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Les vins AOC Beaujolais privés de cépages résistants ?
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Repli avec la Bourgogne
Les vins AOC Beaujolais privés de cépages résistants ?

Le dispositif des Variétés d’Intérêt à Fin d’Adaptation ne serait pas envisageable pour l’appellation Beaujolais, limitée par le cadre de son repli en Coteaux Bourguignons.
Par Alexandre Abellan Le 16 mars 2022
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Les vins AOC Beaujolais privés de cépages résistants ?
L’objectif étant de tester le potentiel de ces cépages résistants, en matière de réduction des traitements phytosanitaires et d’adaptation aux profils sensoriels de l’appellation. - crédit photo : Sicarex
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rogne en appellation Beaujolais : les cépages résistants au mildiou et à l’oïdium semblent aujourd’hui inaccessibles en tant que Variétés d’Intérêt à Fin d’Adaptation (VIFA, pouvant être testés 10 ans en AOC, dans la limite de 5 % des surfaces de l’exploitation et 10 % de l’assemblage commercialisé sous indication géographique). Si l’ouverture des cahiers des charges AOC aux variétés hybrides n’est pas encore opérationnelle (la réforme de la Politique Agricole Commune étant applicable à partir de 2023), cela n’empêche pas la Champagne et Bordeaux d’anticiper les procédures administratives d’inscription de VIFA auprès de l’Institut National de l’Origine et de la Qualité (INAO). Un dispositif impossible en AOC Beaujolais regrette David Ratignier, le président de l’Organisme de Défense et de Gestion (ODG) des appellations Beaujolais et Beaujolais-Villages : « notre problème avec l’INAO est le croisement de cahier des charges avec la Bourgogne. Ça bloque à cause du repli en AOP Coteaux Bourguignons. »

Contacté, l'INAO indique qu'« à ce stade, à notre connaissance, la liste des variétés à inscrire au cahier des charges Beaujolais/Beaujolais Villages, en tant que VIFA, n’est pas définie, la réflexion étant toujours en cours au sein de l’ODG. De plus, l’intégration de cépages inter spécifiques n’est possible dans les cahiers des charges des appellations d’origine que depuis décembre 2021. A ce jour, le comité national n’a pas eu à traiter de demande. »

Où est le problème ?

Préparant ses arguments, David Ratignier souligne qu'« il y a de la traçabilité dans nos domaines : ce sont des cépages vinifiés et stockés séparément. Tant qu’il n’y a pas assemblage, où est le problème ? ». Pour le vigneron, « plus qu’un regret, ça agace : on perd du temps. C’est rageant de toujours bloquer sur le même problème de cahier des charges et de croisement entre régions… Comme pour le gamaret. »

Le président de l’ODG Beaujolais et Beaujolais-Villages est d’autant plus remonté sur ce sujet qu’à titre personnel il a déjà planté des cépages résistants sur son exploitation, avec 1,2 hectare de cépages voltis, floreal et vidocq, issus du programme d’obtention Résistance Durable (Resdur) de l’Institut National de la Recherche pour l’Agriculture et l’Environnement (INRAE). Après le millésime 2021, le vigneron est conquis : il rapport ne pas avoir utilisé « de produits de synthèse. Je suis passé deux fois avec de l’huile essentielle d’orange et du bicarbonate alors que c’était une année difficile. C’est une solution pour palier à la problématique des Zones de Non Traitement (ZNT riverain). Au niveau environnemental, pour moi c’est la solution. » Commercialisant ces cuvées en vin de France, David Ratignier note avoir « déjà dégusté des assemblages à 10 % volume de cépages résistants. On a la chance d’avoir la Sicarex qui mène les essais [du programme Resdur]. Je ne comprends pas le blocage. »

Prudence et vigilance

La solution d’intégrer des cépages résistants via l’outil VIFA dans les cahiers des charges de Bourgogne ne semble pas à l’ordre du jour. « Il faut prendre le temps de la réflexion. Les cépages Resdur peuvent être une solution pour les traitements à proximité d’habitations, mais il faut toujours les traiter et ne nous cachons pas que le compte n’y est qualitativement pas en dégustation » indique Thiébault Huber, le président de la Confédération de Vignerons de Bourgogne (CAVB), qui plaide pour faire pression avec l’État sur les firmes phytos pour qu’elles proposent des matières actives plus respectueuses de l’environnement. Concernant l’encépagement de demain, il n’y a aujourd’hui en pas un ODG qui ne s’intéresse pas à l’essai de nouveaux cépages adaptés au changement climatique rapporte Thiébault Huber. Qui souligne que « rien n’est décidé. J’appelle à la prudence et à la vigilance, il y a un lien énorme entre cépage et terroir. »

 

 

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Tous les commentaires (2)
montaz Le 16 mars 2022 à 20:07:31
A force de planter toujours le même clone dégénéré sans jamais laisser la terre se reposer, a force de pulvériser des phyto toujours plus nombreux et complexes pour les faire tenir, a force d'aménager des plantations au bulldozer dans la montagne, elle est où la relation cépage- terroir? Soyons sérieux, les cépages résistants sont une voie d'avenir dans laquelle tous nos voisins s'engouffrent. Et laissons les se développer, ça élargira l'offre auprès des consommateur. Et même, qui sait, à force de travail comme ça l'a été comme pour les autres cépages, on fera des vins exceptionnels aussi!. C'est la France, avec son administration au service des intérêts de quelques uns...
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Roland Le 16 mars 2022 à 11:08:06
La Suisse a autorisé la plantation des cépages résistants en A O P (Divico, Divona) , d' autres interspécifiques comme Pinot Kors, Pinot Iskra, Merlot Khorus , Cal 604, etc.. .sont en cours d' autorisation. Allons prendre encore du retard dans notre encépagement !!!!!!
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