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Liv-ex plaide pour une offre de vins de Bordeaux à prix attrayants
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2021 En Primeur
Liv-ex plaide pour une offre de vins de Bordeaux à prix attrayants

A quelques jours de la semaine des Primeurs à Bordeaux, la plateforme britannique Liv-ex livre ses réflexions sur les perspectives commerciales pour le millésime 2021, dans un contexte économique compliqué et avec une qualité hétérogène.
Par Sharon Nagel Le 22 avril 2022
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Liv-ex plaide pour une offre de vins de Bordeaux à prix attrayants
Les marchés se diversifient mais la concurrence s’aggrave, et les qualités des 2021 sont hétérogènes, faisant dire à Liv-ex que « ce n'est pas un millésime qui bénéficiera d'une stratégie de prix ambitieuse ». - crédit photo : UGCB
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rès exposé aux vents contraires qui impactent actuellement le marché mondial, Bordeaux doit également faire face à une concurrence accrue sur le marché secondaire. Les difficultés seront d’autant plus grandes cette année que le millésime 2021 se montre hétérogène, « avec des écarts qualitatifs très prononcés d’une appellation et d’un domaine à l’autre », insiste le rapport de Liv-ex paru ce jeudi. D’ailleurs, près de la moitié de son analyse est consacrée aux conditions météorologiques et aux volumes élaborés en 2021. S’appuyant sur des données proposées par le système Saturnalia, Liv-ex en conclut que « la première impression est celle d'un millésime frais et relativement humide après le cycle chaud de 2018-2020, ce qui laisse penser que les vins s’apparenteront plutôt à ceux du millésime 2014 ou 2017 ». Et de préciser, toutefois : « Un millésime difficile et hétérogène n'équivaut pas automatiquement à des vins globalement mauvais ».

 

De nouveaux prétendus au trône

Outre la qualité intrinsèque des vins, Liv-ex se penche sur la montée en puissance d’autres vignobles, phénomène qui entame indéniablement la position des vins de Bordeaux sur le marché secondaire. Décrivant la Bourgogne comme « le concurrent le plus sérieux », la plateforme note que celle-ci a dépassé Bordeaux « à la fois en termes de prix et de nombre de vins différents échangés ». La Champagne n’est pas en reste, se positionnant en tête du classement des performances prix Liv-ex, avec la Bourgogne. Plus inquiétant, car plus proches en termes de profils, la plupart des marchands citent la Toscane et la Californie comme étant les principaux concurrents de Bordeaux. « Le cours moyen d’une caisse de Super Toscans et de grands vins californiens a augmenté davantage que celui des grands vins de Bordeaux », note Liv-ex. Dans le contexte d’une augmentation globale de la valeur commerciale du marché, « Bordeaux a du mal à conserver sa part… En 2021, la part de marché commerciale de Bordeaux est passée pour la première fois sous la barre des 40 % (37,7 %) et, à l'heure où nous écrivons ces lignes, elle n'est plus que de 32 % ».

 

Baisse du retour sur investissement

Pendant ce temps, le classement des marchés destinataires a évolué. Le Royaume-Uni a cédé sa place de leader absolu, en faveur d’une plus grande répartition des destinations, menées cette année par l’Europe (35%) et les Etats-Unis (31%), revenus à la charge depuis la levée des droits de douane punitifs l’an dernier. De leur côté, le Royaume-Uni et l’Asie représentent respectivement 27% et 7%. Quel que soit le marché, Liv-ex note que l’attrait des achats en primeur a été mis à mal par la baisse du retour sur investissement ces dernières années. Et de citer le millésime 2010, dont le prix moyen avait régressé de 11% au moment où les vins sont sortis des chais deux ans après la campagne en primeur. « Un peu plus de dix ans plus tard, le prix des vins issus de ce millésime mythique reste, en moyenne, 2% en-dessous de leur prix de sortie en primeur ».

 

La qualité des vins n’est plus le seul critère d’achat

Les vins se vendent à un rythme désormais plus lent, entraînant une hausse des jours de stockage en France et au Royaume-Uni, et les marchands estiment à 38% que la campagne en primeur n’est pas le moment le plus important dans l’année pour les achats, 17% d’entre eux n’ayant pas d’avis sur la question. « Les ratios endettement net/fonds propres ont également augmenté, ce qui indique qu'un pourcentage plus élevé des stocks est financé par la dette », ajoute Liv-ex. Dans un contexte où l’inflation risque de rester à un niveau soutenu, et que les banques centrales prévoient des hausses des taux d’intérêt, la plateforme britannique estime que « les acheteurs professionnels ne se contenteront pas de regarder la qualité et le prix du millésime, mais aussi leurs propres bilans, lorsqu'ils décideront de leur stratégie d'achat cette année ».

 

Plaidoyer pour une offre attrayante, à bon prix

Outre le poids des stocks, Liv-ex pointe les marges d’exploitation négatives de la place de Bordeaux en 2020 : « Pour augmenter leurs marges d'exploitation, les négociants doivent accroître leur chiffre d’affaires en vendant davantage de stocks, et à un rythme accéléré, ou en réduisant leurs frais généraux », estime la plateforme. Or, l’augmentation de l’inflation et le ralentissement de la croissance du PIB rendent difficile cette dernière option. « Pour augmenter les bénéfices, il faut donc que Bordeaux propose une offre attrayante pour tous ceux qui interviennent dans la chaîne d'approvisionnement, a fortiori pendant la campagne en primeur ». Si le prix des vins de Bordeaux a largement été fonction de la qualité perçue des différents millésimes – définie par les notes des critiques spécialisés – Liv-ex estime qu’il faut que « la réalité commerciale du marché au jour le jour » soit le facteur déterminant, comme ce fut le cas pour le millésime 2019, lancé au quasi début de la crise du Covid-19. « En mars de cette année, 2019 a été le millésime bordelais le plus échangé en valeur et le deuxième en volume », insiste Liv-ex. « Le millésime 2019 a prouvé qu'un ensemble de vins à bon prix peut trouver son marché, même en période difficile ». Et de conclure que, « aucun domaine, aussi innovant soit-il, ne peut susciter autant de demande qu’un lancement à bon prix avec des volumes corrects offrant de la marge tout au long de la chaîne d'approvisionnement et, surtout, au collectionneur… Voici donc une nouvelle chance de dynamiser le marché et d'injecter des capitaux bien nécessaires dans le réseau de distribution ».

 

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