le 11 avril que les échanges moyens s’établissaient entre 850 et 1250€/tonneau pour les AOC Bordeaux rouge 2019, 2020 et 2021. Laurent Julian, acheteur chez Maison Johanès Boubée, estime le niveau des stocks à « 2 ans, lié à un déséquilibre entre production et demande, malgré les différents aléas climatiques des dernières années ».

« Nous vivons une campagne d’achat au coup par coup et attentiste », souligne Philippe Cazaux, « les sorties de chais sont bonnes mais la contractualisation est moyenne, le négoce sachant qu’il y a des rouges en stocks. Cela nous enlève de la visibilité car les contrats sont réalisés au besoin plutôt que sur la durée. Point positif, ils sont retirés rapidement après signature ».

Ce dernier estime néanmoins que la situation est bonne pour les Bordeaux blancs, « qui se maintiennent à des prix soutenus, avec des réservations qui ont été faites dès fin novembre », et les Bordeaux rosés « qui sont surtout sur des marchés de commande dont le fonctionnement est assuré », résume-t-il.

Nous manquons de marques fortes

Pour la campagne en cours (de août 2021 à mars 2022), l’interprofession ne communique pas sur les prix mais un opérateur souffle que les prix moyens des échanges en AOC Bordeaux rouges depuis le début de la campagne se fixent à "1041€/tonneau pour l’ensemble des transactions et 1078€/tonneau pour le dernier millésime". « Les prix ont un peu remonté, des marchés ont été repris sans que cela ne se voit, mais nous manquons de marques fortes pour permettre d’être installés au-dessus de 1200€/tonneau », commente Philippe Cazaux. Il appuie néanmoins que la contractualisation pluriannuelle permet à Bordeaux Families de s’appuyer sur des niveaux de prix plus en phase avec les coûts de production de la cave.

Le courtier de l’Entre-deux-Mers révèle toutefois sa surprise quant au faible niveau de demande, « car habituellement des niveaux de prix bas déclenchaient mécaniquement des sorties. Là, c’est un cas de figure assez nouveau, si bien que certains commencent à craindre des problèmes logistiques de stockage en vue des prochaines vendanges ». Ce cas de figure semble plus se poser pour les caves particulières que pour les grandes structures, comme Bordeaux Families, « car les retiraisons de blancs et rosés se font bien, quand celles de rouges sont un peu plus attentistes, mais nous n’avons pas de souci de stockage », relève Philippe Cazaux.

Pour Laurent Julian, la dynamique de retiraison est identique à celle de l'année dernière et « les cours des vracs restent également stables, tout comme la demande et la part de marché de Bordeaux en 2021, alors qu’elle avait chuté de quasiment 9 points en 10 ans ».

Sous les coûts de revient

Selon le courtier, ce sont les segments Bordeaux, Bordeaux supérieur et Côtes, voire Médoc générique qui semblent traverser la situation la plus compliquée, alors qu’il note au contraire « des situations qui fonctionnent dans le libournais, Saint-Emilion et ses satellites, les Graves et les appellations communales du Médoc ». Il relève en outre que certains vignerons commencent à « enchaîner les campagnes où les cours se situent 20 à 30% sous les coûts de revient des vignerons, c’est à peu près la moitié des 120000 ha du vignoble bordelais qui est en souffrance ».

Avec un œil plus extérieur, Florian Ceschi, directeur de Ciatti Europe, note quant à lui de nouvelles demandes pour les AOC Bordeaux de la part des acheteurs de vrac internationaux. « Nous avions l’impression d’un désintérêt de leur part ces dernières années. A prix égal, ceux-ci semblaient plus enclins à se tourner vers des appellations comme le Languedoc, mais, depuis 8 mois, nous recevons à nouveau des demandes de la part de pays comme la Chine. Les prix restent toutefois très fluctuants avec un marché qui continue à être alimenté avec des offres autour 850€/tonneau », ponctue-t-il.

 

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Tous les commentaires (1)
DARIUS Le 28 avril 2022 à 11:18:12
Le marketing du CIVB ne promotionne que la seule appellation Bordeaux car nous dit on"les 65 appellations du bordelais sont trop compliquées à comprendre pour le consommateur". Ceci est fait pour avantager les marques négoce au détriment des châteaux. Le CIVB fait cela depuis maintenant 15 ans. Si c'était vrai l'appellation Bordeaux aurait une évolution beaucoup plus favorable que les autres appellations du bordelais. Or ce n'est pas le cas ; en 15 ans l'appellation Bordeaux perd en volume 25% exactement le même pourcentage que les 65 appellations trop compliquées pour le consommateur! Cette politique qui vise à faire de Bordeaux un vignoble semi industriel est contraire à ce que souhaite le consommateur et est directement responsable du bordeaux bashing
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